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Rapport de mission de collecte d’expériences sur les flux financiers dans les communes de Fada et de Diapangou

By Laldaogo SORGHO (LC-ARGA/Burkina, June 30, 2013)

Le Laboratoire Citoyennetés dans le cadre du programme d’Appui à la gestion des collectivités territoriales (AGCT) a lancé dans les régions de l’Est, du Nord et du Centre-Ouest, une étude en vue de la collecte des expériences des acteurs du domaine de la décentralisation sur les flux financiers dans les communes. Cette étude a pour but de réactualiser les données d’une autre déjà menée en 2011 dans les mêmes régions ci-dessus citées. Cette réactualisation des données vise à mener le débat au plan national à travers une séance d’un forum dénommé Forum-Multi-acteurs (FMA), organisé conjointement avec l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique – Burkina Faso (ARGA/Burkina).

Ce rapport fait ressortir les sources de financement des deux communes ainsi que du Conseil régional de l’Est, les difficultés de mobilisation des fonds, les difficultés de gestion des marchés sans oublier de présenter les partenaires des communes et leur mode d’intervention.

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Ce rapport fait ressortir les sources de financement des deux communes ainsi que du Conseil régional de l’Est, les difficultés de mobilisation des fonds, les difficultés de gestion des marchés sans oublier de présenter les partenaires des communes et leur mode d’intervention.

I- Les sources de financement

Les sources de financement des communes sont multiples et varient d’une collectivité à l’autre en fonction de sa situation géographique et de la nature de la collectivité territoriale (commune rurale, commune urbaine, conseil régional).

1- Le Conseil régional

Pour le chargé d’études et de projets du Conseil régional de l’Est, les conseils régionaux au Burkina Faso constituent les patents pauvres des collectivités territoriales. En effet, le conseil régional ne dispose pas de ressources propres. Son budget est principalement composé des taxes et contributions perçues au niveau des communes. Or, la clef de répartition est telle que 3% ou 25% seulement selon les taxes (la taxe de jouissance en raison de 25%; la taxe de Résidence, la taxe sur les armes, la taxe sur les Biens de Mainmortes ; la Patente et la Contribution du Secteur Informel à un taux de 3%) perçues au niveau des communes parviennent au Conseil régional. Non seulement le conseil régional n’a pas de maîtrise sur la mobilisation de son budget, mais trouve également que la part qui lui revient est infime par rapport à son rôle qui est de définir la politique et la stratégie de développement de la région qui relève de son ressort territorial.

D’ailleurs, le conseil régional de l’Est a conçu son plan de développement qui s’élève à 10 milliards. Ce contraste saisissant du faible niveau de ressources financières et des besoins énormes en investissement est quelque peu comblé par l’apport des partenaires appelé ressources externes. De ces derniers, l’on peut citer :

  • L’Etat à travers la Dotation Globale de fonctionnement et la Dotation Globale d’équipement ;

  • Le Fonds permanent pour le Développement des Collectivités territoriales (FPDCT) : ce fonds a été mis en place avec l’accompagnement de la coopération suisse et allemande au Burkina Faso ; la dotation de ce fonds appelée Droit de tirage est fonction de la profondeur de la pauvreté et de la taille de la population de chaque commune. 5% du montant global du fonds est prélevé chaque année pour les conseils régionaux.

A cela s’ajoute une autre catégorie de ressources que l’on peut qualifier de ressources hors budget. Ces ressources concernent tout financement du conseil régional qui n’est pas inscrit dans le budget régional. Ainsi, on a :

  • La coopération suisse : à travers Helvetas, la coopération suisse investit dans le projet dénommé Pistes rurales dans l’Est (PREST). De ce fait, Helvetas accorde un crédit de 50 millions par an au Conseil régional de l’Est pour l’entretien de ces pistes rurales. La coopération suisse appuie également le conseil régional à travers son programme « Appui à la gestion des collectivités territoriales (AGCT) » ;

  • Acting for life est aussi un partenaire du conseil régional notamment à travers le Programme régional d’appui à la promotion de l’élevage (PRAPE) ;

  • Le Programme décentralisation/ Développement communal (PDDC).

2- La commune de Fada N’Gourma

Le budget de la commune de Fada N’Gourma est caractérisé par la variété de ces ressources financières que l’on peut classer en deux groupes :

• les ressources financières internes ou ressources propres

• les ressources financières externes.

Les ressources financières internes issues directement des activités économiques de la commune sont constituées de :

  • Les ressources fiscales ;

  • les ressources non fiscales qui sont constituées des produits de l’exploitation du domaine communal, des services de la commune de Fada et des produits divers.

La catégorie de ressources fiscales est composée de :

  • la contribution des patentes ;

  • la Contribution du Secteur Informel (CSI) ;

  • la Taxe de Résidence (TR) ;

  • la Taxe de Voirie ;

  • la Taxe des Biens de Mainmortes (TBMM);

  • la Taxe sur les Armes ;

  • la Taxe de Balayage ;

  • la Taxe de Jouissance (TJ) ;

Quant aux ressources non fiscales, elles sont essentiellement composées de :

  • les taxes sur l’Occupation du Domaine Public (ODP) ;

  • les redevances sur les appareils de distribution à essence ;

  • les taxes sur les agrégats ;

  • les taxes sur les spectacles ;

  • les taxes sur les publicités ;

  • les taxes sur les jeux de hasard ;

  • les taxes sur les kiosques à boisson ;

  • les taxes sur les charrettes ;

  • les taxes sur embarquement de bétail ;

  • les amendes forfaitaires de police ;

  • les taxes de visite sanitaire du bétail ;

  • les taxes funéraires ;

  • les produits de location de matériel et de bâtiments ;

  • les timbres d’état civil ;

  • les locations des propriétés communales

En résumé, le tableau suivant permet de voir l’évolution des ressources internes de la commune sur trois ans:

La rubrique des ressources financières externes est essentiellement composée des dons, des subventions, des taxes sur les produits pétroliers (TPP) et des transferts de crédits dans le cadre des transferts de compétences dans le domaine de l’éducation et de la santé. En plus de ces ressources, on peut citer au titre des ressources budgétisées, les ressources provenant du financement du Fonds Permanent pour le Développement des Collectivités Territoriales.

3- La commune de Diapangou

La commune de Diapangou dispose d’un budget caractérisé par des ressources financières variées. Les ressources peuvent être classées en deux groupes :

  • Les ressources financières internes ou ressources propres

  • Les ressources financières externes.

Les ressources financières internes ou ressources propres qui sont générées directement par les activités économiques de la commune de Diapangou sont :

  • Les recettes fiscales ;

  • les ressources non fiscales qui sont constituées des produits de l’exploitation du domaine communal et des services de la commune de Yamba.

Au titre des ressources fiscales, on peut citer :

  • la contribution des patentes ;

  • la contribution du secteur informel ;

  • les taxes sur les armes.

En tant que commune rurale ne disposant pas d’assez d’infrastructures, les ressources non fiscales de la commune sont constituées de :

  • les droits de places sur les marchés ;

  • l’occupation du domaine Public ;

  • les timbres d’état civil.

Quant aux ressources financières externes, elles sont constituées essentiellement des Dons, des subventions, des Taxes sur les Produits Pétroliers (TPP) et des transferts de crédits dans le cadre des transferts de compétences dans le domaine de l’éducation et de la santé. En plus de ces ressources, il existe des ressources provenant de deux partenaires techniques qui sont budgétisées. Ce sont :

• le PNGTII ;

• Le Fonds Permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT).

En plus de ces ressources, on peut citer ce qui peut être qualifié comme ressources hors budget. Ils sont constitués de ces financements apportés par les partenaires techniques et financiers destinés à la réalisation des activités entrant dans le plan de développement des différentes collectivités. En ce sens, Diapangou bénéficie du soutien des partenaires suivants : Iles de Paix, Helvétas, le FICOD.

II- Les partenaires au développement des communes et leur mode d’intervention

Les partenaires au développement des collectivités territoriales sont aussi multiples que leurs procédures de financement. Dans la région de l’Est, nous nous intéressons uniquement à trois partenaires essentiels : le FPDCT, le PDDC et le FICOD.

1- Le FPDCT

Aux termes de l’article 32 du CGCT, les collectivités territoriales concourent avec l’Etat, à l’administration et à l’aménagement du territoire, au développement économique, social, éducatif, sanitaire, culturel et scientifique, ainsi qu’à la protection, à la gestion des ressources naturelles et à l’amélioration du cadre de vie.

D’une manière générale, la mobilisation des ressources propres des CT connait plusieurs limites dont notamment la faible rentabilité des recettes et le faible potentiel fiscal.

Aussi, en vue de concourir au financement des programmes de développement des collectivités territoriales et de contribuer au renforcement de leurs capacités opérationnelles, le Gouvernement a mis en place le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT). La multiplicité des procédures des partenaires au développement et le manque de capacité au niveau des collectivités territoriales, sont autant de facteurs qui impactent négativement sur l’accessibilité des collectivités territoriales aux financements et les affaiblissent dans leur rôle de maître d’ouvrage.

La mise en place d’un fonds national unique contribue à harmoniser les procédures des partenaires techniques et financiers avec celles de l’Etat et à mettre en place un système unifié d’appui aux collectivités territoriales. Un tel dispositif permettra d’avoir une vue d’ensemble des interventions financées.

C’est dans cette logique que le Fonds permanent pour le Développement des Collectivités territoriales (FPDCT) a vu le jour.

Unique fonds national de financement des investissements des collectivités territoriales au Burkina Faso, le FPDCT a pour mission principale de concourir au financement des programmes de développement des collectivités territoriales et de contribuer au renforcement de leurs capacités opérationnelles.

Par ce mécanisme de financement organisé des investissements des CT, le Gouvernement entend notamment :

• mobiliser des ressources de l’Etat et des Partenaires techniques et financiers pour le financement des investissements sous la maîtrise d’ouvrage des CT;

• développer des mécanismes d’emprunts et de garanties aux emprunts des collectivités territoriales;

• assurer une répartition équitable des financements de l’Etat et de ses Partenaires Techniques et Financiers à l’ensemble des CT ;

• renforcer la maîtrise d’ouvrage des CT et améliorer la gouvernance locale.

Ceci constitue une preuve que le financement du développement local et le processus de décentralisation au Burkina font l’objet d’une attention particulière de la part aussi bien de l’Etat que de ses des Partenaires techniques et financiers. C’est ainsi que différents appuis ont été mis en œuvre sur la base des procédures, des critères et des champs d’intervention propres à chaque partenaire qui les finance.

A ce titre, il est chargé de :

• Mobiliser des ressources et financer par l’octroi de subventions des investissements des collectivités territoriales ;

• Renforcer les capacités des collectivités territoriales pour la réalisation des investissements financés ;

• Consentir des garanties à des emprunts contractés par les collectivités territoriales pour des investissements dont la rentabilité est dûment établie ;

• Assurer l’accès équitable de toutes les collectivités territoriales aux ressources pour financer les investissements relevant de leur compétence.

Le Fonds Permanent pour le Développements des Collectivités Territoriales (FPDCT) peut octroyer des prêts aux collectivités territoriales pour des investissements dont la rentabilité est dûment établie.

Deux types de fonds sont mobilisés par le FPDCT :

• les fonds généraux qui sont des ressources fongibles sans affectation spécifique et destinées à être réparties entre les Collectivités territoriales (CT) suivant un indice synthétique calculé en prenant en compte la taille de la population et la profondeur de la pauvreté au niveau de la CT ;

• les fonds spécifiques qui sont affectés aux CT en fonction de leur destination géographique et sectorielle.

Les fonds généraux sont répartis équitablement entre les CT sur la base de critères préétablis avec des bonus (supplément en argent accordé à titre de gratification ou de récompense et de malus comme instrument de motivation des CT pour une bonne utilisation des ressources mises à leur disposition.

La procédure de financement du FPDCT est la suivante :

  • Chaque année, la Direction générale du FPDCT communique à chaque Collectivité territoriale (CT) son droit de tirage effectif qui représente le montant des ressources financières dont bénéficiera la CT pour le financement de son programme de développement au titre de l’exercice budgétaire de l’année suivante.

  • On distingue les droits de tirage de base et les droits de tirage effectifs. Les droits de tirage effectifs comprennent les droits de tirage de base, les bonus et les malus.

  • 75 % des ressources totales annuelles mobilisées par le FPDCT pour le financement des investissements des CT sont dédiées aux droits de tirage de base et les 25 % réservés aux bonus.

  • Les droits de tirage de base se répartissent pour 10 % au profit des Régions et 90 % pour les Communes.

  • Les droits de tirage de base combinés des deux communes à statut particulier (Communes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso) sont plafonnés à 5% du total des droits de tirage de base des communes.

  • Les communes rurales et urbaines reçoivent chacune une somme forfaitaire de 10 millions de FCFA pour assurer un niveau minimum de capacité d’investissement. Le reliquat est réparti aux communes urbaines et rurales en appliquant un indice synthétique qui se réfère aux critères suivants avec la pondération indiquée:

o La population totale de la CT avec un facteur de pondération de 60 % ;

o La profondeur de la pauvreté monétaire de la CT avec un facteur de pondération de 40 %.

  • Les droits de tirage effectifs prennent en compte les bonus, malus et autres déductions et additions.

  • Les bonus et les malus sont définis comme des instruments de motivation des CT pour une bonne utilisation des subventions octroyées. Le critère retenu pour bénéficier de bonus est le fonctionnement des projets financés. Chaque infrastructure est suivie pour une période de quatre (04) ans.

  • Seules les communes dont toutes les infrastructures cofinancées par le Fonds ont fonctionnées efficacement durant quatre (04) ans peuvent bénéficier de bonus. Un malus de 10 % est appliqué sur le droit de tirage de la CT par infrastructure non fonctionnelle cofinancée par le FPDCT.

  • Si une CT est défaillante dans ses obligations fixées dans les contrats de financement en ce qui concerne la fourniture des rapports, l’inscription des frais d’entretien dans le budget et/ou l’entretien ordinaire, le droit de tirage est réduit de 10 % pour le prochain exercice. Le Fonds observe ces aspects pour une période de 3 (trois) ans après la réception définitive.

  • Les appuis qu’une CT obtient directement de tiers partenaires (coopération décentralisée, ONG et associations, particuliers, etc.) n’ont pas d’incidence sur la détermination du droit de tirage.

  • La répartition entre les communes à statut particulier se fait séparément du calcul pour les communes urbaines et rurales mais selon la même formule.

2- Le PDDC

Le Programme Décentralisation/ Développement communal (PDDC) comporte quatre axes à savoir, la capitalisation et la diffusion de bonnes pratiques, l’amélioration des relations communes-société civile, le renforcement des capacités des acteurs de la décentralisation et une meilleure mobilisation et gestion des finances locales.

Ce dernier axe intervient au moment où le Burkina Faso met en œuvre d’importantes réformes dans le champ de la décentralisation : transfert effectif aux communes de nombreuses et importantes missions dans onze domaines de l’action publique (santé, enseignement de base, gestion de l’eau potable et assainissement, notamment); transferts financiers pour exercer ces missions ; rénovation de l’outil budgétaire des collectivités locales. Afin de délivrer les services transférés et de mettre en œuvre les plans locaux de développement élaborés dans les années précédentes avec l’appui du PDDC, les collectivités locales se trouvent devant la tâche de mobiliser les recettes nécessaires et de gérer des budgets de plus en plus importants. L’augmentation des ressources et la bonne gestion des finances locales deviennent donc des facteurs clé pour la réussite de la décentralisation.

La composante « Finances locales » accompagne 19 communes des régions Est et Sud-ouest du pays ainsi que les acteurs nationaux et régionaux des administrations des finances.

Les principaux accompagnements sont les suivants :

  • Appui à l’Etat pour la formulation de guides pour la mise en œuvre des transferts de compétences et de ressources, et de la réforme budgétaire des collectivités locales ;

  • Appui-conseil à 19 communes des régions Est et Sud-ouest, pour améliorer leur gestion budgétaire selon les normes nationales et pour programmer la mise en œuvre de leur plan local de développement ;

  • Appui-conseil à 19 communes des régions Est et Sud-ouest pour accroître leurs ressources propres (notamment par la révision des rôles fiscaux, la prévision des recettes et le contrôle du recouvrement) ;

  • Expérimentation de budget participatif dans trois communes, afin de promouvoir la participation concrète de la population à la gestion de la collectivité ;

  • Elaboration de modules de formation pour les cadres financiers des collectivités territoriales;

  • Capitalisation de l’expérience dans le domaine des finances locales afin d’assurer une large diffusion des bonnes pratiques développées dans l’échantillon de communes appuyées par le PDDC.

3- Le FICOD

La coopération allemande au développement à travers la KfW a accompagné le Burkina Faso dans la mise en œuvre du processus de décentralisation depuis 1996 par des apports financiers.

Le FICOD est créé en 2005 à la suite de la fusion du Fonds d’investissement communal (FICOM) et du projet de construction de pistes, de mesures d’assainissement et antiérosives à haute intensité de main d’œuvre (HIMO), une fusion qui a donné plus de cohésion à l’action de la quête de progrès des communes.

Le FICOD s’est fixé pour objectif global de contribuer à l’amélioration de la situation de la population défavorisée. Cela en s’investissant dans les réalisations d’infrastructures :

  • Marchandes (auto-gares, marchés centraux, espaces commerciaux abattoirs jardins communaux, etc.) ;

  • Sociales (écoles primaires, lycées, CSPS, etc.) ;

  • Publics (les lotissements).

Son champ d’action couvre actuellement les communes des régions du Sud-ouest, Centre-Est et Est. Le financement du FICOD est conditionné par l’existence d’un conseil municipal et d’un maire élu et le projet doit remplir les conditions suivantes :

  • Les projets particuliers éligibles au FICOD doivent avoir pour objet, généralement, l’amélioration de la situation économique et/ou sociale des populations des communes concernées.

  • Les bénéficiaires des prestations sont toutes les communes (urbaines et rurales) des régions du Sud-ouest, du Centre-Est et de l’Est ayant à leur tête un conseil municipal dirigé par un maire élu.

  • Les demandes adressées au FICOD par les communes doivent avoir été préalablement approuvées par le Conseil Municipal. Elles doivent être assorties d’un dossier de base permettant d’apprécier la situation d’ensemble du projet particulier à financer.

  • Pour ce faire l’Unité de Gestion du FICOD tient à la disposition des communes des fiches de renseignement.

  • Le programme financier doit pouvoir être contenu dans une enveloppe financière d’au plus soixante-dix (70) millions de francs CFA. Tout dépassement de cette enveloppe doit être justifié avec un avis de la KfW ou, soit la commune doit disposer d’une source de financement pour l’excédent. Cet excédent doit être immédiatement disponible au moment de la signature de la convention de financement entre le FICOD et la commune.

  • Chaque commune bénéficiaire doit être en mesure d’apporter une contribution en espèce, à hauteur de 03 à 12% du montant du programme à financer.

  • Avoir des impayés de moins de 25% des contreparties dues au FICOD dans le cadre de projets antérieurs.

III- Les difficultés de mobilisation des fonds au sein des communes

Les collectivités territoriales ont d’énormes difficultés de mobilisation de fonds pour financer leur développement. Ces difficultés vont de l’incivisme fiscal au manque de compétence pour le montage de projets en passant par la faible existence de la matière imposable

1- Le Conseil régional

Comme annoncé plus haut, les conseils régionaux constituent les parents pauvres des collectivités territoriales : non seulement ils n’ont pas la maîtrise de la mobilisation de leur budget mais aussi la part qui leur revient est faible. C’est dans ce sens que certains n’hésitent pas à dire que l’Etat devrait revoir la clef de répartition afin de relever substantiellement la part dévolue aux conseils régionaux.

2- La commune de Fada N’Gourma

Le problème de mobilisation des fonds au sein des communes se pose à deux niveaux : dans la première palette, on peut mentionner les difficultés de mobilisation des ressources propres et dans la seconde, on peut mettre l’incompétence dans laquelle se trouvent les communes à débloquer les ressources mises à leur disposition par les partenaires.

Ainsi, le faible niveau de recouvrement des taxes dans les communes de façon générale est le fait de plusieurs facteurs conjugués :

  • L’incivisme fiscal : ceci résulte d’un problème de communication entre les acteurs de collecte et les contribuables, d’une redistribution inefficace des budgets communaux (investissement nul) ;

  • La corruption : les recettes fiscales sont détournées à des fins personnelles ;

  • Le manque d’innovation et de maîtrise de la matière imposable ;

  • Le problème de la mobilisation et de gestion des fonds dans les communes est avant tout un problème d’organisation interne et de communication. En effet, il existe beaucoup de communes où la collaboration entre les différents acteurs au sein de la mairie est défectueuse. Si le maire n’a pas de rapports conflictuels avec ses adjoints, sa collaboration avec le secrétaire général n’est pas au beau fixe. Ainsi, nous assistons à de renouvellement sans cesse de SG dans beaucoup de communes et l’on est tenté de dire que la durée d’un SG au sein d’une mairie varie entre 6 mois et 2 ans. Les maires veulent avoir la main mise sur tous les dossiers. Or, l’on est convaincu que si la collaboration est malsaine au sein d’une commune voire de n’importe quelle organisation, son fonctionnement prend un coup ;

Quant à l’incapacité de déblocage des fonds des partenaires au développement, elle est la résultante de plusieurs facteurs selon les acteurs de la décentralisation.

  • La difficulté de libération de la contribution financière des communes. Avec certaines communes, il arrive souvent que l’on fasse de nombreux rappels sur la libération de sa contribution, condition sine qua non pour le démarrage des activités sur le terrain. Pour cette contribution qui varie entre 3 et 12% du montant total du projet, le FICOD par exemple doit poursuivre certaines communes dont Fada pour qu’elles libèrent leur contribution avant que le délai de réalisation du projet ne s’expire. C’est à ce moment précis que le fonds rencontre beaucoup de difficultés tant la collaboration avec les communes n’est pas aisée dans ce sens;

  • L’absence de ressources humaines compétentes et financières dans la plupart des communes à même de bien élaborer les projets identifiés par les conseils municipaux ;

  • La mauvaise organisation des communes : les agents communaux n’ont pas une description claire de leurs tâches. Ce qui fait que dans le cas spécifique de la commune de Fada, le SG se retrouve dans tous les dossiers ;

  • L’obsession des maires à être sur tous les dossiers : le SG est légalement reconnu comme président de la passation des marchés dans la commune. Cependant, force est de reconnaitre que les maires ne voulant pas que rien ne leur échappe, font pression sur les SG qui ne peuvent plus faire leur travail comme il se doit. Conséquence, il y a un fréquent renouvellement de SG, et dans la région de l’Est, le cycle semble compris entre 6 mois et 2 ans selon les réalités des communes. En effet, depuis 2009, toutes les communes urbaines de la région de l’Est à l’exception de Fada ont renouvelé leur SG au moins deux fois. Cet état des faits pose un problème de suivi et de capitalisation des expériences avec les partenaires des communes concernées et retarde voire met fin aux mécanismes de déblocage des fonds.

  • Le manque de volonté politique : les procédures de déblocage des fonds sont jugés très complexes alors qu’il se cache derrière ce faux fuyant, un manque de volonté politique. En effet, les partenaires au développement des communes n’ont jamais fermé leurs portes aux communes concernées. Mais celles-ci s’adressent rarement à leurs partenaires pour mieux comprendre sur leurs procédures de déblocage des fonds.

D’ailleurs, mêmes si les partenaires s’engagent à aller vers les communes, ces dernières n’ont jamais eu le temps. L’exemple le plus patent est le cas de la commune de Fada avec son partenaire le Programme Décentralisation/Développement communal (PDDC). En effet, ce dernier s’est engagé et ce au regard des problèmes rencontrés par la commune en matière de passation des marchés, à appuyer le président de la passation des marchés (le SG) qui s’est montré chaque fois inaccessible. Ce comportement donne l’impression que tant que le partenaire ne se déplace pas avec une mallette de billets de banque, les responsables communaux ne sont pas intéressés par les promesses de fonds avec des procédures de sécurisation soutenue.

  • Le manque de maîtrise des outils de mobilisation : les communes ne maîtrisent pas les outils de mobilisation de ressources. A cet effet, des partenaires comme le PDDC ont, au-delà des formations initiées à l’endroit des agents communaux concernés par la mobilisation et la gestion des fonds, élaboré des plans types de projets. De ce fait, le PDDC a élaboré et mis à la disposition des communes partenaires des modèles de budget, d’appel d’offre, d’évaluation des offres et de montage de projets. Mais le constat est que malgré tous ces efforts, les difficultés demeurent.

3- La commune de Diapangou

Toutes les difficultés de mobilisation de fonds ci-dessus mentionnées sont valables pour la commune rurale de Diapangou. Mais il faut remarquer qu’en plus de ces difficultés, elle connaît des problèmes plus spécifiques quant à la mobilisation de ses ressources propres. En effet, en tant que commune rurale située non loin de Fada N’Gourma (20 km), c’est la matière imposable qui manque le plus. La commune ne dispose pas de gare routière ni d’aire de stationnement, ne possède pas d’abattoir encore moins de marché à bétail. Toutes ces raisons concourent à la faiblesse du budget communal.

Laldaogo SORGHO

SOCIOLOGUE de formation, je suis présentement enseignant vacataire dans les lycées et collèges d’enseignement général et technique