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Compte-rendu du Forum sur la gouvernance co-organisé avec l’Union Africaine - Addis Abeba, novembre 2005- version française, anglaise et portugaise

By Momar El hadj Dieng, Karine Goasmat (Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique, March 2006)

La Commission de l’Union Africaine (U.A) et l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique ont co-organisé un Forum sur la gouvernance en Afrique, à Addis Abeba, du 24 au 26 novembre 2005.

Le sens d’une telle rencontre, réaffirmé dans la déclaration finale qui en est issue, est que « La gouvernance est au coeur des difficultés qui affectent les sociétés africaines et constituent la source majeure des situations de crise existantes et des conflits », que « le dialogue et les partenariats, impliquant tous les acteurs, sont les conditions essentielles pour la réussite du processus de refondation de la gouvernance en Afrique ». L’objet essentiel de ce Forum a été de contribuer à lier les multiples initiatives et expériences novatrices de gouvernance portées et mises en oeuvre par les différentes familles d’acteurs (gouvernants, collectivités locales, société civile, secteur privés, organisations régionales) à l’action de l’Union Africaine dans le domaine de la gouvernance. Ce fut un premier pas pour, selon les termes de la Déclaration finale, «construire une coalition d’acteurs de la gouvernance en partenariat avec l’Union Africaine et ses différents organes».

Une déclaration finale et un plan d’action

La qualité des travaux en atelier, l’ampleur des vues exprimés et la clarté de la synthèse qui s’en dégageait ont inspiré la Déclaration finale et le Plan d’action. L’une et l’autre reflètent un souffle nouveau et un élan : « La gouvernance est au coeur des difficultés qui affectent les sociétés africaines et constituent la source majeure des situations de crise existantes et des conflits » ou bien « L’Afrique doit collectivement concevoir et mettre en place une gouvernance dans laquelle les différents acteurs se reconnaissent et qui répond à leurs aspirations…".

Le plan d’action, quant à lui, précise les premières étapes de concrétisation de ces orientations : « une certaine périodicité d’un tel forum interafricain, co-organisé par l’Union Africaine et l’Alliance permettrait de fédérer les différentes initiatives et d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en oeuvre d’un projet de gouvernance pour l’Afrique…»; « ce forum interafricain devrait se démultiplier en des ateliers régionaux et sous-régionaux, suivant la même méthodologie de travail, pour garantir l’approfondissement et l’enrichissement mutuel »  ; l’affirmation de la nécessité de repartir du niveau local pour refonder la gouvernance conduit naturellement à « préconiser une meilleure représentation des associations de gouvernements locaux auprès de l’Union Africaine ». De même, l’insistance mise sur le partenariat entre acteurs incite à « mieux associer le secteur privé, y compris le secteur informel, à la conception et la mise en oeuvre de l’action publique »  ; le lien intime, souligné par la déclaration, entre gouvernance, conflit et paix suggère qu’une coopération entre l’Union Africaine et l’Alliance, associant toutes les organisations de la société civile, pourrait, au delà des mesures nécessaires de maintien de l’ordre, déboucher sur «des perspectives originales de construction de la paix fondées sur une gouvernance plus légitime, mieux enracinée et mieux capable de prendre en compte la diversité» ; enfin, en complément du réseau interafricain d’échange d’expériences, dont la déclaration finale donne le coup d’envoi, un réseau interafricain d’instituts de recherche pourrait constituer le point d’appui intellectuel, collectif d’une gouvernance qui, retrouverait la sève nourricière des multiples traditions de la gouvernance en Afrique.

Tout cela dessine naturellement un agenda. Le Plan d’action et les recommandations issus des trois jours de travaux permettent de les situer dans huit projets de partenariat avec l’Union Africaine.

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