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La transition Burkinabè serait historique si elle réhabilitait la justice par des mesures fortes

By Warren Franck Mozart Essayiste -Romancier burkinabè (Laldaogo SORGHO, 21 mai 2015)

La transition Burkinabè serait historique si elle réhabilitait la justice par des mesures fortes, en toilettant les placards, en réglant véritablement les comptes comme l’avait promis son excellence Michel Kafando. Je le dis et je le répète, n’en déplaise aux maitres de la censure. Voyez-vous déjà qu’on séquestre des magistrats, qu’on les menace à tort ou à raison.

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La transition Burkinabè serait historique si elle réhabilitait la justice par des mesures fortes, en toilettant les placards, en réglant véritablement les comptes comme l’avait promis son excellence Michel Kafando. Je le dis et je le répète, n’en déplaise aux maitres de la censure. Voyez-vous déjà qu’on séquestre des magistrats, qu’on les menace à tort ou à raison.

Après, ce serait un médecin, un journaliste, un écrivain à l’activisme trop débordant. Il faut que les Burkina s’écoutent, discutent et décident ensemble, au niveau du quartier, du secteur de la commune, la province et de la région. Trop de poudrières léguées par l’héritage de l’autocratie Compaoré attendent d’être désamorcées. je disais autrefois qu’on ne marchande pas l’avenir d’un peuple, autant qu’on ne saurait différer à l’infini des exigences sacrées d’une société par essence dynamique.

La réhabilitation de la justice au Faso par des procès et des peines transparentes et équitables est l’aune de l’évaluation de la réussite de la transition. Faute de quoi, je le reprends et fort pour ceux qui désirent encore un Burkina -Faso prospère et pacifique, loin des affres de la violence, cette transition sera une occasion inespérée que nous aurions dilapidée. Lisez depuis nous ne faisons que nous employer à cela. L’organisation d’élections présidentielles n’est pas le devoir historique d’une transition politique patriotique et éclairée. Des structures et même des démembrements de l’administration peuvent organiser et réussir des scrutins. En dehors de l’exigence d’une justice historique, le Faso après Blaise Compaoré risque de présenter le malheur d’un paradis en flamme de la complaisance des héritiers et de l’élite sclérosée.

En dehors de la réhabilitation de la justice, il n’y aura ni ne saurait avoir un Burkina- Faso -tolérant, accueillant et prospère. L’un des secrets du régime Compaoré, justifiant sa longévité aura été de nous déshumaniser, de corrompre la justice, de l’opposer au peuple, de la discréditer sciemment de mauvais aloi car ils étaient avec tous ces intellectuels opportunistes conscients que cela couvaient les germes de l’auto-destruction de l’État; C’est ce que l’on appelle le règne du chaos. En plus de la corruption et du discrédit jeté sur la justice ainsi que sur toutes les institutions, Compaoré a légué à la postérité une poudrière pouvant exploser à chaque instant pour des frangeants moments de souffrances et de douleurs infinies.

En répandant la débauche, le gout de la fête et ses corollaires, il s’agissait cyniquement de braquer la jeunesse dans le décor pour plus grande jouissance au sommet de l’État. C’est donc dire pour me résumer qu’à l’heure actuelle mon beau pays n’est pas un État au sens propre du terme car la justice pierre angulaire de toute république n’y est pas respectée et redoutée. Elle est foulée du pied par les autorités d’abord qui s’en servirent pour régler les comptes à des opposants, des journalistes et des citoyens non contrôlés. cela engendra cet autre monstre qu’est l’incivisme qui menace avec les ambitions démesurées des politiques de tout dynamiter. Dans la vie des nations et des peuples il n’y a pas de miracles. Et comme l’avait dit Norbert Zongo, Personne n’a un avenir dans un pays qui n’en a pas. Étant donné que Blaise Compaoré a tout désarçonné, déstructuré à des fins égoïstes et claniques. Si des élections se tenaient au Burkina -Faso dans ce contexte, elles manqueraient du pouvoir fédérateur de la réconciliation. C’est pourquoi je crie, hurle, m’époumone virtuellement pour que les morts des autres pays servent enfin de leçon chez nous. Si nous voulions être dignes de nos martyrs tombés et préserver notre richesse culturelle, sociale dans l’harmonie de la coexistence pacifique, nous devons réhabiliter d’urgence la justice, redorer le blason du juge, de la gouvernance et rééduquer le peuple par la pédagogie de l’exemple de probité.

Il n’y aura pas de miracle car la cécité et la surdité des maîtres du moment nous rapprochent chaque jour un peu de l’abîme des abysses aux profondeurs insondables.