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Compte rendu 2ème Rencontre du Mécanisme d’évalution par les pairs (MAEP) et la société civile au Burkina

By Boureima Ouadraogo (November 2007)

Cette rencontre du MAEP (Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs), avait deux points clés à son ordre du jour :

• Discuter avec la société civile sur le questionnaire d’auto évaluation,

• Informer des modalités d’administration du dit questionnaire

Full text

Compte rendu 2ème Rencontre du Mécanisme d’évalution par les pairs (MAEP) et la société civile au Burkina

L’évaluation par les pairs est une revue systématique des résultats d’un pays par les autres pays membres du processus (les pairs), par des institutions habilitées ou par une combinaison des deux. Elle a pour objectif final d’aider le pays concerné à mieux élaborer ses politiques, à adopter les meilleures pratiques ainsi qu’à respecter les normes, les principes, les codes établis et autres engagements contractés. L’évaluation par les pairs est menée sans confrontation et repose beaucoup sur la confiance et la compréhension mutuelle entre les pays concernés et les évaluateurs. Elle peut porter sur un domaine où un thème précis comme l’éducation, la santé, la macroéconomie, la gouvernance, ou d’autres priorités gouvernementales. Elle est généralement menée sur une base régulière, chaque évaluation donnant lieu à un rapport qui mesure les progrès accomplis, indique les lacunes et fait des recommandations.

Ainsi donc, depuis l’adhésion du Burkina Faso au MAEP, le gouvernement a mis en place un comité ministériel composé des ministres de l’économie et des Finances, des Affaires étrangères et de la coopération régionale chargé d’engager la réflexion pour déterminer le mode opératoire du MAEP au niveau national. A l’initiative de ce comité ministériel, plusieurs rencontres sectorielles ont été tenues entre 2003 et 2005 sur le NEPAD et le MAEP avec pour objectif de sensibiliser les populations burkinabè afin de requérir leur adhésion au processus.

Les acquis au plan national.

Pour le Burkina Faso, le MAEP auquel il a adhéré le 20 mars 2003 représente un outil indiscutable de renforcement de ses capacités. Ainsi, ayant adopté un plan d’action national de la bonne gouvernance bien avant l’avènement du MAEP, le Burkina a entrepris, dès septembre 2003, d’élaborer un second plan du même genre, dans le but de servir de base à sa politique nationale en matière de gouvernance et de mettre en cohérence les axes stratégiques de celui-ci avec ceux de la gouvernance fixés dans le cadre du MAEP à savoir :

  • la gouvernance démocratique et politique,

  • la gouvernance et la gestion économique,

  • la gouvernance des entreprises,

  • la gouvernance du développement socioéconomique

L’administration du questionnaire :

Sur le sujet du questionnaire, le SP a donné des détails relatifs à son administration laissant ainsi savoir que ce n’est ni toute la population ni toute la société civile qui pourront répondre à ce questionnaire.

Après cette présentation, des échanges et débats avec l’auditoire a permis de mettre le doigt sur certaines questions et inquiétudes exprimées par la société civile au sujet de ce processus.

Au nombre de ces questions, on peut retenir essentiellement sur l’objectivité, l’impartialité et la l’opérationnalité du questionnaire. De nombreuses autres inquiétude ont été émises l’impact de ce type d’exercice à apporter des changements qualitatifs dans la conduite des affaires publiques de même que la légitimité des évaluateurs.

A cela s’ajoutent, les inquiétudes relatives à l’aspect pratique du questionnaire, « rédigé dans un français si soutenu » qui aura sans doute des conséquences sur sa compréhension par la majorité de la population.

Par ailleurs, de l’avis des représentants de la société civile, le questionnaire tel que rédigé semble vouloir orienter les réponses de sortes « à caresser le pouvoir dans le sens du poil ».

Exemple pourquoi formulé une question : «jusqu’à quel point la justice est-elle indépendante ? » qui sous entend déjà que la justice est indépendante mais que c’est le degré qui est en question plutôt que de dire « la justice est-elle indépendante ? » qui aurait donné plus de latitude à l’enquêté de prendre clairement sa position.

Le SP a tenu à revenir sur les préoccupations de la société civile qui avaient été exprimées lors de la rencontre précédente pour rassurer les uns et les autres de leur prise en considération.

La parole a par ailleurs été donnée au représentant de l’INSD qui a précisé que cette évaluation ne concerne pas uniquement les organisations de la société civile mais toutes les composantes socioprofessionnelles du pays. De même, les acteurs au niveau décentralisé ont été associés au processus.