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La question des institutions au coeur du débat démocratique en Afrique: néo-constitutionnalisme et la crise ivoirienne

By Auguste BINAM Socio-politiste (IGAC)

Le présent article s’intéresse au rôle des institutions dans la bataille pour la prise du pouvoir, au regard des tensions politiques post électorales en Côte d’ivoire. L’auteur a choisi d’analyser cette question sous le prisme du néo-institutionnalisme. Du point de vue de cette approche, les institutions constituent la clé de compréhension de la crise politique ivoirienne. Cet article se construit autour de l’hypothèse principale que les institutions ont une forte influence sur la carrière politique des acteurs. Cela s’illustre par la constitutionnalisation du concept de l’ivoirité par le président Bédié en 1994. Ce concept permettra ainsi une élimination politique d’Alassane Ouattara pour la course à l’élection présidentielle de 1995. En 2010, c’est également grâce à une modification de la loi fondamentale que Ouattara et Bédié retrouvent le droit d’être candidat à la présidence. On peut constater au regard de la crise ivoirienne que quelque soit la situation et les différentes positions des acteurs, les institutions continuent d’influencer fortement leurs agissements. C’est pourquoi on a pu observer que la prééminence du conseil constitutionnelle est restée sauve au terme des élections controversées de novembre 2010. Elle a déclaré et installé Gbagbo président de la république au terme du scrutin, pendant qu’en face, Ouattara qui conteste ces résultats a quanmême prêté serment auprès du même conseil constitutionnel par écrit. C’est dire si cette institution constitue un élément incontournable du droit au pouvoir et de sa légitimité pour les deux camps. Les institutions sont en tout cas un cadre de légitimation politique qui assure aux protagonistes les conditions pour conserver le pouvoir ou le revendiquer. On peut d’ailleurs constater comment le camp Gbagbo, détenteur du pouvoir génère un rapport de force en se fondant sur les textes réglementaires, ou encore Ouattara qui s’appui sur des instances l’ayant reconnues vainqueur comme la CEI, la CEDEAO et l’ONU pour réduire la distance politique avec les institutions nationales sous le contrôle de son adversaire. C’est ce que l’auteur appel le néo-institutionnalisme rationnel qui met sur la sellette en Côte d’Ivoire un conflit des interactions institutionnelles entre instances nationales et internationales.

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