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Rencontre régionale II de l’Alliance des initiatives pour la paix

Genre, Paix et Sécurité

By Alliance des initiatives pour la paix (Alliance des initiatives pour la paix, January 2007)

Les 12, 13, 14, 15 et 16 décembre 2006 se sont tenus à Bamako au cercle Mess des Officiers de Badalabougou, les travaux de la Rencontre Régionale II sur Genre, Paix et Sécurité, organisée par l’Institut Gorée avec la collaboration de l’Alliance des Initiatives pour la Paix et la Stabilité en Afrique de l’Ouest et la Fédération des Réseaux des Femmes Africaines pour la Paix (FERFAP).

Full text

RENCONTRE REGIONALE II SUR GENRE, PAIX, SECURITE TENUE A BAMAKO

DU 12 AU 16 DECEMBRE 2006

La Fédération des Réseaux de Femmes Africaines pour la Paix

Rapport Général

Les 12, 13, 14, 15 et 16 décembre 2006 se sont tenus à Bamako au cercle Mess des Officiers de Badalabougou, les travaux de la Rencontre Régionale II sur Genre, Paix et Sécurité, organisée par l’Institut Gorée avec la collaboration de l’Alliance des Initiatives pour la Paix et la Stabilité en Afrique de l’Ouest et la Fédération des Réseaux des Femmes Africaines pour la Paix (FERFAP).

La cérémonie d’ouverture était co-présidée par les secrétaires généraux des Ministères de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille et de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile au nom de leurs Ministres empêchés.

Outre ces deux personnalités, on notait au Présidium, la présence du Président de la commission Défense Paix et Sécurité de l’Assemblée Nationale, de la coordinatrice de l’Alliance pour la Paix et la Stabilité en Afrique de l’ouest et de la Présidente de la FERFAP.

Dans son allocution d’ouverture, le Docteur Mariam Djibrilla MAIGA, Présidente de la FERFEP a remercié les participants d’avoir accepté l’invitation à la rencontre du Mali (Bamako) et rappelé les objectifs de la dite rencontre à savoir:

  • Informer, communiquer et sensibiliser afin de conscientiser toutes les populations à tous les niveaux sur le phénomène de la circulation et la prolifération des armes légères;

  • Recenser et diffuser les textes concernant les armes;

  • Faire le plaidoyer pour une meilleure implication des femmes et la prise en compte des valeurs sociétales dans la résolution des conflits;

  • Identifier les enjeux régionaux de la stabilisation et de la reconstruction;

  • Développer des pistes d’action pour des interventions plus adaptées.

Elle ensuite rappelé que la rencontre de Bamako est la suite des rencontres de Dakar et de Kankan et à fondé tout son espoir sur celle de Bamako afin que des recommandations pertinentes puissent être faites pour la continuation des activités commencées. Elle a insisté sur la redynamisation de tout le processus.

Le Dr. Mariam a terminé en remerciant les Ministres de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille et de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile d’avoir accepté de co-présider la cérémonie d’ouverture témoignant ainsi leur attachement à la lutte contre la prolifération des armes légères et aux questions de Genre, Paix et Sécurité.

Prenant la parole à sa suite, Mme Odile TENDENG WEIDLER au nom de la coordination des Initiatives pour la Paix et la Sécurité en Afrique a pour sa part, remercié les autorités du Mali pour la tenue de la rencontre et fondé son espoir sur les résultats pertinents qui couronneront cette réunion pour la suite des activités et la redynamisation de l’Institut Gorée qui joue le rôle d’Institut de recherche pour la stabilité, la Paix et le Genre en Afrique.

Quant au Secrétaire Général du Ministère de la Sécurité Intérieur et de la Protection Civile Monsieur Anatole Sangaré, il a au nom de son Ministre empêché, aussi remercié les organisateurs de la rencontre pour l’honneur qui lui a été fait de co-présider la cérémonie d’ouverture.

Dans sa brève allocution, il a rappelé les difficultés que rencontrent les femmes et les enfants en périodes de conflits et de post-conflits, tout en citant le cas du Rwanda qui a connu le génocide le plus cruel en Afrique. Selon lui, le viol était devenu la chose la plus banale. Dans un sondage fait auprès de 304 femmes violées, 35% étaient enceintes. Sur 716 femmes violées enquêtées en 1996, 412 étaient enceintes, 200 à 500 enfants environ étaient nées de ces viols. Après avoir rappelé ces chiffres pathétiques, il a souligné que ce sont les hommes qui font la guerre, mais ce sont les femmes qui subissent les conséquences. Il a exhorté les participants à réfléchir sur des solutions adéquates pour mettre fin aux conflits et surtout soulager la souffrance des femmes et des enfants.

Monsieur SANGARE a, pour terminer, souhaité que les femmes se donnent la main pour enrayer la guerre, car elles possèdent un potentiel de savoir-faire qui leur permet d’empêcher les hommes de faire la guerre.

Enfin, Monsieur Youssouf SANGARE secrétaire Général du Ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, au nom de son Ministre empêché a prononcé le discours d’ouverture.

Tout en commençant par remercier à son tour, les organisateurs de la dite rencontre pour le choix du Mali, il s’est dit honoré de co-présider la dite cérémonie au nom de son Ministre empêché.

Après avoir souhaité la bienvenue aux participants des Pays amis, il s’est inquiété du faite qu’au moment ou les autres Continents évoluent vers une plus grande intégration sociale, économique, politique et une plus grande stabilité pour faire face aux défis, très peu de régions de notre Continent sont épargnés par les conflits.

Les femmes, les jeunes filles et les garçons sont particulièrement affectés par ces conflits du faite de leur vulnérabilité. Selon les Nations Unies, 80 % des pertes en vie humaine sont des femmes et 80 % des réfugiées sont encore des femmes.

Il a déploré l’effondrement progressif des mécanismes traditionnels de prévention des conflits en Afrique. Il a ensuite mis un accent sur le rôle de la femme qui, à travers ses rôles de proximité, son humilité dans la gestion de la cité, et les pouvoirs maternels et mythiques qui lui sont conférés, a les capacités de jouer un rôle endogène prépondérant en matière d’alerte précoce et d’anticipation, de conseillère et de développement de la solidarité et d’action humaine.

Il a terminé en souhaitant plein succès aux travaux.

LA PREMIERE JOURNEE DES TRAVAUX

(12 DECEMBRE 2006),

après une suspension de séance pour permettre aux officiels de se retirer, les travaux ont commencé par la mise en place du bureau de la rencontre composé comme suit:

• Modératrice et Rapporteur Général: Mme DIARRA Afoussatou THIERO, ancien Ministre, Conseiller à la Cour Suprême du Mali;

• Mme Odile TENDENG WEIDLER: Consultante, Responsable de l’Institut Gorée;

• Dr. Mamadou Fanta SIMAGA: Ancien député à l’Assemblée Nationale du Mali, Pharmacien de son Etat;

• ABBE CAMILLE: Guinée Bissau;

• Dr. Mariam Djibrilla MAIGA: Présidente FERFAP;

• Rapporteur du jour: Mme Adiawiakoye Ramatou Mali.

Avant de donner la parole au conférencier du jour, Mme DIARRA Afoussatou a demandé aux participants venus du Sénégal, de la Guinée Bissau, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Mali (Tombouctou, Gao, Kidal, Sikasso, et Bamako) de se présenter.

La suite des travaux a été consacrée d’abord à l’adoption de l’agenda de la rencontre par acclamation, ensuite la parole fut donnée au Dr. Zeini Moulaye pour présenter le thème I intitulé:

«les armes légères et de petits calibres et leur prolifération».

Monsieur Zeini a structuré son exposé en trois phases:

1. La problématique de la prolifération des armes légères et de petits calibres

2. Les enjeux Nationaux et Internationaux

3. Les stratégies de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres.

La problématique de la prolifération des armes légères et de petits calibres : Causes et conséquences

De cet exposé, les points importants à retenir sont les suivants:

Le rôle régalien de l’Etat:

L’organisation de la sécurité relevait de l’Etat régalien. L’armée et les services de sécurité avaient le monopole et l’usage des armes.

La rupture des équilibres et ses conséquences:

Cette rupture est caractérisée par la fin de la 2ème Guerre Mondiale, les mouvements de libération et l’effondrement du Bloc Soviétique à partir des années 1980.

Les conséquences qui en découlent sont que: Ce n’est plus l’Etat qui s’arme mais des groupes d’individus donc apparition du phénomène d’armement des citoyens, militarisation de la société civile et démilitarisation de la guerre.

Exemples: La Somalie, le Burundi, le Rwanda, la RDC etc.

Ensuite la recrudescence du banditisme et du terrorisme s’accentue: l’Etat perd le monopole du port des armes et leur usage;

Les conséquences sont: la prolifération des armes, les armes sophistiquées quittent le domaine des armées régulières (forces armées et de sécurité) et rentrent dans celui du terrorisme et du banditisme.

Les différentes catégories d’armes

Deux grandes catégories d’armes: Les armes de guerre et les autres armes

  • Les armes de guerre sont: les armes de guerre collective (fusils, fusils mitrailleurs, lance rocket etc.), les armes de guerre individuelle et armes de pointe.

  • Les autres armes sont: armes blanches (couteaux, coup-coups, machettes, lances, etc.), armes tranchantes, armes contondantes, armes à canon lisse et armes à canon rayé.

La problématique de la prolifération des armes légères et de petits calibres

Le problème de la prolifération des armes légères et de petits calibres a atteint une proportion importante:

Ex : En 2004: 640000000 d’armes et de petits calibres étaient en circulation dans le Monde dont 30.000.000 en Afrique. Sur ces 30.000.000, 16.000.000 circulent dans notre sous-région, 32 tonnes d’armes ont été débarquées au Liberia par l’ex-président Charles Taylor.

Les raisons: c’est la course effrénée à l’armement par les grandes Puissances, qui après l’effondrement du Bloc Soviétique ne savait plus que faire de leurs armes. Ce sont donc ces armes qui ont été déversées pour la plus part en Afrique ou elles ont alimenté 9 conflits sur 10.

L’Origine des armes

Elles viennent de l’Occident (Europe, Bloc Soviétique) et de la production locale (artisans locaux). Ces artisans fabriquent souvent des répliques très sophistiquées qui sont aussi dangereuses que les originaux (Simplex, Baïkal, Beretta, Kalachnikov, etc.).

Les causes de la prolifération des armes légères et de petits calibres :

Elles sont exogènes et endogènes

  • Exogènes : L’effondrement du Bloc Soviétique, la libération des transfères internationaux d’armes et la recrudescence du grand banditisme

  • Endogènes : La dimension culturelle (le plaisir de porter une belle arme sans aucune autre idée préconçue de faire du mal). Porter une arme est un signe de respect traditionnellement, parfois un signe de notoriété et de richesse ou un attribut de la fonction (chasseur traditionnel)

Le déficit ou le manque de contrôle de nos administrations conduit à des crises sociales d’où les conflits intra-communautaires qui conduisent à une insécurité de nos populations

L’inexistence ou la non adaptation des législations de nos Pays ou leur non application

La gestion des conflits a été détournée des méthodes traditionnelles (cousinage à plaisanterie, respect de la gestion des vieux)

Les Conséquences de la prolifération des armes légères et de petits calibres:

La menace de la sécurité humaine et des politiques de développement:

  • La sécurité humaine est menacée d’où l’accroissement de la violence

  • L’exacerbation des situations conflictuelles

  • Le prolongement des conflits encourageant la culture de la violence et le défit à l’autorité de l’Etat

  • La démission de l’Etat face à sa fonction régalienne

  • Les économies des Etats sont fragilisées d’où l’anéantissement des efforts de développement

  • L’intensification des conflits armés pour la conquête du pouvoir. Ex: 500.000 victimes par an ; 20 millions dont la plupart sont des civils, 2 millions d’enfants tués, 300.0000 enfants soldats et 10 millions de mercenaires déversés sur le Continent.

Les mécanismes, enjeux et stratégies de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres

Les enjeux:

Ils sont triples: Paix et sécurité, démocratisation et développement durable.

En 1990, Koffi ANNAN Secrétaire Général des Nations Unies convoqua la première conférence sur le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects, vu la gravité du phénomène. Tous les Etats membres des N.U. ont été appelés à prendre d’urgence des dispositions législatives, réglementaires pour exercer un contrôle effectif sur la production et l’exportation des armes légères.

Les politiques et les stratégies de lutte:

Il n’y a pas de solution miracle, il faut agir sur plusieurs leviers entre autres :

  • Le désarmement

  • Le maintient de la consolidation de la paix

  • La lutte contre la criminalité organisée

  • La responsabilisation des Etats producteurs et des Etats utilisateurs d’armes

Les stratégies doivent reposer sur une synergie d’actions politiques, sociales et cultures au niveau national, régional et Mondial. Il faut en outre développer une dynamique relationnelle Etat Sécurité.

Les mécanismes:

Il y a quatre niveaux de mécanismes:

  • National,

  • Sous-régional

  • Régional

  • Et Mondial

Ce sont: Le moratoire sur les armes légères au niveau de la CDEAO et le PCASED qui est son programme d’action et un code de conduite efficace.

Des organes de contrôle existent également aux plans institutionnel, administratif et communicationnel. Les différents acteurs identifiés de mise en œuvre sont les Etats, les organisations de la société civile et les organisations Internationales; mais le constat est que la société civile n’est pas souvent associée à la lutte, cela doit être corrigé.

En conclusion, le conférencier a suggéré que l’Afrique devrait développer à cours, moyen et long terme des stratégies de politiques sécuritaires et de lutte contre la prolifération des armes légères sur 4 dimensions:

  • Le développement des ressources humaines,

  • La culture de la paix

  • Le micro-désarmement avec une dynamique relationnelle entre la sécurité et le développement

  • Le développement durable pour la prise en compte des générations futures

DES DEBATS, on retiendra les contributions, les questions et les réponses suivantes:

Cas de la Guinée Bissau:

L’expérience de ce Pays en matière de gestion des conflits a fait ressortir le rôle important de la société civile pour le contrôle des armes légères. Mais la problématique de la gestion post-conflit a montré que les armes après les conflits internes servent à alimenter d’autres conflits voisins. L’épineuse question du contrôle des armes au niveau des populations revient de façon récurrente car cela constitue un danger permanent de sécurité; chacun possède des armes à la maison. Il arrive quelques fois que l’Etat les récupère au niveau des populations qui se disent fragilisées par la suite face aux bandits armés.

• Le rôle important des femmes dans la récupération des armes a été souligné par tous les participants.

• Le problème d’une législation adéquate sur les armes a été posé et les participants ont recommandé d’y remédier le plus rapidement possible, car la plus part des Pays n’en possède pas.

• La dimension du commandement militaire pendant la colonisation selon les participants était une solution qui permettait aux colonisateurs de maîtriser la circulation des armes.

• La dimension culturelle du fusil dans les sociétés traditionnelles était importante: l’arme était un attribut de l’homme, un signe de notoriété.

• La problématique de la violence conjugale ou domestique a une relation négative sur la famille surtout lorsque des armes sont gardées dans les familles, elles deviennent un danger permanent pour les femmes et les enfants.

• La question du recadrage de notre système éducatif qui fournit des jeunes diplômés sans emplois a fait l’objet de toutes les interventions. Le danger est que ces jeunes désœuvrés peuvent se faire enrôler à tout moment dans les armées par les seigneurs de la guerre et fournir ainsi un potentiel humain utilisable dans les conflits.

• La problématique du contrôle des armes par nos administrations est permanente. Leur laxisme conduit à la prolifération des armes avec toutes les conséquences que cela comporte.

• La dimension genre de la lutte contre la prolifération des armes légères doit être prise en compte. Les femmes sont les acteurs du changement de mentalité et du comportement. Pour mieux prendre en compte cette dimension dans la préservation et la gestion des conflits, l’atelier suggère que les femmes à travers leurs regroupements doivent participer aux commissions de récupération des armes et à leur collecte. Elles devraient être impliquées à l’élaboration des politiques de sécurité et des outils de prévention de la paix. Les femmes pourraient entreprendre des actions de sensibilisation et élargir les relations de leurs associations pour contribuer qualitativement à la mobilisation des ressources humaine et mettre en œuvre de vastes programmes de culture de la paix et de l’éducation aux Droits humains. Elle devrait enfin beaucoup s’employer à la consolidation de l’intégration sous-régionale.

• La problématique des mines anti-personnelles qui sont un danger permanent pour les populations pendant et après les conflits et surtout leur destruction doit retenir l’attention des décideurs.

• Les questions de bonne gouvernance sont à privilégier pour la stabilité de nos pays et la préservation de la démocratie.

• Les politiques des Institutions de Brettons Wood qui appauvrit nos populations et surtout nos femmes doivent être revues.

Les participants ont condamné les marchands d’armes et leurs industries qui ont fait de l’Afrique les zones privilégiées de leurs commerces macabres. Ils sont tous convenus qu’il faut une synergie d’action de tous les acteurs pour ramener la paix dans notre continent. L’Afrique elle-même ses conflits internes, le problème étant complexe, une approche multidimensionnelle doit être privilégiée ainsi qu’une culture de la paix. Nos valeurs sociétales doivent être mises en exergue pour préserver la paix et nous devons nous employer à sortir de l’emprise de l’Occident.

L’Après midi fut consacré aux travaux d’atelier. Deux groupes composés de quatre participants chacun ont été constitués pour réfléchir sur les questions suivantes:

1. Quelles sont les actions à mener pour lutter contre la prolifération des armes légères et de petits calibres?

2. Comment sensibiliser et responsabiliser les décideurs et les fabricants d’armes

3. Quel cadrage pour l’éducation de nos enfants? Dans la famille? Les droits humains? Et l’éducation civique?

LA DEUXIEME JOURNEE DES TRAVAUX

(13 DECEMBRE 2006),

a commencé par l’amendement et l’adoption de la journée précédente.

Rapporteur du jour: Abbé Camille Guinée Bissau

Ensuite a suivi l’exposé du Dr. Mariam Djibrilla MAIGA sur «la Résolution 1325 des Nations Unies portant sur l’implication des Femmes dans le processus de gestion des Conflits et les difficultés de son application».

L’Intervenante a commencé par une introduction sur les notions de sexo-specificité et de sexe. Pour elle, la sexo-specificité est relative à la condition ou aux attributs sociaux par rapport au sexe. Elle est autrement dit liée à la situation sociologique des sexes.

Quant à la notion de sexe, elle est relative aux aspects plutôt biologiques, aux différences biologiques qui existent entre l’Homme et la Femme.

Elle a expliqué que ce bref rappel est important, car la prise en compte de ces éléments dans la gestion des conflits permet leur meilleure compréhension. Ainsi, dans le cadre du maintient de la paix par exemple, les sexo-spécificités portent sur des domaines du respect des Droits de l’Homme, du désarmement, de la médiation et des actions de développement.

Après cette brève introduction, le Dr. Mariam continua son exposé et situant le contexte dans lequel la résolution 1325 des Nations Unies a été prise. En mars 2000, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, le Conseil de Sécurité des N.U. reconnaissait que l’égalité entre les sexes est essentielle à la paix. Une session spéciale a été convoquée en octobre 2000 pour examiner la situation des Femmes dans les conflits armés et le 31 octobre de la même année, les Nations Unies à l’issue de la même session adoptèrent la résolution 1325. Cette résolution appelle les Gouvernements et le Conseil de Sécurité lui-même à faire participer les femmes aux négociations et aux accords concernant le règlement des conflits et la consolidation de la paix.

Plusieurs résolutions, conventions et déclarations ont été prises du 15 décembre 1975 au 31 décembre 2000 mais, aucune d’elles n’a eu autant de poids, d’échos, de soutien et retentissement que la 1325 qui est vue comme la synthèse de tout ce qui a précédé. Elle exhorte à prendre des mesures concrètes pour l’implication des femmes dans les opérations de maintient de la paix. Elle n’est autre que la synthèse de tous les instruments juridiques relatifs au maintien de la paix.

L’exposé a ensuite fait ressortir le lien entre la R 1325 et la problématique des armes légères en précisant que les femmes doivent être impliquées dans la collecte et la destruction des dites armes. Le constat est que les femmes sont oubliées lorsque la paix revient, c’est pourquoi les Nations Unies ont recommandé la présence de 50% de femmes dans les délégations de négociation et dans les instances de décision.

La résolution 1325 est:

  • Contraignante et préconise des mesures concrètes pour préserver le souci d’équité

  • Le 1er instrument de Droit International à avoir consacré officiellement la participation de la société civile et notamment les femmes au processus de paix.

Cependant, il a encore des obstacles à la participation des femmes à la résolution des conflits, la visibilité des actions des Organisations Féminines et à la vulgarisation de la Résolution 1325 et de son application.

Un accent a été mis sur la présence des armes des armes dans les familles qui est un danger permanent pour les femmes et les enfants, c’est pour cela que les femmes doivent jouer un rôle très important pour leurs collectes.

Enfin, l’intervenante a terminé la première partie de son exposé en enchaînant avec le lien entre la R 1325 et les armes légères. Elle a beaucoup insisté sur la dimension culturelle de la lutte au niveau communautaire où la détention des armes dans les familles peut conduite au risque de développement de violences familiales, de drames irréparables, voir des évènements malheureux (risques pour les enfants de jouer avec les armes, risques d’utilisation des armes en milieu scolaire).

Les crises politiques sont aussi propices à l’utilisation des armes par les différentes tendances. Les femmes qui détiennent les armes pendant les conflits et qu’on oubli de désarmer après les conflits sont aussi un facteur de risque. La conférencière avant de faire des recommandations a demandé aux participants de réfléchir sur les questions telles que:

  • Quelles stratégies communautaires de récupération des armes faut – il développer?

  • Comment résoudre les problèmes que posent le déplacement des populations qui pendant les conflits immigrent dans les pays voisins avec leurs armes?

  • Quelles stratégies à développer pour identifier les porteurs d’armes?

  • Quels mécanismes à développer pour la récupération des armes?

Les recommandations pertinentes à retenir de l’exposé sont les suivantes :

  • Créer un mécanisme national de suivi et de mise en œuvre de la Résolution 1325 avec des attributions claires et la définition des rôles de chaque acteur et un niveau d’ancrage approprié pour son efficacité;

  • Elaborer et mettre en œuvre un plan d’action sur la R 1325;

  • Créer des Cellules Genre au niveau des départements Ministériels pour la mise en œuvre de la parité Homme-Femme;

  • Organiser un séminaire gouvernemental sur la Résolution 1325;

  • Assurer une large diffusion de la Résolution 1325;

Le Dr. Mariam a conclu en disant que malgré tous les efforts accomplis, le rôle et l’influence des femmes dans le processus de paix demeurent informels. Des obstacles réels s’opposent encore à la participation des femmes au processus et négociation officiels de paix et l’intégration systématique d’une démarche soucieuse d’égalité entre les sexes.

Elle a terminé en affirmant qu’il y a un déficit de l’exploitation de l’expertise des femmes et des organisations de femmes oeuvrant dans le domaine de la paix et de la sécurité.

Les débats ont porté sur des questions des réflexions et suggestions telles que:

  • La problématique des armes légères: ce sont les européens qui ont introduit en Afrique les armes sophistiqués

  • Les guerres qui ont amené l’esclavage ont porté atteinte à l’intégrité de l’Afrique

  • La mauvaise gouvernance a conduit à l’émergence d’une bourgeoisie politique qui s’adonne à une course effrénée de l’argent dont les conséquences sont la corruption et la confiscation du pouvoir

  • L’éducation des enfants surtout celle des jeunes est importante pour enrayer la violence

  • Le problème entre la dynamique institutionnelle et la dynamique sociale se pose.

  • Le manque d’implication de la société civile féminine qui renferme des ressources humaines importante est déplorable

  • Comment les femmes leaders peuvent agir concrètement en vu de participer aux situations de conflit et de sortie de crise est une équation à résoudre

  • Faire un moratoire de 5 à 10 ans qui interdit toute autorisation de port d’arme;

  • Elaborer un code de conduite qui va régir toutes les activités des forces de maintien de la paix;

  • Revoir les législations des pays pour les harmoniser avec la Résolution 1325;

  • Responsabiliser davantage des pays pour la question des réfugiés et surtout les pays d’accueil;

  • Implication des religieux dans la gestion des conflits;

  • Avoir une approche plus globale de la question de l’intégration de la femme;

  • Les élections sont toujours des facteurs de violences car l’organisation d’élections démocratiques n’a toujours pas réglé les conflits internes.

L’après midi a été consacré aux travaux d’ateliers sur les questions suivantes:

1. Comment accroître la représentation des femmes à tous les niveaux de prise de décision dans la prévention des conflits, leur gestion et leur règlement (niveau local, régional, sous-régional, national et International)

2. Quelles sont les stratégies communautaires de lutte contre la détention des armes légères dans les familles?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA TROISIEME JOURNEE DES TRAVAUX

(14 DECEMBRE 2006),

a été consacrée dans la matinée à l’amendement et à l’adoption du rapport de la veille. Ensuite la parole a été donnée au Dr. Mamadou Fanta SIMAGA pour faire son exposé sur «Le rôle des femmes dans la mobilisation et la préservation des valeurs sociétales pour la promotion de la paix».

Rapporteur du jour: Ouedraogo Boureima Burkina Faso.

Après avoir exprimé sa reconnaissance aux organisateurs de la rencontre pour lui avoir donné l’occasion de s’exprimer, le Dr SIMAGA a tenu à préciser qu’il a eu recours aux travaux de certains historiens et anthropologues car, pharmacien de son Etat, donc non spécialiste de la question.

Il a introduit son propos en soulignant l’importance de la parole qui selon un dicton bambara est aussi maléfique que le silence. De son point de vue, la réflexion sur une telle thématique pourrait relever d’un besoin pour les femmes africaines actuelles de retrouver ou redécouvrir le rôle qu’ont joué leurs ancêtres dans nos sociétés africaines pour la défense et la préservation des valeurs de probité, d’intégrité, de loyauté, bref de capacité de partage de dynamiques ou d’initiatives diverses. Il a rappelé que dans ce Monde de globalisation, Monde perturbé, soumis à cette trilogie implacable (drogue, criminalité, prostitution mafieuse) et devant le déclin, voir la disparition de toutes les valeurs morales et sociétales, avec une perte réelle de repères, l’Afrique se cherche. Selon lui, la culture est le soubassement de toutes les civilisations.

Toutefois en citant le togolais Agbolli, il relève qu’au contact du Nord, le Sud est soumis à une civilisation du spectacle. Il pense que face à cette perte de repères, les sociétés africaines ne peuvent retrouver leur lustre qu’en redevenant juste avec les femmes, en leur reconnaissant l’importance et la place qui leur revient: lumière et force de la famille.

La culture est l’idée qu’on se fait se sois, c’est le soubassement de toute civilisation.

Pour montrer le rôle prépondérant de la femme il cite feu le Président Léopold Senghor qui disait en 1972 à Londres à la 1ère conférence mondiale sur la civilisation mandingue: «Notre commune civilisation est celle de la femme, de la cola, du cheval et du fusil». Donc une civilisation fière dont le socle est la femme surtout en sa qualité de mère.

Pour le Dr. SIMAGA, la femme est le berceau de la civilisation. En Afrique les trois cailloux qui servent de trépied au foyer pour faire la cuisine sont des symboles:

  • Le 1er symbolise les rapports dans le couple,

  • Le 2ème symbolise la porte de la concession,

  • Le 3ème symbolise la grande famille clanique.

C’est pourquoi dans les pays de la savane, il est rattaché à la femme, la symbolique de la cola, elle traduit la diversité dans laquelle la future épouse est appelée à vivre et l’importance pour elle d’entretenir et de raffermir les liens sociaux.

A ces valeurs peuvent être rattachés quatre principes directeurs :

  • L’eau de purification du pouvoir est la justice et l’honnêteté

  • L’eau de purification de la fortune est la générosité

  • L’eau de purification de l’amour est la confiance

  • L’eau de purification du savoir est la sagesse, la patience et l’humilité

Pour traduire l’importance de la femme dans la pérennisation et la sauvegarde des valeurs sociétales, il cite cinq grandes valeurs attribuées à la femme :

  • La femme est gardienne des valeurs sociétales,

  • La femme est l’affermissement des liens parentaux

  • La femme est le symbole de l’exemplarité

  • La femme est l’instinct de sacrifice pour sa communauté

  • La femme est le symbole de l’honneur

Le conférencier a cité beaucoup d’exemples de femmes qui se sont sacrifiées pour la sauvegarde de l’indépendance nationale, le respect de soi et des siens.

Certaines ont même crée des sectes. Dans la cosmogonie bamanan, la femme représente les côtes reliant le dos (passé) à la poitrine (le futur). Donc, elle est le vrai ciment de la société.

Le Dr. SIMAGA a conclu son intervention en citant un proverbe bamanan qui dit: «La barbe fait sienne le matin ce que la tresse a décidé la nuit», dont la signification est l’emprise de la femme sur l’homme. En effet, la main qui pousse le berceau dirige le Monde.

Les débats ont porté essentiellement sur des contributions qui se résument en quatre points essentiels :

 La reproduction comme valeur incarnée par la femme

L’une des fonctions principales qu’assure la femme est celle de la reproduction. Une nécessité en termes de pérennisation de la société elle-même avant celle de pérennisation de ses valeurs

 Le pouvoir de la femme et son bon usage

On donne souvent à la femme des sobriquets tels que: «gouvernement», «décideurs officieux», «Ministre de l’intérieur»

 La quête d’une modernité en rupture avec nos valeurs sociétales

L’Afrique reste influencée par les modes de régulation sociale «source de production des lois, détenteur de légitimité, etc.» et les mécanismes de production et de gestion de biens communs importés. Nos sociétés n’étaient pas des regroupements sauvages. Elles se sont donné des repères, des principes de fonctionnement définissant clairement le rôle et la place de chaque individu dans ses rapports avec la collectivité. Malheureusement dans sa rencontre avec les sociétés dites modernes ou de l’universelle «colonisation, démocratisation, promotion des droits humaines, NTIC, etc.), les sociétés africaines ont perdu leurs repères et abandonnent progressivement leurs valeurs pour se complaire dans des complexes divers.

 La nécessité de repenser notre société

Il y a un décalage entre les dynamiques institutionnelles et les dynamiques socioculturelles. Pour y remédier, trois propositions ont été faites:

  • Les africains doivent sortir de leur complexe et prendre en compte leur valeur

  • La femme africaine doit assumer son rôle

  • Le mariage africain doit rester un repère.

L’après midi fut consacré à la restitution des travaux d’atelier des deux groupes thématiques formés le 1er jour et à celle des groupes formés par pays pour répondre aux questions relatives à la mise en œuvre aux résolutions 1325 des Nations Unies.

Les résultats des travaux de ces ateliers seront annexés au rapport.

 

 

 

LA QUATRIEME JOURNEE DES TRAVAUX

(15 DECEMBRE 2006),

a commencé par l’amendement et l’adoption du rapport de la veille et la désignation du rapporteur du jour:

Rapporteur du jour: Mme TOURE Fanta TOURE Mali.

La parole fut ensuite donnée à Albert Ouedraogo pour présenter «les travaux de la recherche du pôle II sur l’oralité». Monsieur Ouédraogo dans son introduction a souligné que dans nos sociétés traditionnelles, l’oralité est la substance qui est le vecteur de la transmission du message. L’oralité est basée sur le conte, car parmi les textes oraux, le conte est la forme la plus facile et la plus accessible. D’après lui, le conte a été souvent qualifié d’enfantillage. Pourtant des étrangers viennent recueillir nos contes et les transforment en outils pédagogiques dans leurs pays.

Il a continué en insistant sur le fait que la gestion des conflits en Afrique est depuis une quinzaine d’années un enjeu majeur, mais les résultats sont lents.

Le Droit International a montré ses limites et l’Afrique étant considérée comme le berceau de l’humanité a, à travers ses différentes cultures expérimenté des méthodes de gestion de conflits qui ont montré des résultats parmi lesquels : la parenté à plaisanterie (Mali, Ghana, Burkina Faso, Sénégal, Gambie, Guinée etc.) et les contes. La somme de ces expériences gît dans des productions de l’oralité à travers les contes, les proverbes, les mythes, les épopées, les chansons, les devises. L’influence de l’Occident sur notre culture a relayé les textes de l’oralité tels que les contes au second plan, comme des productions puériles et de peu d’importance, pourtant ils revêtent une importance capitale.

C’est pourquoi, l’Alliance des Initiatives pour la Paix en Afrique de l’Ouest a fait le choix de considérer le conte comme le genre devant servir à élaborer des outils méthodologiques pour une éducation à la paix et à la non-violence dont le projet sur: «Oralité et construction de la paix et de la gouvernance». Le but de ce projet est d’aboutir à la constitution d’un corpus de contes portant sur la thématique de la paix de la prévention des conflits et de la bonne gouvernance au Burkina Faso, au Mali et en Côte d’Ivoire. Ce projet comporte trois phases:

1. La production de recueils et analyse des textes oraux (les contes) sur la prévention et la gestion des conflits, qui visent à la production de recueils de textes scientifiques (ouvrages et CD) qui analyseront les contes pour les remettre à la disposition des pays membres de l’alliance.

2. La production de documents pédagogiques (manuels de contes et CD). Il sera confectionné des matériels pédagogiques et didactiques à l’intention des élèves des cycles primaires et secondaires.

3. La diffusion de documents pédagogiques (manuels de contes et CD) qui permettra de diffuser et disséminer les résultats de la recherche (organisation de campagnes d’informations, de conférences publiques en français et langues nationales et de séances de projections vidéos, de contes auprès des populations concernées).

L’intervenant a expliqué aux participants, qu’en plus des contes, il existe des charades dans nos langues nationales qui ont aussi des effets bénéfiques sur l’éducation de nos enfants et des populations.

Il a terminé son exposé en faisant le point de l’évolution des recherches déjà faites. Le travail de collecte, d’analyse et de traitement des contes étant terminé, il reste un deuxième niveau d’activité qui consiste à la conversion des outils pédagogiques en supports pédagogiques pour les mettre à la disposition des enseignants.

Enfin, le troisième niveau qui est la diffusion des textes collectés se fera par CD-ROOM, séminaire et conférence. Il a insisté sur le rôle des NTIC et des multimédias.

Après une pause café, Mme la modératrice donna la parole aux représentants du pôle de recherche I pour présenter les conclusions de leurs travaux sur Aliin Siitoye Jaata.

Monsieur Saliou M’Baye Président de la commission Aliin Siitoye fut le premier à prendre la parole pour livrer le résultat de la mission de recherche qu’il a effectuée avec son équipe au Mali, à Tombouctou du 1er au 17 septembre 1983 sur les traces d’Aliin Siitoye.

Sur instruction du Président Abdou DIOUF, à la demande des habitants de la Casamance, il s’était rendu à Tombouctou avec une équipe pour remonter les traces de cette fille de la Casamance, née à Cabrousse en 1920 qui a été tellement célèbre par ses prises de position politique qu’elle fut arrêtée le 29 janvier 1943. Elle fut exilée à Kayes d’abord, ensuite à Tombouctou comme détenue politique suivant un arrêté du Gouverneur Général de l’AOF en date du 10 mars 1943.

C’est au niveau des archives nationales de Bamako, ensuite de celles du tribunal et du cercle de Tombouctou et enfin à la Mairie de cette ville sur le registre de 1944 que les recherches ont porté leurs fruits. Dans ces archives, à la page de l’année 1944, l’acte de décès d’une certaine Aïssetou DIATTA, détenue politique décédée de scorbut grave était enregistré. Continuant nos recherches et grâce à l’entremise d’El Hadj KOUNTA agent de l’OMS et originaire de Tombouctou en vacance, que la mission rencontra deux personnes clefs, dont un ancien manœuvre du cercle du nom de Gobi qui avait été désigné à l’époque pour mettre en terre Aïssetou DIATTA, et le neveu de la dame qui était chargée de lui faire à manger pendant sa détention. Nous avons donc conclu que Aïssetou DIATTA n’est autre que Aliin Siitoye Jaata, pour la simple raison que ce nom est inconnu dans le patronyme de cette contrée et que c’est Aliin Siitoye qui a été condamnée et déportée à Tombouctou.

La mission ayant atteint son but rentra à Dakar le 17 septembre 1983 et rendit compte au Président DIOUF.

Le Président Abdou DIOUF chargea donc Saliou M’Baye de porter la nouvelle de la mort de Aliin Siitoye à son époux Allu Guëy.

Ce fut ensuite au tour de Mme Odile Tendeng WEIDLER de présenter les résultats de la recherche sur la vie et les œuvres d’Aliin Siitoye Jaata.

Aliin Siitoye est née en 1920 à Cabrousse en Casamance. Son éducation a été assurée par ses oncles maternels à Masoor après la mort de son père.

A 15 ans, comme toutes les villageoises, elle émigre à Ziguinchor, puis à Dakar pour travailler et gagner des sous en tant qu’employée de maison chez des grands cadres politiques. Au fil du temps, elle prie conscience de la situation de détresse où les africains se trouvaient à force d’écouter derrière les portes. Elle eut des visions et entendait des voix internes qui la poussaient à sauver le peuple Casamançais de la misère et de la domination coloniale. Elle comprit tôt que son peuple n’avait aucun avantage à tirer de la culture de l’arachide, mais plutôt le colonisateur. Elle décida de retourner à Cabrousse à la mort de son premier mari pour commencer sa mission. Elle épousa un 2ème mari nommé Allu Guëy.

L’intervenante résuma les œuvres d’Aliin Siitoye en 3 grands programmes:

  • Un programme culturel

Son combat était basé sur l’affirmation de la culture noire. Elle préconisait l’utilisation des langues nationales, le maintien de l’habitat traditionnel noir, le port des costumes vestimentaires locaux, les jeux et loisirs de notre propre culture. Pour elle l’aliénation de la culture Diola était la pire des choses et n’arrêtait pas de dire: «Pour un renouveau culturel africain, il faut un retour aux sources»

  • Un programme social

Basé sur l’union des cœurs et des esprits, la solidarité, la cohésion et la cohérence des actes. Aliin travaillait beaucoup avec les Prêtres et les tradi-praticiens. Elle instaura la semaine Diola et fit creuser des marres de retenue d’eau appelées aujourd’hui les marres d’Aliin Siitoye Jaata.

  • Un programme économique

Elle prôna l’abandon de la culture de l’arachide qui, pour elle ne servait qu’aux blancs économiquement. Les diola devraient plutôt selon elle, renforcer la culture des variétés locales et diversifier les cultures vivrières dont le riz rouge.

Odile continua en disant que le culte d’Aliin Siitoye était bâti sur l’amour, la paix, la réconciliation et le pardon. C’est à 23 ans en pleine force de l’âge qu’elle fut arrêtée, condamnée à 10 ans de réclusion à Kayes (Mali) et finalement déportée à Tombouctou, où elle mourut de scorbut grave le 22 mai 1944.

Mme Odile a terminé son exposé en présentant les deux grandes valeurs défendues par Aliin Siitoye:

  • L’ouverture à l’autre,

  • La citoyenneté

En conclusion, Aliin Siitoye a perdu la vie par ce qu’elle a osé s’interroger sur les actes posés par les autorités administratives coloniales et les raisons de l’introduction de la culture de rente (arachide), de la culture des variétés de riz importés qui sont tributaires de la pluviométrie au détriment de la variété locale, et le recrutement des jeunes pour une guerre qui ne les concernait pas. Elle exhortait son peuple à la révolte par des chansons qui son encore chantées par les diolas pour leurs célébrités afin de rendre leur héroïne immortelle.

Les débats ont porté essentiellement sur les contributions suivantes:

1. Recherche du pôle II sur l’oralité: le conté

  • La conservation des outils pédagogiques doit être soutenue par une réflexion poussée.

  • La problématique de nos traditions: que peut-on faire pour les conserver?

  • La bande dessinée: les participants proposent d’ajouter la bande dessinée aux outils pédagogiques.

  • L’éducation non formelle doit être prise en compte dans la diffusion des outils produits

  • Lancer une bonne campagne de sensibilisation en impliquant les pouvoirs publics est une nécessité.

  • Le rappel des 3 dimensions du conte: la paternité, le temps et l’espace

  • Procéder à une exploitation des charades

  • Recentrer le débat sur le conte comme approche pédagogique

  • Penser au retour du conte dans nos habitudes d’éducation surtout celles des petits. Pour eux, les contes avaient une valeur pédagogique, tandis que ceux destinés aux grands étaient des conseils au Roi.

Enfin, les participants ont insisté sur le faite qu’il n’y a pas de culture traditionnelle sans les contes et les proverbes. Ils ont recommandé fortement aux animateurs du pôle II de présenter les échantillons des outils pédagogiques produits, à la prochaine rencontre au Burkina Faso avant de les multiplier.

2. Recherche du pôle I: Commission Aliin Siitoye

Deux points principaux ont fait l’objet des débats sur cette commission:

  • Qu’est ce que l’Afrique de l’Ouest doit faire pour immortaliser Aliin Siitoye Jaata?

Au Sénégal par exemple, à sa mémoire, on compte le stade de Ziguinchor et la résidence des jeunes filles à la cité Universitaire de Dakar.

Les participants proposent en plus pour l’immortaliser de reconstruire à Tombouctou la maison où elle a été détenue et de matérialiser sa tombe avant la disparition des derniers témoins qui l’on côtoyée.

  • Les pays membres de l’alliance doivent chercher à identifier dans la sous région des femmes qui ont été comme Aliin Siitoye et de les immortaliser, cela s’ajoutera à l’organisation d’une exposition itinérante sur les femmes célèbres de notre sous-région.

LA CINQUIEME JOURNEE DES TRAVAUX

(16 DECEMBRE 2006),

Elle a commencé par l’amendement et l’adoption du rapport de la veille.

La modératrice a ensuite donné la parole à Mme Odile Tendeng responsable de l’Institut Gorée pour présenter le plan d’action des activités de 2007 de l’alliance.

Après la présentation du plan d’action, l’intervenante a insisté sur les difficultés de trésorerie pour financer le plan. D’un budget annoncé de 1 million d’euro, l’Institut n’a reçu que 313 000 euros sur lesquels 83000 euros ont été déjà dépensés. La rencontre de Bamako, le séminaire de Kankan et les salaires du personnel n’ont pas encore été pris en compte. Elle a demandé aux participants de faire un choix d’activités à mener avec la somme restante.

Les débats ont porté sur l’incapacité pour les participants de faire un choix d’activités pertinentes, le plan d’action n’étant pas sous-tendu par un budget clair et net.

Les recommandations de la rencontre ont été de responsabiliser l’Institut Gorée et la consultante Odile pour :

  • Elaborer le budget d’exécution du plan,

  • Rechercher les financements auprès des bailleurs de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de la BAD, de l’Union Européenne, de la RFA et des pays intéressés par le projet,

  • Programmer une rencontre en Guinée Bissau

  • Identifier parmi les membres de l’alliance les personnes susceptibles d’aider à la recherche de financement

CONCLUSION

Les travaux de la Rencontre II de Bamako sur Genre, Paix et Sécurité ont pris fin le 16 décembre 2006 par deux visites de courtoisie, rendues aux notabilités et responsables religieux de la ville, des recommandations et des motions de remerciements aux autorités du Mali.

Le clou de la rencontre a été une soirée récréative organisée dans la nuit du 16 décembre par le Dr. SIMAGA promoteur de l’hôtel Colibri, où les participants ont logé.

 

La Rencontre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RENCONTRE REGIONALE II

SUR GENRE, PAIX, SECURITE TENUE A BAMAKO

DU 12 AU 16 DECEMBRE 2006

RAPPORT DES JOURNEES DU 12

 

RAPPORT DES JOURNEES DU 13

 

RAPPORT DES JOURNEES DU 14

 

RAPPORT DES JOURNEES DU 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre Régionale II de Bamako sur le genre, la paix et la sécurité

Rapport jour I

 

Les travaux la rencontre régionale II de Bamako sur le genre, la paix et la sécurité organisée par l’Alliance des Initiatives pour la Paix et la Stabilité en Afrique de l’Ouest, Gorée Institut et la Fédération des Réseaux des Femmes Africaines pour la Paix (FERFAP), se sont ouverts ce mardi 12 décembre au cercle Mess des officiers de Bamako. Outre les délégués de Bamako, Gao, Tombouctou, Kidal et Sikasso ; cette rencontre a enregistré la présence des distingués hôtes venant du Burkina Faso, de la Cote d’Ivoire, de la Guinée, de la Guinée Bissau et du Sénégal.

Quatre temps forts ont marqué la cérémonie d’ouverture placée sous la Présidence de Madame le Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille représentée par son Secrétaire Général Monsieur Youssouf Sangaré.

 Le mot de bienvenue de la présidente de la FERFAP Docteur Mariam Djibrilla Maiga

 Le mot de remerciement de la Coordination de l’Alliance des Initiatives pour la Paix et la Sécurité en Afrique de l’Ouest Madame Odile.

 L’Intervention du Secrétaire Général du Ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, Monsieur XXX

 Le Discours d’Ouverture du Secrétaire General du Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

Apres la suspension les travaux ont repris avec la mise en place du bureau de la rencontre avec comme modératrice madame Diarra Afsetou Thierro magistrat et ancienne ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et comme rapporteur Madame Adiawiakoye Ramatou Koné.

Se sont suivies ensuite, les présentations des participations et l’adoption du programme du jour.

Le premier exposé animé par le Docteur Zeini Moulaye a porté sur la prolifération des Armes légères et de petits calibres.

Le conférencier a structuré son expose en trois séquences.

1. La problématique de prolifération des armes légères et de petits calibres

2. les enjeux nationaux et internationaux

3. les stratégies de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres

Dans son introduction, le conférencier a rappelé que la défense et la sécurité relèvent du domaine régalien des Etats. En dehors des corps de métiers, l’usage des armes était exceptionnel. Les mouvements de libération ont rompu cet état de fait et le rôle de l’Etat s’est transporté vers les individus.

La rupture des équilibres, la dislocation du bloc soviétique et les mouvements de libérations ont entraîné l’armement des groupes d’individus, la militarisation de la société civile avec comme corollaire la recrudescence du banditisme et du terrorisme.

La perte du monopole par les Etats du port et de l’usage des armes entraîne la prolifération de ces armes.

De la problématique:

 Le problème de la prolifération des armes légères a atteint une proportion inquiétante car au delà des armes légères, il touche les armes de guerre et la circulation illicite de ces armes.

 On distingue deux catégories d’armes : les armes de guerre et les autres armes. les détenteurs d’armes sont les vecteurs de la circulation et parfois acteurs du banditisme et de la criminalité organisée.

Etendu du problème: en 2004 selon les statistiques

• 640 millions d’armes légères en circulation illicite dans le monde

• 30 millions en Afrique et 8 millions en Afrique de l’Ouest

Cela s’explique par la course effrénée à l’armement des grandes puissances qui après l’effondrement du bloc soviétique se sont retrouvés avec des armes qu’ils ont déversées à travers le monde et en Afrique en particulier. Ces armes ont alimenté plus 150 conflits dont 9 /10 en Afrique.

D’où viennent ces armes?

De l’occident; les EU, la Grande Bretagne; la France; l’Italie, l’Espagne; la Russie; de l’intérieur avec la fabrication locale d’armes par les artisans, la réplique étant parfois plus sophistiquée

Quelles sont les causes?

Elles sont exogènes et endogènes:

• Exogènes: l’effondrement du bloc soviétique et la libéralisation des transferts internationaux d’armes

• Endogènes: la dimension socioculturelle, le plaisir de porter une arme donne un sentiment de domination; est signe de respect; de notoriété, signe de richesse; à cela s’ajoute le déficit ou le manque de contrôle de nos administrations ; l’existence où la non adaptation de la législation

Quelles conséquences?

  • L’accroissement de la violence;

  • L’exacerbation des situations conflictuelles;

  • Le prolongement des conflits encourageant la culture de la violence et le défi à l’autorité de l’Etat;

  • L’affectation de l’Etat dans sa fonction régalienne;

  • L’ anéantissement des efforts de développement politique et économique,

  • L’intensification des conflits armées

A la fin de cette première partie de l’exposé; plusieurs questions et contributions ont été posées. Elles tournent autour de:

 Rôle delà société civile dans cette lutte contre la prolifération des armes

 La dimension genre

 Les causes endogènes transversales de la prolifération des armes

 Le recadrage du système éducatif et l’utilisation des jeunes pour qu’ils ne continuent pas de servir les pires causes

 Le contrôle du port des armes

 La mystique du fusil

 L’expérience du PCASED

 Les mines antipersonnelles

A toutes ces questions, le conférencier appuyé par certains participants, a donné des réponses claires et satisfaisantes.

La deuxième partie de l’exposé a concerné les enjeux et les stratégies de lutte

Des enjeux et des stratégies de lutte

1 Des enjeux : pour le conférencier la prolifération des armes légères et petits calibres constituent un enjeu majeur. 50 à 60 pourcent du temps du conseil de sécurité des Nations Unies ont été consacrés aux conflits en Afrique tant la paix et la sécurité ont été menacées

Ainsi, en juillet 2001 Koffi Annan à la première conférence sur le commerce illicite des armes légères a qualifié les armes légères de véritables armes de destruction massive.

Aussi dira le conférencier, le phénomène en Afrique représente un triple enjeux : Paix et Sécurité, Démocratisation et Développement durables.

2 Des politiques et stratégies de lutte: pour le conférencier il n’existe pas de solutions miracles.

Il faut :

  • se battre sur plusieurs fronts: le désarmement, le maintien de la consolidation de la Paix, la lutte contre la criminalité organisée, la responsabilisation des Etats producteurs et des Etats utilisateurs.

  • faire appel à des stratégies reposant sur une synergie d’actions politiques, sociale et culturelles au niveau national; régional et mondial

  • développer une dynamique relationnelle Etat –Sécurité

Pour cela on peut distinguer quatre niveaux de mécanismes :

National, sous régional, régional et mondial.

Des mécanismes au niveau sous régional CEDEAO on peut retenir que le moratoire malgré son importance n’était qu’une déclaration politique d’intention, c’est pourquoi il lui a été adjoint le PCASED qui est un programme d’action relativement efficace et un code de conduite.

Il existe également des organes de régulation et de contrôle

  • au plan institutionnel

  • au plan administratif

  • au plan communicationnel

Quels sont les différents acteurs?

Les Etats, les organisations de la société civile et les organisations internationales. C’est le concours de tous ces acteurs qui permettent d’aboutir à des résultats probants. Le conférencier notera que la société civile n’est pas souvent associée pour conclure que la sécurité est un préalable au développement socioéconomique. Pour lever le défi majeur pour l’Afrique, si nous voulons aller de l’avant dans ce que nous entreprenons , nous devons développer à court moyen et long termes des stratégies de politique sécuritaire et de lutte contre la prolifération des armes légères basées sur quatre dimensions.

 Le développement des ressources humaines

 La culture de la paix

 Le micro désarmement avec une dynamique relationnelle entre la sécurité et le développement

 Le développement durable pour la prise en compte des générations futures

La convention de la CEDEAO est un tour décisif dans la lutte contre la prolifération des armes légères qui s’inscrit dans la promotion de la sécurité humaine

Les questions de débats ont portées sur:

 Le point sur les données statistiques

 La problématique des armes retirées aux populations et l’insécurité de ces dernières

 La bonne gouvernance comme enjeu

 La politique actuelle des institutions internationales par rapport à l’aggravation de la sécurité en Afrique

 Le manque de volonté politique des dirigeants africains

 Les mécanismes de contrôle; la démission de L’Etat face aux problèmes de sécurité

 L’insuffisance de moyens pour lutter contre la prolifération des armes légères;

Comme contributions:

 Privilégié une approche culturelle de la paix (culture de la paix)

 éduquer les enfants dans la paix pour éviter la violence

 Utiliser les valeurs sociétales pour cultiver la paix

Le dernier thème abordé par le conférencier est:

Femme et Sécurité:

A ce niveau le conférencier à rappeler le rôle que pourraient jouer les femmes dans la sécurité, entre autre:

 La participation à la mise en place des commissions de récupération des armes et de lutte contre la prolifération des armes légères

 L’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de sensibilisations visant à l’appropriation par la société civile des mécanismes et politiques nationales de sécurité

 La conception d’outils de sensibilisation pour mobiliser les communautés locales, leaders ; religieux, femmes, jeunes, chefs traditionnels en faveur de la mise en œuvre de la nouvelle gouvernance de la sécurité

 La promotion de la culture de la paix et les droits humains

 L’animation de campagnes IEC sur les initiatives de paix et de sécurité

 La consolidation et élargissement des relations des organisations de la société civile avec les ONGs et autres associations oeuvrant pour la paix et la sécurité

La journée s’est terminée par la désignation de groupes de réflexion sur les grandes questions :

1. Actions à mener au niveau des frontières

2 .Comment sensibiliser, responsabiliser les décideurs et les fabricants

Par (Etienne Sambou, Pierre Lucien Coly, madame Camara Minata Camara, madame Touré Binta Mbodj)

3. Quel cadrage pour l’éducation de nos enfants ?

  • La famille?

  • les droits humains? (Université)

  • Education civique? ( Enfants)

Par (Bakary Camara, Maurice Gomis, Marguerette Coly, Marie Claire Diata)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PROCE VERBAL DE LA JOURNEE DU 13 DECEMBRE 2006

Réaménagement du programme de présentation des travaux de groupe.

Lecture et adoption du procès verbal de la journée du 12 Décembre 2206.

Présentation des membres de la délégation du Burkina-faso suivie de celle de tout le groupe

La parole fut après donnée à dr. Mariam Djibrilla MAÏGA qui devait nous entretenir sur la Résolution 1325(2000) des Nations Unies portant sur l’implication des femmes dans le processus de gestion des conflits.

PRESENTATION DE Dr MAIGA

Avent d’entrer dans le vif du sujet le docteur MAIGA a tenu à faire un rappel portant sur les notions ou concepts de sexe et de sexo-specificité.

La notion de sexo-spécificité

Est relative à la condition ou aux attributions sociales par rapport au sexe. Elle est autrement dit liée à la situation sociologique des sexes.

La notion de sexe quant à elle

Est relative aux aspects plutôt biologiques, aux différences biologiques qui existent entre l’homme et la femme.

Ce rappel est important car la prise en compte de ces éléments dans l’analyse des situations ou conflits permet leur meilleure.

En effet quand on parle de genre il faut le comprendre dans le sens de la sexo-specificite qui n’est pas une approche excluant le masculin de l’action du féminin mais bien au contraire une approche intégrant dans la complémentarité les deux sexes.

Dans le cadre du maintien de la paix par exemple, la sexo-specificite porte sur les domaines du respect des droits humain des uns et des autres, du désarmement, de la médiation et des actions de développement

Le code de conduite de l’ONU mentionne le respect des droits de la personne et de son intégrité (viol, etc.)

L’analyse sexo-specifique permet de comprendre que les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes besoins, la même sensibilité et par conséquent l’approche doit être spécifique chez chacun

Sen effet si déjà entre homme de même sexe les réactions sont différente selon plusieurs facteurs (milieu et conditions de vie, histoire personnelle etc.) encore plus entre l’homme et la femme qui sont différents de nature biologico-psychologique.

 

LA RESOLUTION 1325

C’est après tout ce préambule que Dr. Maïga entra dans l’explication de la convention 1325 qui invite à la prise en conscience de l’égalité des sexes et à faire participer les femmes dans prévention et la résolution des conflits en somme dans tous le processus de gestion des conflits.

Mais comme la convention n’est pas née ex nihilo, elle nous a situé dans le contexte dont la convention peut être considérée comme un aboutissement: c’est dire montrer tout le processus dont la résolution 1325 est une suite logique.

La déclaration 3318 du 14/12/74 de l’assemblée générale portant sur la protection des femmes et des enfants en période d’urgence et de conflit armé ;

La résolution 3519 du 15 décembre 75 portant sur la participation des femmes au renforcement de la paix et de la sécurité ;

La convention des Nations Unies du 18 décembre 1979 sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes ;

La déclaration 37/63 de décembre 82 de l’AG des Nations Unies sur la participation des femmes aux actions en faveur de la paix et de la coopération internationale;

La déclaration du Programme d’action de Vienne du 25 juin 93 résultant de la conférence mondiale sur les droits de l’homme ;

La déclaration des Nations unies sur l’élimination de la violence sur les femmes du 20 décembre 93 ;

La déclaration 3318 de l’AG des Nations Unies ;

La déclaration et la plate forme d’action de Beijing résultant de la quatrième conférence des Nations Unies sur les femmes tenue du 04 au 15 septembre 95;

La résolution du conseil européen sur l’égalité des sexes dans la coopération au développement;

La résolution 1265 du 17 septembre 99; la déclaration de Windhoek du 31 Mai 2000 etc.

Toutefois ces déclarations et conventions n’ont malheureusement pas eu autant de force que la résolution 1325 qui peut être vu comme la synthèse de tout ce qui s’est fait jusque là.

Cette dernière exhorte à prendre des mesures concrètes pour l’implication des femmes dans les opérations de maintien de la paix.

Il a été ressorti le lien entre la résolution 1325 et la problématique des armes légères en précisant que les femmes doivent être impliquées dans la collecte des armes légères et leur destruction.

Il a été souligné une prolifération des armes légères au niveau des écoles qui nécessiterait une attention particulière par exemple l’élaboration d’un module de formation au niveau scolaire et aussi informel.

Le rôle de proximité de la femme doit être exploité à tous les niveaux de la vie sociale

Par exemple dans l’humanitaire la femme ne doit pas toujours être considérée comme bénéficiaire mais elle peut et doit aussi être prise comme actrice parce qu’elle en a des capacités; il en est de même dans la gestion du stresse où elle peut agir grâce à son expérience maternelle c’est-à-dire de la maternité qui leur donne une certaine empathie.

Par ailleurs l’implication des femmes dans les différents corps de nos services de sécurité pourrait être une force dans la prévention des conflits.

Pour illustrer la capacité organisationnelle des femmes Dr. Maïga a parcouru toutes les initiatives de coordination, de réseautique et d’élaboration de stratégie collective.

 

Toutefois malgré les efforts couronnes par la convention1325, il existe encore des obstacles:

La non visibilité des actions des organisations féminines (recensement, plan d’action, coordination, vulgarisation des résultats des actions des femmes, etc.)

La faible vulgarisation et application de la résolution 1325

(Par exemple des conseillers genre sont mis en place dans certains pays mais sans moyens pour leur action d’où un manque de visibilité, mais aussi il faudrait redéfinir leur mission)

La présence d’armes dans les familles étant un danger latent, les femmes ont un rôle à jouer car si les armes ont une finalité d’autoprotection elles peuvent aussi être des instruments d’exercice de la violence et l’implication des femmes à ce niveau peut aider à gérer le problème de la prolifération des armes légères.

La démocratie peut aussi porter atteinte à la légitimité des pouvoirs traditionnels et certains violent des réglementations traditionnel parce que assurés d’un soutien au niveau des responsables politiques ou administratifs ou militaires. Comment réagir donc contre ces disfonctionnements et aussi contres les injustices sociales qui mettent parfois de bonnes gens innocentes dans des situations difficiles.

L’implication des femmes peut aider à lutter contre la complicité, pour diverses raisons, de certaines familles qui par leur attitude pourrait contribuer à la prolifération des armes légères.

DEBAT

Le contact de l’Afrique avec les armes légères

Le XVe sicle par les marocains

Le XVIIe siècle l’arrivée des Européens avec l’esclavage

La période actuelle a été l’effet de la mauvaise gouvernance la politique devient un moyen d’enrichissement la lutte pour le pouvoir, la corruption, les détournements de deniers publiques

 

Constat a été fait de l’absence des femmes qui sont victimes dans les différentes phases des conflits comme actrice.

Si l’on fait de la femme un militaire si l’on remet à la femme un pouvoir il y aurait-il moins de violence et de guerre que maintenant

La femme que je vois est celle qui est soucieuse du bien-être de tous mais l’on constate que les hommes qui n’ont pas les pouvoir ont les mêmes préoccupations que la femme mais quand il a le pouvoir il change; la femme est –elle à l’abri de ce changement?

La démocratie et l’éducation semblent être les cibles qu’il faut actionner pour éviter la violence sociale. Le développement est certes vecteur de paix mais le plus important c’est la répartition des biens de la terre et à ce sujet le Pape Jean XXIII disait qu’il y en a assez pour tout le monde sur la terre mais c’est l’égoïsme qui ne permet pas le partage. La démocratie représentative n’est pas la seule voie de résolution des conflits alors faut-il réfléchir à un nouveau type de société.

La femme comme un partenaire important dans la gestion des conflits

Partage de l’expérience du Sénégal dans la gestion du conflit casamançais et appel à la mobilisation des femmes. Le cas de l’implication des femmes en Guinée-Bissau dans la lutte pour l’indépendance et de leur exclusion de la gestion des choses publiques.

Pour mieux gérer les conflits il faut mettre l’accent sur l’interculturel qui montre que la différence est une richesse et non un obstacle.

Si la femme est actrice de paix il ne faut pas perdre de vu que cette même femme peut aussi être coresponsable de la mauvaise marche du monde et donc des conflits que nous vivons.

Le chemin de la paix est de faire le lien entre la problématique des armes et l’éducation des enfants et des jeunes (la non-violence) en plus de prendre en charge toutes les questions de justice et d’équité

Comment les femmes peuvent prendre en charge la résolution 1325? Elles pourraient lutter pour l’interdiction aux citoyens par les pouvoirs compétents de permis de porte ou possession d’armes pendant un moment donné (5 ans par exemple) pour diminuer le phénomène de la prolifération des armes légères

Mention a été faite du phénomène de l’immigration clandestine pour montrer l’injustice et le marasme social.

Proposition a été faite d’engager au niveau de l’Alliance un processus d’élaboration d’un code de conduite pour tous les intervenants dans les conflits surtout les militaires les membres des ONG et pourquoi pas les autres même s’ils sont difficile de contact parfois.

Un appel a été lance aux ONG d’avoir une attention aux réfugiés surtout quand les structures Onusienne ad hoc se désengagent.

Beaucoup de conventions sont ratifiées mais leur application laisse à désirer Les institutions du mali tiennent –elles compte de cette institution dans leurs lois propres ou constitution

Quelles action à mener pour intégrer les femmes dans les missions de maintien et consolidation de la paix quand leur niveau intellectuel, leur manque de formation militaire, etc.?

Rappel et insistance sur le fait que le genre c’est l’homme et la femme et que la non considération d’un élément serait problématique et source d’autres problèmes sociaux.

L’implication des religions ou des religieux dans la gestion des conflits car en plus de leur capacité d’éduquer à l’amour et à la charité et à la justice ils possèdent aussi une capacité de mobilisation sociale et une opinion forte dans la société.

 

TRAVAUX DE GROUPE

  • Accroître l’implication des femmes dans tous les processus des conflits : évaluation de ce qui se fait dans nos pays.

  • Stratégies communautaires de lutte contre la détention des armes légères dans les familles ?

RENCONTRE REGIONALE II SUR GENRE, PAIX, SECURITE TENUE A BAMAKO DU 12 AU 16 DECEMBRE 2006

JOURNEE DU 14 DECEMBRE 2006

THEME III: «Le rôle des femmes dans la mobilisation et la préservation des valeurs sociétales pour la promotion de la paix».

Rapporteur: Ouédraogo Boureima Burkina Faso

 

Le programme de la journée du jeudi 14 décembre 2006 qui a débuté par la lecture et amendement du rapport de la veille, s’est déroulé en trois temps forts:

1. Communication de Dr SIMAGA suivie des débats

2. Restitution des deux groupes thématiques de travaux constitués le premier jour

3. Restitution des travaux de groupes par Pays sur l’état de mise en œuvre de la R 1325.

 

Temps 1: La communication de Dr Mamandou Fanta SIMAGA sur «le Rôle des femmes dans la mobilisation et la préservation des valeurs sociétales pour la promotion de la paix».

Avant tout propos, le communicateur a tenu à exprimer sa reconnaissance qui lui est faite de prendre la parole à cette tribune. Pharmacien de son état, il dit avoir fait recours aux travaux de spécialistes de la question notamment des historiens, des anthropologues, etc.

Il a introduit son propos par l’importance de la parole qui selon le sage «est un fruit dont l’écorce est bavardage amical, la chair, le dialogue fécondant et le noyau, le bon sens».

De son point de vue, la réflexion sur une telle thématique pourrait relever entre autres d’un besoin de besoin d’affirmation et de reconnaissance des femmes pour les rôles joués ou incarnées par leurs illustres devancières dans la défense et la préservation de valeurs de probité, d’intégrité, de loyauté, bref de capacité de portage de dynamiques ou d’initiatives diverses.

Il a ensuite rappelé que dans le contexte de mutations sociopolitiques et économiques actuelles marquées par la globalisation et une « implacable trilogie (drogues, criminalité, prostitution mafieuse) et le déclin voire la disparition de toutes les valeurs sociétales et morales avec une perte réelle des repères) » , il est impérieux de réfléchir sur les socles qui permettent à tout groupement humain de penser son être au monde : la culture. La culture est donc le soubassement de toutes les civilisations.

Toutefois et citant le Togolais Agbobli, il relève que qu’au contact du nord le sud est soumis à une civilisation du spectacle: culture du plaisir et des loisirs, politique du moindre effort et de la distraction avec le déferlements des activités sportives, musicales et chorégraphiques.

Face donc a cette déferlante de perte de valeurs et de repères, les sociétés africaines ne peuvent retrouver leur lustre qu’en redevenant juste avec les femmes (qui représentent plus de la moitié de la population) en leur reconnaissant l’importance et la place qui leur reviennent c’est-à-dire «lumière et force de la famille».

Pour montrer le rôle prépondérant de la femme dans les sociétés africaines, il cite Léopold Sédar Senghor pour qui «notre commune civilisation est celle de la femme, de la Kola, du cheval et du fusil».

La femme est le berceau et la gardienne du foyer. Et le foyer traduit un symbolique de construction ou de consolidation du lien social. Les trois pierres constituant le foyer représentent chacune un symbole: la première symbolise les rapports dans le couple, la deuxième la porte de la concession et la dernière représente le raffermissement des liens entre les membres de la grande famille du mari.

C’est pourquoi, soutient le conférencier, il rattaché à la femme la symbolique de la Kola. Dans les pays de la savane, la Kola est exigence dans la demande en mariage. Elle traduit la diversité dans laquelle la future épouse est appelée à vivre. Elle traduit aussi l’importance d’entretenir et de raffermir les liens sociaux.

Les sociétés africaines sont caractérisées, de l’avis de Dr SIMAGA par deux valeurs essentielles : la dignité (Dambé) et l’honneur (Maloya).

A ces valeurs peuvent être rattachés quatre principes directeurs:

  • le pouvoir dont l’eau de purification est la justice et l’honnêteté

  • le savoir avec l’humilité, la sagesse et la patience comme eau de purification

  • la fortune dont la générosité est l’eau purificatrice

  • l’amour et l’amitié dont la confiance constituent l’eau de purification

Pour traduire toute l’importance de la femme dans la pérennisation et la sauvegarde des valeurs sociétale, il cite quatre valeurs essentielles qui caractérisent les sociétés africaines dont la femme en est le symbole où l’incarnation :

  • la femme en tant que gardienne du foyer (vecteur de raffermissement des liens parentaux)

  • la femme comme symbole d’exemplarité

  • l’instinct de sacrifice pour sa communauté

  • enfin la femme comme symbole de l’honneur (respect de soi et des siens, sauvegarde de l’indépendance).

Pour étayer son propos, il remonte l’histoire africaine en citant des exemples de femmes dont le rôle dans l’histoire de leur communauté reste aujourd’hui encore inconnu.

Ce sont:

– la Mère de Sékou Amadou: fondateur de Ségou, l’Empire Peul du Macina

– Adamaisse, mère d’El Hadj Oumar TALL

– l’épouse Sika chef Ziboua Diamoutènè du village de Sougo-Kaan qui a donné son nom à leur localité qui devint Sika-Kasso ….Sikasso

– Mère de Soundjata qui a sacrifié sa vue pour son fils

– la reine Pokou qui a sacrifié son fils pour le bonheur de son peuple

– La mère de Senghor (Guilane Diouf) qui bravé des intempéries de toutes sortes par respect pour son mari

– La kahena qui au 17è siècle défendit la berberie contre les arabes et mourut les armes à la main dans sa retraite

– Yennega, grande amazone de Gamaga dont le fils Ouedraogo a fondé, au 10è siècle, l’empire Mossi

– Amina de Zaria 16è siècle, régna 34 ans sur les villes de Katsena et Kano au Nigeria

– Anne Zingha: (de Matamba), Luanda au 17è siècle imposa le respect de son pays dans ses négociations avec les portuguais (1623-1663) , 82 ans…40 ans de règne et a réussi à imposer le principe d’une double responsabilité homme / femmes dans les chefferies.

– La Duchesse d’Abrantés qui préferait la mort à l’esclavage

– Chimpa Vita : (Dôna Béatrice) mit fin à la guerre civile, créa une secte jugée hérétique et fut brûlée vive par les missionnaires le 02 /7/1706 à l‘âge de 22 ans.

– Les femmes Walo-Walo: du village de Nder au Sénégal qui, en l’absence de leurs époux, tinrent tête à l’armée du chef Maure Trarza Amar Ould Moctar. Décidèrent de mourir «en femmes libres au lieu de vivre en esclaves et que la fumée de nos cendres accueille les maures à leur retour».

– La reine Romavo de Madagascar battit en Mai 1845 une coalition de frégats britanniques et françaises et durant 8 ans empêcha les européens d’occuper son île

– Etc.

Il convient de préciser que selon le conférencier, c’est surtout en tant que mère que la femme occupe une place importante de préservation des valeurs sociétales et dans la vie de la communauté. Les exemples ci-dessous cité révèlent le rôle joué par les femmes dans les relativement aux quatre valeurs ou symbole sus-citées mais aussi dans la religion notamment Chimpa Vita.

 

Pour conclure son propos, Dr SIMAGA souligne cite un proverbe bamana qui affirme que «ce que les tresses décident la nuit, la barbe l’exécute le matin». Cette conclusion montre que les femmes ont déjà le pouvoir mais qu’il faut savoir l’utiliser pour renforcer la cohésion et l’entente dans la famille et dans la communauté.

Des débats

Au terme de cette communication, les débats ont essentiellement porté sur des contributions.

Ces différentes contributions peuvent se résumer en quatre points essentiels : la reproduction comme valeur incarnée par la femme, le pouvoir de la femme et de son bon usage, la quête d’une modernité en rupture avec nos valeurs sociétale, et enfin la nécessité de repenser notre société.

Pour ce qui concerne la question de la reproduction, il a été relevé que l’une des fonctions principales qu’assure la femme est celle de la reproduction. C’est une nécessité en termes de pérennisation de la société elle-même avant la pérennisation de ses valeurs.

Quant au pouvoir de la femme, de nombreuses anecdotes ont été racontées pour témoigner l’importance accordée à la femme dans la vie de tous les jours. Ainsi lui donne-t-on le statut ou le sobriquet de gouvernement, de décideur officieux, etc.

S’agissant de la quête d’une modernité en rupture avec nos valeurs sociétales, il est ressorti des débats que l’Afrique reste influencés les modes de régulation sociale (telles que les sources de production des lois, les détenteurs de légitimités, etc.) et des mécanismes de production et de gestion du bien commun importés. Nos sociétés n’étaient pas des regroupements sauvages sans règles ni mécanismes de régulation sociale. Elles ont su se donner des repères, des principes de fonctionnement définissant clairement le rôle et la place de chaque individu dans ses rapports à la collectivité. Malheureusement dans sa rencontre avec les civilisations dites modernes ou de l’universel (colonisation, démocratisation, promotion des droits humains et de la femme, nouvelles technologie de l’information et de la communication, etc.), les sociétés africaines ont perdu leurs repères semblent abandonner progressivement leurs valeurs et se complaisent dans des complexes divers. L’on pourrait se résumer en paraphrasant le Pr. Ki-Zerbo, que les sociétés africaines ont abandonné leurs nattes pour celles des autres avec le risque de perdre leur identité, leur culture. Or sans identité et sans culture et toujours selon le Pr Ki-Zerbo nous devenons comme des ustensiles, malléables et corvéables à souhait, sans capacité de création et de propositions.

Face à cette situation marquée par un décalage entre les dynamiques institutionnelles et les dynamiques socioculturelles, des propositions ont été faites dans le sens de repenser le fonctionnement de nos sociétés en se fondant sur nos réalités, nos potentialités et nos valeurs. Les Africains doivent sortir de leur complexe pour prendre en compte les valeurs qui sont leurs dans leurs aspirations à plus de transparence, plus de justice et plus d’espaces d’initiative et de mobilité.

Pour terminer, l’on peut retenir avec les participants que, même si vue de l’extérieur l’Afrique paraît présenter tous les signes de brimades à l’égard des femmes, il existe des valeurs positives qui associées aux apports des autres civilisations sont porteuses de dynamiques prometteuses. L’essentiel est de savoir négocier notre accès à la modernité, une modernité qui ne soit pas asservissante ni avilissante donc porteuse de paix et de stabilité sociale.

Ces débats ont fort enrichissants ont marqué la fin du temps 1.

Temps 2

Le deuxième temps était donc consacré à la restitution des travaux des deux groupes thématiques formés le premier jour.

Le premier groupe a travaillé sur les actions à mener au niveau des frontières et le second groupe sur le thème de l’éducation de nos enfants.

 

 

Actions à mener au niveau des frontières.

La restitution des travaux de ce groupe a été faite par Etienne Sambou. Le groupe a retenues deux grandes lignes d’actions : les activités permanente et continues et celles ponctuelles ou à caractère évènementiel.

1. Activités constantes

  • sensibilisation et formation à la culture de la non violence et la citoyenneté

  • Former et installer des comités pour la promotion de la paix de la non violence

  • Production de support d’animation

  • Valorisation des radios locales

  • Produire un bulletin d’alerte précoce

  • Session d’animation dans les écoles

2. Activités ponctuelles

  • organiser des activités culturelles, sportives, ludiques,

  • Sélectionner des acteurs spécifiques, des détenteurs de légitimités (autorités locales, religieux, coutumiers, populations

  • Témoignages des victimes de violences, prioritairement les femmes, les passagers, les jeunes

  • Prendre en compte l’ensemble des acteurs dans des campagnes, des actions de veille contre la circulation des armes légères.

  • Vulgarisation des conventions, des traités sur les armes au niveau international

  • Enseigner les principes et valeurs de la non violence avec les jeunes et les femmes comme cible

Pour ce qui est du 2ème groupe, la restitution des travaux a été faite par Maurice Gomis. Les principales actions préconisées sont de plusieurs ordres et intègrent différents espaces et acteur de la socialisation l’enfant. Les grandes lignes de ces propositions sont :

  • Education civique dans la famille

  • Education par la radio

  • Education civique á la télévision

  • Education civique á travers les supports visuels : ( Presse écrite, affiches, panneaux publics, dépliants, BD, livret, tee-shirt

  • Education civique par la chanson et les contes

  • Education civique á l’école

  • Education civique auprès des leaders d’opinion

  • Education civique de proximité

  • Education civique a l Université

Des débats sur ces travaux on peut retenir entre autres remarques et contributions :

  • l’absence de priorité dans le listing des actions,

  • le renforcement de la collaboration entre les structures frontalières

  • la prise en compte des marchés au niveau des frontières

  • Des doutes sur la faisabilité du fait des multiples cristallisations qu niveau des frontières.

  • La réflexion pour l’élaboration d’un moratoire recommandant l’arrêt momentané sur la circulation des armes légères dans l’espace CEDEAO.

  • la lutte contre la corruption dans les espaces frontaliers

  • l’absence de force de sécurité dans parmi les participants

  • la prise en compte du concept des pays frontières.

  • Etc.

Temps 3

Enfin le temps trois a vu la restitution des travaux de groupes par pays sur la base d’un questionnaire relatif à l’état de mise en œuvre de la résolution 1325.

Du fait du caractère spécifique des résultats des résultats attendus les restitutions de chaque est jointe en annexe à ce compte rendu.

Mise en place de 2 groupes

 

RENCONTRE REGIONALE II SUR GENRE, PAIX, SECURITE TENUE A BAMAKO DU 12 AU 16 DECEMBRE 2006

JOURNEE DU 15 DECEMBRE 2006

THEME IV: «Les travaux de la recherche du pôle II sur l’oralité»

«Les travaux de la recherche du pôle I par la commission Aliin

Siitoye Jaata»

 

Rapporteur: Mme TOURE Fanta TOURE Mali

 

La journée du vendredi 15 - 12 – 2006 a commencé par la lecture précédente, qui fut adopté après plusieurs observations des participants.

Après adoption du rapport de la journée passée, la parole fut donnée à M. Abert Ouédrago pour présenter les travaux de la recherche du Pôle II.

Ce pôle de l’Alliance des initiatives pour la paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest porte sur l’Oralité.

Selon le présentateur, dans nos sociétés traditionnelles, l’oralité est la substance qui est le vecteur de la transmission du message. Cette oralité est basée sur une forme très simple qui est le conte, car parmi tous les textes oraux, le conte est la forme la plus facile et la plus accessible. Souvent on dit que les contes sont des enfantillages, pourtant des étrangers viennent recueillir nos contes jusque chez nous pour aller en faire des outils pédagogiques de leurs pays

Il poursuit ensuite avec le fait que la question de la gestion et de la prévention des conflits est devenue un enjeu majeur en Afrique et plus singulièrement en Afrique depuis une quinzaine d’années. De nombreuses initiatives ont été prises, mais les résultats tardent à venir. L’on constate que malgré les contributions de la communauté internationale, les situations conflictuelles se radicalisent et deviennent de plus en plus violents avec à la clef des milliers de morts, de réfugiés et de violations massives de droits humains. Le droit international semble montrer ses limites face à la montée d’un certain nationalisme et l’apparition de divergence d’intérêt suscitées par les différents égoïsmes. Si l’Afrique est considérée comme le berceau de l’humanité, il faudrait convenir que les différents cultures et peuples ont dû apprendre à résoudre les conflits qui sont inhérents à toute existence sociétale. En effet un proverbe africain stipule que « le conflit est au cœur de toute cohabitation » . L’une des expériences réussies de la résolution des conflits inter-ethnique est perceptible à travers la pratique de la parenté à plaisanterie que l’on rencontre au Mali, au Burkina, au Ghana, au Sénégal, en Gambie, en Guinée, etc. La somme de telles expériences millénaires de prévention et de gestion de conflits gît dans les productions de l’oralité à travers les contes, les proverbes, les mythes, les épopées, les chansons, les devises, etc. » . Mais l’éducation occidentale a fini par faire des élites modernes africaines des érudits de culture occidentale mais des ignorants des valeurs endogènes. Ceci est visible à travers le traitement que l’on accorde aux textes de l’oralité tels les contes considérés comme des productions puériles et de peu d’importance.

Le conte pourtant revêt une importance capitale pour qui veut connaître les savoirs endogènes. De nos jours, il est apparu que la pratique des contes est en voie de disparition dans de nombreux pays africains. Même les chantres de la tradition, tels les chefs, ont tendance à ne pas accorder un intérêt aux contes. L’alliance des initiatives pour la paix en Afrique de l’Ouest a fait le choix de considérer le conte comme le genre devant servir à construire et à élaborer des outils méthodologiques pour une éducation à la paix et à la non violence. Aussi a-t-on élaboré un projet portant sur «Oralité et construction de la paix et de la gouvernance » qui doit aboutir à la constitution d’un corpus de contes, portant sur la thématique de la paix, de la prévention des conflits et de la bonne gouvernance au Burkina, en Côte d’Ivoire et au Mali. Une telle activité nécessite l’implication des chercheurs et des praticiens de la paix et de prévention des conflits. La phase 1 « Production de recueils et analyses des textes oraux (contes) sur la prévention et la gestion des conflits » vise à la production de textes de recueils de textes scientifiques (ouvrage et CD) analysant les textes du corpus et remis à la disposition des pays concernés au sein de l’Alliance. La phase 2 «Production de documents pédagogiques (manuels de contes et CD)» porte sur la confection de matériels pédagogiques et didactiques à l’adresse des écoliers et des élèves des cycles primaires et secondaires ; ceci nécessite l’implication de pédagogues de chacun des pays de collecte des textes de contes (Burkina, en Côte d’Ivoire et au Mali). La phase 3 qui porte sur la «Diffusion des documents pédagogiques (manuels de contes et CD) » doit permettre de diffuser et disséminer les résultats de la recherches à travers l’organisation de campagnes d’informations, de conférences publiques (en français et en langues nationales) et de séances de projection vidéo de séances de contes auprès des populations concernées.

Le tableau ci- joint décrit dans les détails les différentes activités à travers les trois (3) étapes de la réalisation du pôle 2.

Dans le cadre de leur éducation; il existe aussi beaucoup de charades dans nos langues nationales qui ont des effets bénéfiques sur l’éducation des enfants. Toute notre sagesse se trouve dans les contes car ils nous orientent, vers les honneurs et c’est des contes éducationnels. Ex: au Burkina Faso, beaucoup des chefs traditionnels pensent que les contes ne peuvent pas contenir certaines réflexions; il est bon, de ramener les chefs à voir la richesse des contes.

Il y a plusieurs sortes de contes, mais surtout c’est ces qui ont une approche pédagogique qui vont permettre de véhiculer des messages de paix, de gestion de conflits, de bonne gouvernance, de citoyenneté car ses contes sont conçu avec des moyens de réflexion qui tendent à changer le comportement ; et aussi, il n’a pas de culture traditionnelles en Afrique sans contes.

Le premier niveau est la collecte des textes oraux par une réflexion préliminaire, les textes sont recueillis, analysés et traités. La somme de ces réflexions donnera le deuxième niveau qui la conversion en outils pédagogues ou supports pédagogiques qui seront mis à la disposition des enseignants du primaire et du secondaire. La diffusion représente le troisième niveau de l’oralité ensuite les textes sont publiés par des CDROM, des séminaires ou des conférences ouvertes en français et dans les langues nationales. On peut utiliser les NTIC et les multimédias pour permettre la restitution de tout ce qui a été recueilli à la base.

A ce niveau, il doit avoir le secteur formel et l’informel qui peut se faire par des bandes dessinées ou des dessins animés.

Mais au niveau de l’Alliance, beaucoup de difficultés financières persistent et il est difficile de récupérer l’espace médiatique, ‘est pour on se retient de parler d’un quatrième niveau qui est la conservation des textes oraux qui demande plus de moyen financiers.

Le deuxième thème est la présentation du pôle I avec la commission Alin Siitoé Jaata: Communication d’Odile et de Saliou MBaye (Sénégal).

En 1983, le Président de la République du Sénégal Abdou, a promis au cours de sa campagne a promis aux habitants de Casamance ; de faire sauté la lumière sur l’exil de Aliin Siitoe Jaata.

Qui était Aliin Siitoe Jaata?

De son prénom Aliin Siitoye, qui signifie, sœur de Siitoye, Aliin est née en 1920 à Cabrousse en Casamance dans le quartier de Nailou. Aliin grandit à Masoor où son éducation fut assurée par ses oncles maternels après la mort de son père. C’est à Masoor qu’elle tomba malade ce qui lui a valu une anomalie au niveau du pied (elle boite un peu). A 15 ans, comme toutes les autres jeunes elle migre à Ziguinchor, puis à Dakar à la recherche de l’argent. Elle est employée dans une maison de grands cadres politiques, et au fil du temps elle a pu se rendre compte qu’il y avait une détresse des colons et que leur cause était perdue (grâce à tout ce qui se disait et s’écoutait derrière les portes).

A Dakar, elle eut des visions dans lesquelles une voie la sondait de retourner à cabrousse pour sauver son peuple. A la mort de son premier mari, elle revient à Cabrousse où elle commença sa mission. Il y avait une sécheresse pendant laquelle Aliin a dit beaucoup de choses qui se réalisé: elle avait composé des chants en l’honneur de Baliba, le Dieu de la pluie, et la pluie vecteur de l’économie locale venait ; et aussi des chants de résistance au colonisateur ; et d’appel à l’unification de la race noire. C’est ainsi que les populations envoyaient les jeunes filles des villages environnants à Cabrousse pour aller apprendre ces chants qui sont bénéfiques. De son premier mari, Aliin eut une fille Niawless Seynabou Anne Marie Jaata, née en 1938.

En suite elle revient à Nialou où elle a épousé Alou gaye en deuxième noce. Aliin est devenue un leitmotiv car son combat a permis d’ouvrir des territoires de liberté et de perspectives de droits à conquérir à ses concitoyennes. Elle a ressemblé des femmes et des hommes sans distinctions d’ethnies ou de races, car parmi ses adeptes, on n’avait pas besoin de parler de telle ou telle langue dans son culte. Dans les lieux de culte d’Aliin, les démarches étaient et c’est un culte purement invité car constitué par un mélange de plusieurs religions avec un substrat commun ; ce culte est bâti sur l’amour, la paix, la réconciliation et le pardon. Mais dans ce culte, elle n’est pas la prêtresse, et c’est au cours des rites qu’elle a développé et ces au cour des rites des résistances, la réunification de la race noire dont ses chansons parlaient……Ex : dans une de ces chansons elle disait ceci Nous ne sommes plus seuls sur cette terre des hommes noirs ; faisons en sorte que chacun y trouve sa place.

Dans son combat de tous les jours, elle a lutté pour la libération des langues locales, pour que la forme de l’habitat, nos habits et nos jeux et loisirs ne changent pas, pour que tous les héritages positifs qui nous profitent soient conservés, pour qu’on ait une ouverture d’esprit pour prendre tous les rapports extérieurs positifs ; pour qu’il n’y ait pas l’aliénation culturelle, car représente le plus grand complexe pour qu’il y’ait un retour aux sources; c’est-à-dire un renouveau sans lequel le choix serait douloureux. Elle demandait à nouveau, de transformer les mauvaises personnes en bonnes personnes ; la cohésion et la cohérence de nos actes qui feront notre force. Elle a mis sur pieds des bassins de rétention d’eau qui sont nommés les marres d’Aliin Siitoye; elle a instauré le renforcement des cultures à variétés locales (Ex : le riz rouge) et la diversité des cultures vivrières locales. Elle priait pour la Casamance et l’Afrique soit une terre de paix et de santé, elle considérait que tout ce qui a été fait ; n’est qu’une structuration.

A peine 25 ans, elle fut arrêtée le 29 janvier 1943, déportée et condamnée à dix (10) ans de réclusion à Kayes d’où elle a été transférée à Tombouctou pour des raisons d’administration. C’est à Tombouctou qu’Aliin devait purger de dix (10) ans. En 1943 avec la promesse faite aux populations de Casamance, le Président de la République du Sénégal Prit des dispositions nécessaires pour envoyer une mission de Mbaye Saliou, chef de mission; de M. Oumar Kane ( IFAN), de l’Archiviste Modibo Traoré, des archives nationales et de Fulgence Sagna, enquêteur au centre d’études et des civilisations. Cette mission devait faire toute la lumière sur la détention. Là aussi, la mission a effectué beaucoup de recherches sans traces, c’est après un découragement que la mission s’est rendu la mairie de la ville, surtout que le monde sait que dans le registre de 1944 à la table alphabétique, et au numéro 145 du 26 mai 1944, un nom apparu: Assetou Jaata détenue politique ; c’était le cri de cœur car on venait au moins de retrouver une trace de Aliin Siitoe Jaata, cette femme est décédée le 22 mai 1944 d’un scorbut grave à l’assistance médicale indigène et le déclaration de décès a été fait par M. Sanou Salifou Médecin auxiliaire de Tombouctou, assisté de l’interprète Mohamed Ahmed. Elle fut enterrée aux cimetières Sidi El wafi.

Apres avoir fait le compte rendu des informations reçues par les proches de la défunte c’est-à-dire ce qui l’ont côtoyé lors de sa détention et aussi celle reçues au niveau de l’Etat Civil, la mission après quinze (15) jours quitta Tombouctou pour se rendre au Sénégal où ils devraient rendre compte au président de la République qui avait promis de faire toute la lumière sur la détention d’Aliin Siitoe. C’est ainsi que son mari Alou Gaye fut mis au courant du décès d’Aliin Siitoe, le 22 mai 1944 à Tombouctou.

Une question se pose qu’est ce que l’Afrique de l’Ouest doit faire pour immortaliser Aliin Siitoye?

Déjà au Sénégal, à sa mémoire, le stade de Ziguinchor et la résidence des jeunes filles à la citée Universitaire de Dakar furent construits et baptisées en nom ; pour que les africains se souviennent longtemps d’elle.

Quelles stratégies faudrait –il pour développement dans les autres pays de l’Afrique noire?

Car l’expérience d’Aliin ne profite pas seulement au Sénégal, mais à toute l’Afrique noire.

 

Les participants à la Rencontre Régionale II de Bamako sur Genre – Paix – Sécurité a rendu une visite de courtoisie à la famille Niaré fondatrice de la ville de Bamako.

Le Patriarche Niaré, entouré des membres de sa famille a reçu chaleureusement l’équipe. Les membres ont été présentés par le Docteur Mariam Djibrilla MAIGA qui a traduit leurs salutations et leurs respects au Doyen Niaré et à toute sa famille. Le Patriarche Niaré, après avoir remercié les conférenciers, leur a exprimé ses encouragements et ses bénédictions. Il a déploré l’éclatement des pays africains et a souligné très fortement qu’ils doivent être unis dans leur intérêt. Fortement ému, il a demandé aux conférenciers de croire en l’unité africaine et d’œuvrer en sa faveur, il a en outre exprimé toutes ses félicitations aux réseaux FERFAP des femmes du Mali, et les a incité à plus de détermination pour que règne la paix partout en afrique.

M. Louis Millogo, doyen du groupe, a remercie au nom de ses collègues le Patriarche Niaré pour son accueil et pour son enseignement.

A la suite de la visite, une soirée culturelle s’est tenue dans la cour de l’hôtel les Golibris, avec une séance d’animation culturelle d’un groupe de musique et de danse Donzo. Cette activité s’est clôturée par le discours du Dr Simaga qui a souhaité un bon retour aux participants.