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Les quartiers dépotoirs, un frein à l’assainissement de la ville de Lomé.

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By Edoh Gally Attah (Lomé, June 2009)

Depuis que Lomé la capitale du Togo(Afrique de l’ouest) est devenu une commune, les services de la municipalité ont toujours développé des stratégies visant à assurer la salubrité et l’assainissement au profit de ces populations.

L’une de ces stratégies consiste à la précollecte des ordures par les associations de collecte qui font le porte à porte et déversent les ordures sur les sites intermédiaires créés par les services de la municipalité. Une fois les ordures déversées sur les sites intermédiaires, elles sont prises en charge par les camions des entreprises privées qui les acheminent vers la décharge finale.

En dépit de l’existence de cette chaîne, certains habitants s’arrangent à polluer leur propres quartiers. Il s’agit de ce que l’on appelle au niveau de l’ONG Volontaire pour le Développement et l’Assainissement de l’Environnement (VDAE), les quartiers dépotoirs.

Un des exemples frapant est le quartier Hanoukopé.Il se situe à l’ouest de la ville de Lome et ceinturé par le canal reliant la lagune de bè à celle de boka. En effet, ce vieux quartier de Lomé où interviennent les Volontaires pour le Développement et l’Assainissement de l’Environnement, abrite une antenne relais de la Société Togocel, une Société de téléphonie mobile au Togo. Au niveau de l’emplacement de cette antenne, on a une vision des taudis qui longent la voie ferrée jusqu’à la gare de Tokoin.

Dans ces habitations précaires faites de vieilles tôles usées, de cartons, de claies et de bois, agglutinées les unes contre les autres et très peu en hauteur, se trouvent aussi d’innombrables flaques d’eau. Les matériaux utilisés pour soutenir les constructions ne sont que les déchets déversés dans les dépotoirs intermédiaires en attente d’être évacués vers la décharge finale.

En utilisant les matériaux de dépotoirs pour construire ou soutenir pour quelques jours leurs habitats, ces populations contribuent à transformer petit à petit leur quartier en dépotoir.

En effet comme tout bidonville, Hanoukopé est caractérisé par une insalubrité frappante et par un manque cruel d’assainissement. C’est une zone où les services publics sont absents. L’inexistence de système d’évacuation d’eaux usées laisse dégager une odeur pestilentielle. D’après un responsable du Comité de Développement dudit Quartier, « il n’y a que des latrines publics en très mauvais état. La pauvreté aidant, de nombreux habitants font leur besoin dans des sacs en plastic qu’ils jettent partout».

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Pour permettre à la ville de Lomé de se développer dans un environnement propre, la municipalité devrait inclure toutes les couches de la population, nanties comme démunies ; si non les laissés pour compte dans les ghettos finiront, malgré eux, par ramener à l’intérieur de la ville des ordures que l’on ramasse et jette à coup de millions hors de la ville. Par ailleurs, une épidémie déclenchée dans ce quartier dépotoirs est vite répandue dans toute la ville dans la mesure où ces populations ne vivent pas en vase clos.