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La cohabitation des légitimités au niveau local au Mali

De l’inclusivité institutionnelle au pluralisme juridique

By Konaté Néné, Ambroise DAKOUO (Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique, March 8, 2010)

Si le processus de décentralisation initié au Mali a permis la naissance de plusieurs acteurs et le rapprochement de l’administration des citoyens, il faut reconnaitre aussi que dans cette démarche, il y a un chevauchement des différentes légitimités. En effet, l’enchevêtrement parfois chaotique des compétences, compliqué de rapport de force souvent conflictuel entre les institutions modernes et traditionnelles, constitue un problème majeur de cohabitation des légitimités et pose des obstacles au développement local.

Depuis des années, le gouvernement malien et différents partenaires à travers plusieurs initiatives essayent de rendre efficace la gestion des institutions locales. Malheureusement ces efforts n’ont pas donné les résultats escomptés si l’on se réfère aux réalités sur le terrain.

L’ARGA-Mali, pense pouvoir apporter sa réflexion en initiant cette étude sur la cohabitation des légitimités et d’ouvrir le débat afin de rendre plus opérationnel le processus de décentralisation. C’est ainsi qu’on parlera dans la première partie de l’état des lieux en matière de cohabitation des légitimités locales.

Dans cette partie, nous faisons une description générale de la manière dont nous voyons la cohabitation des légitimités locales, comment nous comptons aborder les aspects de l’inclusivité institutionnelle et du pluralisme juridique ; nous énumérons également l’importance de la cohabitation des légitimités en terme d’efficacité dans la gestion des différents conflits locaux.

La seconde partie fait la synthèse des paroles collectées sur le terrain sur la cohabitation des

légitimités. A ce niveau, les populations se sont prononcées par rapport à trois domaines à travers lesquels la lisibilité des pratiques de la cohabitation des légitimités est aisée : le foncier, les affaires familiales et les pratiques sociales, les services publics.

La troisième partie nous renseigne sur les pratiques en matière de pluralisme juridique et d’inclusivité institutionnel au niveau local. Ainsi avec ces pratiques, on a pu vérifier que les modes de gestion traditionnels diffèrent selon que l’on se trouve dans telle ou telle aire culturelle.

En fin la quatrième partie propose des recommandations afin d’ouvrir le débat sur l’amélioration du processus de décentralisation en matière de cohabitation des légitimités.

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