English français
 

Historique du Franc CFA et sa place dans l’UEMOA

By Dr. Nadim Michel KALIF (March 2012)

Parcourant les grandes dates de l’évolution du Franc CFA (avant et après sa création), la communication tente d’apporter des réponses aux questionts fondamentales suivantes : comment le F CFA fut-il créé puis réévalué ? Pourquoi le FCFA ne fut-il plus réévalué après 1948 ? Pourquoi la dévaluation de 50% en 1994 ? Ensuite sont abordées la problématique de la compétitivité de la production industrielle de la zone UEMOA et le frein que constitue l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour l’UEMOA. Enfin des solutions sont proposées en vue de surmonter l’écueil de compétitivité, ainsi que des stratégies d’approches en attendant la monnaie commune de la CEDEAO.

Full text

Jusqu’en 1929, seul le Franc de la métropole avait cours dans les colonies françaises d’Afrique et du Pacifique. C’est le 29/1/1929 que l’émission du Franc en usage dans les colonies françaises d’Afrique fut confiée à la Banque de l’Afrique Occidentale (B.A.O), une banque privée, placée sous tutelle étroite de la Banque de France : elle avait pour règle d’émettre 3 unités monétaires par unité d’or en réserve. C’était le régime de l’étalon or.

En 1944, les Accords de Bretton Woods créèrent le FMI et un nouveau système monétaire international, le « Gold Exchange Standard » dans le régime d’« étalon de change-or » : le $ est adopté comme monnaie de réserve internationale à côté de l’or. Cela était rendu nécessaire à cause du manque de réserves d’or pour provisionner en liquidités la forte croissance attendue des échanges internationaux aux lendemains de la 2nde Guerre Mondiale. La valeur de change-or du $ fut établie à 35$ l’once d’or fin.

Cette confiance suprême dans le $US reflétait la suprématie de la puissance économique américaine qui détenait alors plus de la moitié des réserves d’or mondiales, et ce, d’autant plus que les USA s’engageaient à financer la reconstruction de l’Europe dévastée par la 2nde guerre mondiale (àPlan Marshall).

Dans ce régime de définition de toutes les monnaies en $, la valeur de change du Franc Français fut fixée auprès du FMI à 1$=119,50FF, le 25/12/1945. Le lendemain, la France du Gal De Gaulle créait la monnaie Franc CFA pour tenir compte de la nature différente de l’économie coloniale qui n’avait pas de souci de compétitivité industrielle en raison du pacte colonial qui limitait les colonies à produire des matières que la Métropole transformait dans ses usines. C’est ainsi que furent créés le Franc CFA pour les « colonies françaises d’Afrique », et le Franc CFP pour les « colonies françaises du Pacifique ». La convertibilité de ces deux monnaies était entièrement garantie par le Trésor de l’Etat français auprès du FMI, gardien du nouveau système monétaire international.

Puis, le 20/1/1955, le gouvernement Pierre Mendès-France retira le pouvoir d’émission du FCFA à la BAO en le confiant à l’ « Institut de l’AOF et du TOGO» pour les colonies françaises d’Afrique occidentale et à « l’Institut de l’AEF et du Cameroun» pour les colonies françaises d’Afrique équatoriale.

En 1958, le Gal de Gaulle créa le « Nouveau Franc » égal à 100 anciens Francs métropolitains, le FCFA devenant égal à 0,02FF ou 2 centimes français. Et la dénomination du FCFA fut modifiée en « Franc de la communauté franco-africaine » pour exprimer la volonté d’associer la France et ses anciennes colonies dans une communauté où chaque pays africain disposerait de son autonomie administrative, laissant à la France le pouvoir sur la monnaie, la Défense et les Affaires Etrangères.

Mais, en 1960, toutes les anciennes colonies ayant opté pour l’Indépendance en conservant leur monnaie commune garantie par le Trésor français, le FCFA fut rebaptisé « Franc de la Communauté Financière Africaine ».

La parité de 1FCFA=0.02FF fut divisée par 2 le 11 janvier 1994, où eut lieu la dévaluation de 50% du FCFA par rapport au FF, ramenant cette parité à 1FCFA= 0,01FF.

Enfin, le 1/1/2001, la monnaie française FF fut absorbée par l’EURO sur la base de 1EURO= 6 ,55957 FF, amenant le Trésor français à garantir auprès de la BCE la nouvelle parité du FCFA avec l’EURO sur la base de 1 EURO= 655,957FCFA. Depuis lors, de multiples rumeurs ont couru, en vain, sur une prochaine dévaluation du FCFA.

Analysons les fluctuations du FCFA et son impact sur l’UEMOA.

 

 

 

A) COMMENT LE FCFA FUT CREE EN 1945, PUIS REEVALUE EN 1948

Le Franc CFA fut créé par scissiparité du Franc français, càdire que le Trésor de l’Etat français l’a créé en se portant garant de sa parité et de sa convertibilité avec le FF.

Ce choix visait à distinguer une identité monétaire qui corresponde aux structures économiques des colonies françaises d’Afrique Noire, où le taux d’inflation n’était pas censé varier comme en Métropole, comme cela s’était avéré entre 1942 et 1945.

C’est ainsi qu’à sa création le 26/12/1945, la parité du FCFA fut fixée à 1FCFA=1,70 Franc métropolitain pour tenir compte du fait que le taux de l’inflation en France avait dépassé de 70% celui de ses colonies d’Afrique Noire entre 1942 et 1945, les 2 espaces géographiques ayant été alors administrées respectivement par le régime de Vichy du Mal Pétain et par la France Libre du Gal de Gaulle.

Ce choix anticipait aussi sur les politiques monétaires distinctes à appliquer à ces 2 espaces géographiques dont les structures économiques étaient très différentes :

  • d’une part, la France, dévastée par la 2nde guerre mondiale, avait besoin de se reconstruire en pratiquant des dévaluations compétitives, utiles à son redressement économique face à ses partenaires industriels européens;

  • d’autre part, les colonies françaises d’Afrique Noire, n’avaient pas subi de destructions massives au cours de la 2nde guerre mondiale, et n’avaient point de compétitivité industrielle à redresser du fait que le « pacte colonial » les confinait à produire les matières premières sans les transformer sur place, cette fonction étant réservée aux manufactures de la métropole.

Dans ces conditions, en octobre 1948, la décision de dévaluer de 15% le Franc métropolitain pour rattraper la perte de compétitivité de l’économie française vis-à-vis de ses partenaires industriels européens, dut être aussitôt compensée par la réévaluation de 15% du FCFA dans sa parité avec le FF, portant ainsi le 1FCFA = 2 Francs métro.

B) POURQUOI LE FCFA NE FUT PLUS REEVALUE APRES 1948 POUR COMPENSER LES DEVALUATIONS DU FF ?

De 1948 à 1993, le FF fut dévalué plus d’une dizaine de fois pour redresser la compétitivité de l’industrie française. Mais là, il n’y a plus eu de réévaluation du FCFA, à la différence de la pratique de 1945 et 1948. Le Trésor français avait préféré conserver la parité fixe de 1FCFA=2 anciens Francs métropolitains. Personne ne l’a expliqué !

Ce choix pourrait s’expliquer ainsi : en maintenant fixe cette parité, toute dévaluation du FF entraînait automatiquement celle du FCFA, ce qui offrait aux paysans africains de café, cacao, palmistes, …, de recevoir de plus en plus de recettes en FCFA pour leurs productions, les encourageant ainsi à produire de plus en plus de produits d’exportation.

Et cela procurait de plus en plus de devises étrangères à la Banque de France qui en avait bien besoin pour payer ses besoins croissants d’importation pour répondre à la forte croissance de l’économie française, forte de plus de 6% par an durant les « Trente glorieuses » (couvrant les années 1948-1973). En outre, cet afflux croissant de devises en dollars provenant des exportations coloniales, permettait à la Banque de France de mieux lutter contre les spéculations contre sa monnaie, le FF, et ce, d’autant plus qu’elle était tenue de défendre la solidité de sa monnaie auprès du FMI, gardien du nouveau système monétaire international où chaque pays doit sauvegarder son taux de change en $US.

Toutes ces dévaluations cachées du FCFA (ainsi alignées sur celles du FF), servaient donc les besoins en devises de la Banque de France après 1948.

C) POURQUOI LE FCFA FUT DEVALUE DE 50% EN 1994 ?

Sachons que de 1986 à 1993, il y eut un long cycle de dépression économique en zone UMOA, provoqué par 2 causes essentielles :

  • d’une part, le cours de change du $US en FF s’effondra, ramenant le change du $ de 540 à 240 FCFA pour un $, ce qui divisa par deux les recettes d’exportation de la zone FCFA dont les produits étaient tous côtés en $ à la bourse de NY

  • d’autre part, on assista simultanément à la baisse continue de ces cours mondiaux libellés en $US, ce qui aggravait la baisse des recettes d’exportation de la zone UMOA.

Cette double baisse se traduisit par un énorme déficit du commerce extérieur de la zone UMOA, et la baisse concomitante du niveau de ses réserves déposées auprès du Trésor français, jusqu’à ne plus couvrir les encours des crédits à l’économie et la masse monétaire en circulation. Cela inquiéta le Trésor français qui est le garant du FCFA.

En outre, cette grave récession eut pour effet de contracter de 30% le revenu réel par tête dans la zone UMOA entre 1986 et 1993. En même temps, le chômage s’était considérablement accru à la suite des mesures de redressement des entreprises publiques et d’austérité budgétaire, prises dans le cadre des P.A.S du FMI. Cette situation de mécontentement populaire s’est greffé sur la chute du « Mur de Berlin » (fin de la tension Est-Ouest) pour déclencher les explosions sociales et les crises politiques qui surprirent la zone UMOA en se concluant par les « conférences nationales » de 1990/91.

Et, comme les gouvernements de la zone UMOA n’avaient pas pu, sur les conseils du FMI, abaisser la part des salaires de la fonction publique qui avoisinaient 80% des recettes budgétaires, leurs déficits budgétaires se creusèrent de plus en plus durant cette période, ce qui obligeait le gouvernement français à subventionner les budgets des Etats membres de l’UMOA pour respecter les critères de la parité du FCFA avec le FF.

Cependant, ces subventions sur budget français ne pouvaient perdurer, à cause des règles de convergence exigées des pays membres de la future zone EURO.

C’est ainsi que la France se résigna à adopter la proposition du FMI de dévaluer de 50% le FCFA afin de rétablir les équilibres budgétaires et de la balance commerciale. Le 11 janvier 1994, cette décision fut prise à Dakar, en accord avec l’ensemble des Chefs d’Etat de la zone FCFA, auxquels la France avait offert d’effacer 2500 milliards FCFA de dette extérieure à titre de soutien au doublement du montant de la dette en valeur FCFA.

En parallèle, le FMI promit aux Etats UEMOA d’alléger le nouveau poids de leur dette extérieure en usant de ses moyens de pression au cours de la renégociation de son montant avec les créanciers publics et privés, regroupés respectivement en Club de Paris et en Club de Londres.

Cependant, l’énormité de cette dette, d’origine improductive, et la poursuite d’une gestion opaque des finances publiques, empêchèrent de lutter efficacement contre la pauvreté, et a fortiori de voir émerger ces économies de l’UEMOA, à la différence des pays asiatiques qui avaient, pourtant, le même niveau de revenu par tête en 1960, 60 $US. Mais pourquoi les pays africains n’émergent pas comme les pays asiatiques ?

Une étude de la Banque Mondiale de 1996 a révélé que 4% seulement de la richesse asiatique se réfugiait à l’étranger, contre 44% de la richesse africaine, 11 fois plus. Or, le niveau d’évasion de l’épargne nationale à l’étranger illustre la volonté politique de développement d’une économie par sa classe dirigeante.

D) LE HANDICAP DE COMPETITIVITE POUR L’INDUSTRIE EN UEMOA

En plus des handicaps politiques, il se trouve que la production industrielle en UEMOA n’est guère compétitive vis-à-vis de ses partenaires économiques :

  • d’une part, il lui est impossible de concurrencer les industries chinoises qui bénéficient d’énormes économies d’échelle avec son marché intérieur de 1,3 milliards d’habitants ;

  • d’autre part, les coûts de production en UEMOA sont 3 à 5 fois plus élevés qu’au Ghana et Nigéria voisins, pour ce qui concerne les salaires, le prix du KWh et les coûts de transport : cela découle des sous-évaluations des monnaies Cedi et Naira.

En effet, l’histoire économique nous apprend qu’à sa création, le Naira valait 2 US$, ou 540FCFA de l’époque, tandis que 20 ans plus tard, il ne valait que 6 FCFA, soit 100 fois moins ; de même, le Cedi valait 375 FCFA en 1972 contre 0,33 FCFA en 1998, soit 11.000 fois moins, et cette dépréciation s’est poursuivie jusqu’à tripler aujourd’hui.

Tout ce contexte eut pour effet dévastateur de fermer toutes les industries concurrentes fabriquant en UEMOA, et ce d’autant plus que tous ses marchés sont envahis librement par les produits manufacturés au Ghana ou au Nigéria.

Un raisonnement analogue vaut pour la concurrence déloyale des produits exportés de Chine, dont la monnaie YUAN a toujours été sous-évaluée dans sa parité fixe avec le $US sur la base de 1$US= 10 YUAN fixé en 1978, pour tomber à 1$US= 7YUAN aujourd’hui, alors qu’il devrait être 1$US=2,5Yuan, soit 3 fois plus cher.

Et, pour mieux comprendre l’importance de la compétitivité d’un taux de change pour booster l’économie, référons-nous à la dévaluation de 50% du FCFA du 11/01/1994. Elle avait dopé la croissance de la zone UEMOA en portant son taux à 7% entre 1994 et 1997, alors qu’il rechuta à 3% à partir de 1998 : cela s’explique par la dévaluation, fin 1997, de 70% à 90%, des monnaies de nos concurrents d’Asie du sud-est, exportateurs de café, cacao, palmistes et bois, touchés par la « crise asiatique ».

Cependant, une dévaluation compétitive ne suffit pas pour faire émerger un pays.

En effet, dans le monde globalisé où nos économies évoluent sous la surveillance néolibérale de l’OMC, il faut surtout savoir mobiliser les opérateurs économiques d’un pays pour faire décoller l’économie, et en plus, attirer les IDE pour la faire émerger.

Ce bref historique des grosses différences entre les coûts comparés de production dans les zones monétaires FCFA, CEDI et NAÏRA, illustre à lui seul le grave handicap structurel pour l’industrialisation de l’UEMOA. Pour résoudre cette contradiction, il faudrait élargir l’union économique et monétaire de l’UEMOA à la CEDEAO, avec une monnaie commune qui puisse assurer la croissance harmonieuse des pays membres.

Mais pour le faire, il faut que l’Etat de droit soit pratiqué dans chaque pays membres de CEDEAO, et qu’un idéal panafricaniste anime les chefs d’Etat et les Parlementaires des 16 pays membres. Alors, la CEDEAO pourra devenir une puissance économique émergente, écoutée dans le concert des nations.

E) LE FREIN DE L’OMC POUR L’UEMOA

L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), à laquelle les pays UEMOA ont adhéré entre 1996 et 1998, prohibe les politiques protectionnistes. L’OMC nous avait accordé jusqu’en 2013 pour instaurer des droits de douanes sur les importations. Mais la Banque Mondiale les avait limitées entre 5% et 20%, en attendant que nous trouvions d’autres moyens fiscaux pour alimenter le Budget de l’Etat. De même, était autorisée une surtaxe temporaire de 15% sur les importations concurrentes de nos productions industrielles.

Toutefois, ces droits de protection douanière ne pouvaient suffire à développer une industrie compétitive en UEMOA, du fait de la parité du FCFA, comme cela est exposé plus haut. Seules, quelques rares industries légères ont pu survivre occasionnellement en bénéficiant de la proximité des consommateurs, et aussi parce que la part de la main d’œuvre, de l’énergie et des transports est faible dans leurs coûts de production. Cela signifie que ces rares industries modernes, actives en UEMOA, ne peuvent créer que relativement peu d’emplois (NB= les industries d’extraction minière ne sont pas concernées par cette analyse). Aussi, il suffit de voir l’expérience de la zone Franche togolaise qui montre bien qu’en 23 ans d’existence et de forte propagande, elle n’a pu créer que moins de 15.000 emplois (lesquels n’ont pas toujours été stables…), ce qui est largement insuffisant pour résorber le chômage de nos jeunes diplômés sans emploi, alors qu’à sa création en 1989, elle devait servir à cela.

QUE FAIRE POUR SURMONTER CET ECUEIL DE COMPETITIVITE ?

Il faut renégocier les accords des pays membres de l’UEMOA avec l’OMC, en confiant ces négociations à l’UEMOA, à la condition qu’elle soit entourée d’experts très compétents car il s’agit de l’avenir de 100 millions d’Africains dont plus de la moitié vivent en extrême pauvreté.

Il faudrait d’abord rappeler à l’OMC que toutes les puissances industrielles occidentales avaient bénéficié d’un protectionnisme éducateur pour faire émerger leurs industries au cours des XIX° et XX° siècles. Il en fut de même pour les fameux « Dragons » asiatiques (Formose, Corée du Sud, Thaïlande, Malaisie, Hong Kong) et les grands pays émergents d’aujourd’hui (Chine, Inde et Brésil) qui avaient tous pu protéger leurs industries durant un demi-siècle avant d’adhérer à l’OMC.

L’UEMOA et la CEDEAO devraient donc pouvoir obtenir de l’OMC, avec le soutien de l’UE, une période de transition de 25 ans, qui lui serviront à pratiquer un « protectionnisme éducateur » adapté aux temps modernes.

Entretemps, l’UEMOA doit négocier avec le Ghana et la Guinée pour les associer à notre économie régionale à travers une monnaie commune à définir en dehors du sigle FCFA qui rappelle le colonisateur français aux yeux des Ghanéens. Ensuite, cette nouvelle UEMOA, élargie au Ghana et à la Guinée, pourra plus facilement négocier, égal à égal, avec le Nigéria en vue de la grande union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMDEAO) avec sa monnaie commune, que l’on pourrait appeler AFRO pour faire écho à EURO.

F) QUE FAIRE, EN ATTENDANT CETTE MONNAIE COMMUNE CEDEAO ?

En attendant la monnaie commune de la CEDEAO, il ne faut pas perdre de temps : il faut trouver les moyens d’offrir des emplois à notre jeunesse désœuvrée.

Une solution endogène consiste à les orienter sur 2 secteurs :

1- l’entrepreneuriat agricole moderne : en offrant au jeune diplômé sans emploi, la formation requise pour gérer une exploitation agricole moderne et mettre à sa disposition, en location-vente sur 30 ans, une terre dans le cadre de la loi portant décentralisation. L’UE est disposée à nous aider dans cette direction génératrice de millions d’emplois à travers l’UEMOA.

2- l’entrepreneuriat touristique culturel (à distinguer du tourisme traditionnel des « 3S », soleil, sable et sexe) : en formant le jeune diplômé sans emploi à la connaissance approfondie d’une coutume traditionnelle de son choix, pour qu’il sache en expliquer les composantes aux touristes culturels, sachant bien qu’en 2015, il y aura 300 millions de touristes culturels à travers le monde. L’UEMOA dispose de ce grand potentiel de richesse traditionnelle, qui est à l’abri de la concurrence extérieure. Et l’UE, là aussi, est disposée à nous aider dans cette activité génératrice de millions d’emplois à travers l’UEMOA.

Nadim Michel KALIFE

Economiste Chercheur, Ancien enseignant à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion à l’Université du Bénin (Lomé). Consultant en Politique Economique Africaine. Directeur des Ateliers d’Art du Petit Prince.