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Contexte, processus historique et enjeux de gouvernance au Burkina Faso:

Fiche contexte

By Boureima Ouedraogo (ARGA/Burkina, June 2011)

Accédé à l’indépendance en août 1960, le Burkina Faso est un pays sahélien d’une superficie de 274 000 Km² pour environ 16 millions d’habitants (dont près de 52% de femmes). A l’instar de bien d’autres Etats africains, le Burkina Faso est confronté aujourd’hui à d’énormes défis au triple plan politique, économique et social. Le pays a célébré le cinquantenaire de son indépendance en 2010, dans un contexte national de crise généralisée : crise de l’Etat dont les institutions ont du mal s’enraciner dans le quotidien des populations, crise socioéconomique du fait d’une paupérisation croissante de la grande majorité, crise des valeurs (on parle ici d’agonie morale) matérialisée par la destruction progressive des mécanismes de régulation sans que les institutions modernes n’offrent des alternatives crédibles et efficaces.

En 50 ans d’indépendance, le pays a connu 4 Républiques, qui ont vacillé entre succession d’Etats d’exception et espoirs d’une réelle démocratisation de la société, six chefs d’Etat dont un seul, Blaise Compaoré cumule 24 ans, un seul civil (Maurice Yaméogo, le premier Président), un président assassiné (Thomas Sankara), un soulèvement populaire (1966), 5 coup d’Etats (1974, 1980, 1982, 1983 et 1987), aucune passation de charge entre un président sortant et un entrant, etc. Tel peut être résumée l’histoire singulière et tumultueuse de la vie politique du Burkina indépendant. Les successions se sont toujours opérées par coup de force. L’armée, appelée au pouvoir par le peuple en janvier 1966, ne l’a plus jamais quitté. Après 50 ans d’indépendance, le Burkina reste encore un pays politiquement instable et économiquement très faible. Cette situation, au-delà de la faiblesse des ressources naturelles, résulte aussi de l’absence d’un projet de gouvernance puisant sa source dans le potentiel socioéconomique, les cultures et pratiques institutionnelles. Au cours du premier semestre 2011, le pays est entré dans une zone de turbulence avec des manifestations violentes des élèves, étudiants et commerçants et des mutineries dans l’armée. La stabilité sociale et politique longtemps présentée comme le fait de la bonne gestion des affaires publiques par les gouvernants actuels, s’est révélée très fragile. Elle a révélé aussi la faible capacité des institutions publiques à réguler l’expression des contradictions et l’expression des aspirations des populations.

Sur le plan administratif, le territoire burkinabè est découpé en 13 régions, 45 provinces, 350 départements, 351 communes (soit 49 urbaines et 302 rurales) et 8228 villages.

Sur le plan régional, le Burkina subit aussi les contradictions nées du découpage des Etats postcoloniaux (deux guerres avec le Mali, crise avec la Côte-d’Ivoire), pendant que son gouvernement suscite généralement la méfiance chez ses voisins, même si au cours des 5 dernières années, le pays à travers son Président s’est fortement impliqué dans la résolution des conflits au Togo, en Guinée et surtout en Côte d’Ivoire.

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