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Action Publique et citoyenneté : Les chaînons manquants d’une réconciliation entre gouvernants et gouvernés

Communication de Raogo Antoine SAWADOGO, Président du Laboratoire Citoyennetés, Membre d’Honneur de Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique (ARGA/Burkina Faso)

By (June 18, 2011)

Depuis deux décennies, la plupart des Etats africains se sont engagés dans des processus de réformes institutionnelles en profondeur pour replacer le citoyen au cœur des politiques publiques à travers la libéralisation du jeu politique, de l’économie et des espaces d’expressions. Ces réformes structurelles et politiques ont contribué à changer, dans bien des cas, les modes de gestion quotidienne des affaires publiques. Par le biais de la démocratisation, soutenue par des processus de décentralisation, ces réformes visaient à permettre de gouverner au plus proche du citoyen, de le responsabiliser dans la gestion de sa cité mais aussi et surtout à créer les conditions d’équité dans l’accès aux services de base et aux facteurs de production. Mais à l’épreuve de la pratique, ces processus institutionnels paraissent incomplets. En effet, les institutions mises en place n’ont pas pu générer des mécanismes capables de réguler les dynamiques et les bouillonnements qu’ont engendrés ces processus chez les populations.

Ce type de bouillonnements et dynamiques par des ruptures de diverses formes. En effet, à la faveur de la crise que vit le Burkina Faso l’on constate que :

i) Les manifestations ne sont plus l’apanage des syndicats, des partis politiques, pas même la société civile organisée ou non. Ce sont des jeunes (élèves), des paysans (cotonculteurs), des militaires, commerçants, qui spontanément réagissent pour protester contre une façon de conduire l’action publique

ii) Les modes de contestations sont caractérisées par des actions de boycott des élections (faible participation aux différents scrutins), de casses des édifices publics, de représailles contre les hiérarchies et les dirigeants (incendies de domiciles, autres violences exercés contres des personnalités).

iii) Les manifestations ne partent plus de la capitale mais de la périphérie (Koudougou, Réo, Ouahigouya, Kindi, Poa, Gaoua, Fada, etc.) pour gagner la capitale.

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