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De la cohabitation des légitimités traditionnelle et moderne.

La multiplicité des chefs traditonnels doit pousser ces derniers à s’organiser pour faire face à l’état

By BOCO Judith, Emile Ologoudou (Ouidah, September 2008)

Afin d’éviter les conflits et pour insuffler une nouvelle dynamique à un système devenu anachronique, à court terme, dans le cadre de leur représentativité, les légitimités non élues devraient être éligibles. Le modèle actuel de type censitaire, devrait être remplacé par un autre fondé sur la participation et la démocratie.

Prenons comme exemple, l’exigence de l’Etat d’avoir comme interlocuteur un dignitaire représentant les milieux de la royauté et du vaudoun ( culte traditionnel utilisant des rites visant à établir le contact avec des divinités et des esprits de l’au-delà). Ce représentant aurait alors autorité sur toutes les communautés vodoun. Cette décision a montré les clivages profonds qui existent au sein des adeptes de ce culte car bien qu’ayant les mêmes valeurs animistes, les communautés ne sont pas homogènes. Entre 1996 et 2006, au lieu d’un interlocuteur de l’Etat, il y en eut deux, à savoir Daagbo HOUNON et Sossa GUEDEHUNGUE, tous deux dignitaires du culte vaudoun mais issus de communautés différentes. Ceci engendra des querelles et des conflits, autant physiques que mystiques (quand l’on sait qu’au Bénin, les adeptes de ces cultes sont censés avoir la capacité de semer la mort à distance grâce aux pratiques occultes).

Dans le cadre de cette rivalité entre deux prétendants au trône de chef suprême du vaudoun , nous avons vu apparaître de véritables conflits d’interprétations pour déterminer l’ancienneté du culte vaudoun de Ouidah (ville de Daagbo Hounnon) sur Vaudoun dautou du Mono (région dont Sossa Guedehungué est originaire).

De tels conflits d’interprétation sont légion et ne sont pas de nature à garantir la paix et la stabilité sociales surtout lorsque s’y greffent des litiges domaniaux ou le problème de la non scolarisation des tout petits initiés des couvents du vaudoun. De même, la question de la prééminence de telle branche du vaudoun sur les autres (Thron I, Thron II, dautou….) et les innombrables conflits avec les fidèles des religions révélées, notamment les évangélistes que l’on observe de façon récurrente transforment la communauté en une véritable poudrière.

Il faut donc encourager les diverses communautés vaudoun à mieux se structurer et se démocratiser afin que soient réglés ces genres de conflits.

Notes

il s’agit d’une interview réalisée au cours de deux rencontres avec les dignitaires du culte vaudoun.

Emile Ologoudou est conseiller technique au sein du cadre de concertation des confessions religieuses au Bénin. ce cadre a été créé pour faciliter le dialogue des religions et l’intégration sociale et culturelle des peuples du Bénin.