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La cohabitation des différentes légitimités dans les communes de la région des Hauts-Bassins

Rapport d’étude

By Bruno Doti Sanou, Boureima Ouédraogo (May 2009)

L’historien Joseph Ki-Zerbo écrivait dans son ouvrage intitulé A quand l’Afrique que « L’histoire marche sur deux pieds: le pied de la liberté et le pied de la nécessité ». le pied de la liberté considéré comme la capacité de réfléchir et le pied de la nécessité comme l’obligation pour la communauté de mettre sur pied des structures et institutions et de les faire fonctionner.

En effet, toute société qui s’organise utilise ces deux pieds de l’histoire. Elle prend ainsi conscience d’elle-même en se donnant librement des règlements par sa manière de vivre en société et par les solutions qu’elle apporte aux problèmes qu’elle rencontre.

Les sociétés qui constituent l’actuelle région des Hauts-Bassins ne dérogent pas à cette à cette règles puisqu’elles ont au cours de l’histoire inventé mis en place et fait fonctionner des institutions et structures que sont les pouvoirs locaux et les légitimités qui, encore aujourd’hui,jouent un rôle primordial dans la gouvernance locale. Or, jusqu’à présent peu d’études ont été réalisées sur ces pouvoir et institutions et notamment sur la cohabitation des différentes légitimités dans le temps et dans l’espace.

Dans le cadre de l’animation nationale de l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique dont Laboratoire citoyennetés assure la médiation nationale au Burkina Faso, il a été retenu pour l’année 2008, et ce dans le souci de combler un vide, de lancer la réflexion sur la gouvernance locale à travers deux entrées thématiques :

• la cohabitation des légitimités au niveau local (le dialogue entre les pouvoirs locaux);

• l’accès aux services.

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L’historien Joseph Ki-Zerbo écrivait dans son ouvrage intitulé A quand l’Afrique que « L’histoire marche sur deux pieds: le pied de la liberté et le pied de la nécessité ». le pied de la liberté considéré comme la capacité de réfléchir et le pied de la nécessité comme l’obligation pour la communauté de mettre sur pied des structures et institutions et de les faire fonctionner.

En effet, toute société qui s’organise utilise ces deux pieds de l’histoire. Elle prend ainsi conscience d’elle-même en se donnant librement des règlements par sa manière de vivre en société et par les solutions qu’elle apporte aux problèmes qu’elle rencontre.

Les sociétés qui constituent l’actuelle région des Hauts-Bassins ne dérogent pas à cette à cette règles puisqu’elles ont au cours de l’histoire inventé mis en place et fait fonctionner des institutions et structures que sont les pouvoirs locaux et les légitimités qui, encore aujourd’hui, jouent un rôle primordial dans la gouvernance locale. Or, jusqu’à présent peu d’études ont été réalisées sur ces pouvoir et institutions et notamment sur la cohabitation des différentes légitimités dans le temps et dans l’espace.

Dans le cadre de l’animation nationale de l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique dont Laboratoire citoyennetés assure la médiation nationale au Burkina Faso, il a été retenu pour l’année 2008, et ce dans le souci de combler un vide, de lancer la réflexion sur la gouvernance locale à travers deux entrées thématiques :

• la cohabitation des légitimités au niveau local (le dialogue entre les pouvoirs locaux);

• l’accès aux services.

Présentation de l’étude

L’initiative «dialogue entre pouvoirs locaux (chefferies et élus)» s’inscrit dans le premier axe thématique. Elle se fixe pour objectifs d’identifier et mettre en dialogue des porteurs de légitimités, de collecter des expériences et des savoirs et savoir-faire locaux, de susciter des débats en vue de dégager des propositions pour une cohabitation pacifique entre les différents acteurs et un meilleur «vivre ensemble» dans les espaces communaux ou intercommunaux. A terme, il s’agit d’engager un dialogue entre la légalité et la légitimité pour une collaboration entre les pouvoirs locaux dans la gestion de l’espace public local.

Objectifs

L’initiative « dialogue entre pouvoirs locaux (chefferies et élus) a pour ambition d’ouvrir les débats sur une nécessaire prise en compte des légitimités autres que celles issues des élections et du droit positif moderne.

De façon spécifique, il s’agit de :

 produire des connaissances et informations pertinentes sur les pouvoirs locaux susceptibles de contribuer à l’ancrage des processus de décentralisation;

 mettre en dialogue les tenants du pouvoir politique moderne et « traditionnel » pour un diagnostic collectif de leurs rapports ;

 rechercher et promouvoir des mécanismes entre les acteurs dans l’accès et la gestion de l’espace public ;

 produire des références publiables et partageables avec d’autres acteurs au niveau sous-régional.

Pour la mise en œuvre de cette initiative dans la région des Hauts- Bassins, le laboratoire citoyennetés a sollicité les compétences du Centre Africain de recherche pour une pratique culturelle du Développement (CAD) pour conduire et animer un processus de collecte, d’analyse croisée d’expériences sur la cohabitation des légitimités au niveau local et leur mise en débats dans la région des Hauts-Bassins

Résultats attendus

La démarche du Centre Africain de recherche pour une pratique culturelle du Développement (CAD) pourrait in fine:

• produire des connaissances sur les mécanismes de régulation sociale à partir des expériences des acteurs;

• contribuer à développer un dialogue collectif des rapports entre les différents acteurs et leurs influences respectives dans la gestion de l’espace public;

• déboucher sur l’émergence des propositions pour une cohabitation pacifique et une gestion équitable et efficiente de l’espace public local;

• susciter un engagement des acteurs au dialogue et à la réflexion collective.

Après analyse des données de la recherche, le comité scientifique a ordonné les idées en trois parties.

La première partie analyse la mise en place des différentes légitimités dans la région. Il y est présenté la région, la mise en place des légitimités au regard du peuplement de la région au cours des siècles voire des millénaires.

La deuxième partie analyse l’émergence des légitimités depuis la période coloniale, leur fonctionnement et les rapports qu’elles ont entretenus entre elles et les répercussions sur les collectivités de la région.

Enfin, la troisième partie aborde la cohabitation des légitimités aujourd’hui dans le processus de décentralisation engagé depuis 1995. Elle fait des propositions pour l’amélioration de cette cohabitation au profit des différentes légitimités et du développement durable de la collectivité locale.

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