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Regard croisé des acteurs sur l’Etat au Mali- Séance 9 FMA: Communication - Dr Yaya GOLOGO

Communication du Dr Yaya GOLOGO

By Dr Yaya GOLOGO (Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique-ARGA, March 1, 2012)

L’analyse de l’appareil d’Etat malien à travers différentes perceptions suppose nécessairement de dépasser les organigrammes et discours officiels pour s’intéresser à son fonctionnement au quotidien, aux interactions suscitées dans l’accomplissement des missions qui lui sont dévolues.

Dans cette nécessaire entreprise d’introspection, des théories et approches conventionnelles de nos jours n’offrent pas de réponses satisfaisantes, « la littérature scientifique pas plus que les projets de développement et d’aide et de coopération ne sont parvenus à prendre la pleine mesure de ces sociétés projetées très particulières qui caractérisent les Etats africains et dont les mutations paraissent toujours imprévisibles » .

Considérant ce constat sévère, l’objectif poursuivi par ce regard croisé des acteurs est ainsi d’éclairer la compréhension du fonctionnement de l’Etat malien considéré, notamment par le recours aux méthodes d’investigation autres que juridiques. Cette ambition répond ainsi au sentiment dont faisait état Jean-Pierre Olivier de Sardan à la fin de l’année 2004, selon lequel, « depuis des décennies, les journalistes, les hommes politiques et de nombreux chercheurs, qu’ils soient africains ou africanistes, se sont concentrés sur une quête inlassable de l’« essence » de l’Etat africain, en délaissant l’analyse concrète des administrations, des services publics, du système bureaucratique, des relations entre fonctionnaires et usagers ».

Cette observation de terrain du fonctionnement de l’Etat malien, par la réalisation de collecte de perceptions d’acteurs différents, permettra alors d’établir une radiographie de son bras séculier qui est l’administration « telle qu’elle est », car, comme l’indique Dominique Darbon, « les administrations des Afriques ne cessent de se définir par le « ce qui devrait être » du temps long de la socialisation et rarement par le « ce qui est » du temps court de la confrontation de solutions imposées par le haut à des processus sociaux qui n’y participent que par défaut ; ou plutôt les administrations officielles et espérées sont celles du « devrait être » tandis que les administrations décriées pour leurs déviances et leurs incohérences sont celles de l’action et de l’« étant » » . De ce fait, l’intérêt de cette recherche réside tout d’abord dans la volonté de dépasser les discours officiels ainsi que les programmes de développement affichés, afin de pouvoir étudier les jeux développés par les différents acteurs autour de la mise en Ĺ“uvre des politiques de développement. La lumière portée sur les vecteurs d’application comme de blocage de ces politiques permettra alors de mettre en avant le décalage existant entre leur élaboration technocratique largement exogène et le contexte social dans lequel elles sont implantées.

Dès lors, il convient de présenter, d’abord les outils mobilisés à travers une analyse préliminaire de contextualisation (I), ensuite de faire état de cette tentative de conceptualisation qui a été la nôtre, et en définitive, comme pour dire, en fin de compte, et ce, à travers quelques déclinaisons que l’Etat malien pourrait bien porter les germes de triptyque fonctionnalité, crédibilité et capacité.

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