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Le proviseur fait main basse sur l’enveloppe culturelle du lycée

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By ONANA, Jules Abah (Yaoundé, April 2001)

Il y a de cela 4 ans, une troupe de théâtre du lycée de Biyem assi, dans le 6ième arrondissement de Yaoundé s’apprêtait à vivre une fête de la jeunesse comme tout le Cameroun. La fête de la jeunesse a lieu tous les 11 février de chaque année au Cameroun. A cette occasion, plusieurs manifestations ont lieu toute une semaine durant jusqu’au 11. Cette troupe lycéenne a focalisé sa participation aux festivités sur une pièce qu’elle voulait représenter ce 11 février 1996. La pièce était de l’auteur Congolais Le Père Kadiebwe. Les jeunes lycéens ont ainsi sollicité l’aide d’un homme de théâtre, metteur en scène bien connu au Cameroun Alex Longang. Ce dernier a donc accepté de mettre en scène " l’indépendance à tout prix " du Père Kadiebwe.

. les conditions de travail étaient très difficiles. Les répétitions et la mise en scène étaient en dents de scies tout simplement parce que l’administration du lycée ne s’en occupait guère. Néanmoins les jeunes comédiens avaient de la volonté et leur grand frère Longang était vraiment disposé à les aider. Trois fois par semaine, les jeunes lycéens de Biyem assi se retrouvaient dans une salle de classe après les cours. La mise en scène presque rodée , il fallait maintenant passer à la représentation officielle le 11 février 1996. Pour cette fin, le lycée ne disposait pas d’une salle de spectacle. L’alternative était la location d’une salle de spectacle digne de ce nom. Puis il fallait aussi penser à la confection des billets d’invitation. l’un des élèves, président de la troupe de théâtre prépara une fiche qui ressortait tous les besoins de la troupe pour la cause. Elle a été soumise au proviseur. Ce dernier déclara : " Depuis trois ans que je suis proviseur dans ce lycée, j

e n’ai jamais entendu parler de théâtre et je ne suis pas prêt à commencer cette année ".

Après avoir écouté la réaction du proviseur, l’auteur de la pièce développa la réflexion suivante: " s’il refuse de prendre en charge la location de la salle et le transport des comédiens, je vais le faire ". Manifestement il tenait à ce que sa pièce soit représentée. Mais il émettait une condition, il demandait au proviseur de signer une note stipulant que lui, le proviseur confie à l’auteur la prise en charge de ses élèves. Le proviseur accepta de signer la note.

Mais dès que le proviseur a entendu que la troupe de son lycée devait représenter la pièce au Yaoundé Hilton Hôtel, l’un des plus luxueux de la capitale camerounaise et que l’entrée en outre devait être payante, les données changèrent . Sentant ses appétits s’aiguiser de façon vertigineuse, monsieur le proviseur revint à la charge: " puisque ce sont mes élèves qui doivent faire cette représentation, j’aimerai qu’en retour on reverse un pourcentage au lycée ".

Le père Kadiebwe refusa : " ce n’est pas possible parce que je prenne en charge la location de la salle, le transport et le rafraîchissement des comédiens ". alors le proviseur retira l’autorisation. Par la suite il menaça ses élèves de renvoi s’ils osaient se présenter sur le lieu de l’événement. La représentation n’eût pas lieu. L’auteur qui y tenait promit aux comédiens qu’il fera tout pour qu’en décembre son ouvre soit représentée. Mais au mois de juillet de cette là, le père parti pour le Canada. Aujourd’hui en janvier 2000 la pièce " l’indépendance à tout prix " n’a jamais été représentée.