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Document de capitalisation sur le processus électoral au Mali

Séance 3 du Forum Multi-acteur Malien

By Elisabeth Dau (FMA Mali, August 30, 2008)

Au Mali, l’avènement de la IIIème République a marqué une ère de renouveau démocratique au Mali. L’instauration du pluralisme politique ainsi que la mise en place d’institutions et de dispositions juridiques et réglementaires ont contribué à affermir les valeurs démocratiques. Les élections deviennent « l’acte par lequel le peuple désigne les titulaires de l’autorité politique » .

Pourtant à l’observation des différents scrutins électoraux, de la qualité de leur organisation et de la participation des populations à ces processus électoraux, le constat d’un désenchantement reste indéniable.

Pour expliquer cela, on note :

  • La difficile implication des citoyens dans le débat politique (tout comme la régression de la participation au vote), dû à leur faible degré de connaissance et de compréhension des enjeux liés à leur vote.

  • Le rôle des partis politiques dans une démocratie c’est l’animation de la vie publique et politique. Les partis contribuent à créer ou maintenir une conscience politique, en assurant l’information et la formation de l’opinion.

  • Les pratiques des acteurs politiques qui se caractérisent notamment par la défaillance des formations, dans l’animation d’un débat public et politique, l’absence d’une vision et d’un programme qui répondent aux aspirations des populations, la création inflationniste des partis politiques (120 partis répertoriés) et l’augmentation croissante des candidats indépendants aux consultations électorales.

  • L’invisibilité du choix électif aggravé par l’instauration d’un rapport clientéliste entre acteurs politiques et électeurs, la crise de la représentation.

  • De plus, l’existence des nombreuses structures étatiques, politiques et juridiques chargées de l’organisation des élections n’a pas permis d’empêcher les innombrables tares du processus électoral.

  • En outre, la concentration des moyens humains, matériels et financiers au seul temps du scrutin entrave la parfaite consolidation du processus.

De multiples analyses sont menées sur les aspects institutionnels, opérationnels et l’accompagnement de l’organisation du processus électoral. En témoigne notamment la réflexion sur la consolidation de la démocratie au Mali à l’initiative du Président de la République. Dans le cadre du Forum multi-acteurs, la séance 3 sur le processus électoral a permis d’élargir le débat à un plus grand nombre de personnes afin d’interroger les pratiques au regard des valeurs et principes de la démocratie partagés au Mali.

Questions de départ

Pour rendre compte de cette approche du processus électoral au Mali, la thématique a été abordée à travers les questions suivantes :

  • Quel sens conférer au processus électoral ?

  • Quelle légitimité incarnent les partis politiques dans le processus électoral ?

  • Quelle légitimité des dirigeants mis en place à travers un scrutin de moins de 50% des votants ?

  • Quels mécanismes mettre en Ĺ“uvre pour susciter la participation et l’appropriation du processus électoral par le citoyen?

  • En quoi les institutions en charge de l’organisation des élections permettent-elles une meilleure compréhension et appropriation du processus électoral, un allègement des coûts référents à l’organisation matérielle et une réduction considérable de la fraude électorale ?

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