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Le programme d’Appui à la Réforme de la Justice (PRODEJ)

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By KONE, Sayon

L’un des pans de la démocratie est sans nul doute la justice. L’Etat de droit suppose la subordination de tous et toutes au Droit y compris L’Etat lui - même. L’Etat démocratique suppose la séparation des trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire.

Il est donc inconcevable d’envisager un Etat de Droit et démocratie comme le Mali sans un pouvoir judiciaire investi de la mission de dire le Droit suivant les prescriptions légales et en toute indépendance.

Bien que consacré par la Constitution comme un pouvoir et indépendant, le pouvoir judiciaire n’a pas pu combler les besoins de justice des populations. Il a d’ailleurs été accusé de soumis, d’incompétent, de corrompu et même inapproprié.

Le PRODEJ se veut une innovation et est guidé par le souci d’avoir une saine justice. Il s’agit comme dirait l’autre de " Réconcilier les citoyens et leur justice passe par la mise en ouvre d’actions qui viseront à faire connaître, admettre et respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire s’exerçant avec rigueur et dépouillé de toute faiblesse corporatiste ".

DEME SO est impliquée dans la mise en ouvre des recommandation du Forum National de la Justice tenu du 30 mars au 03 avril 1999 à savoir :

" informer et sensibiliser les populations sur la justice,

" privilégier le règlement amiable des conflits,

" favoriser l’action des ONG et Associations intervenant dans le domaine des Droits de l’Homme,

" humaniser les prisons.

Informer et sensibiliser les populations consiste à mener des activités d’IEC (Information - Education - Communication) dans les hameaux, dans les villages, dans les communes pour que les populations se convainquent de la nécessité de L’Etat de Droit qui passe obligatoirement par la connaissance des Droits et des Devoirs et soumettre tout différends au règlement du pouvoir judiciaire.

Privilégier le règlement amiable des conflits consiste à bannir la violence, la vengeance privée en cas de conflits et à utiliser des mécanismes pacifiques de règlement de conflit. Des exemples existent dans nos zones d’intervention : conflit foncier Nanguila - Gueleba, conflit foncier entre Massakoloma et Nioumala, désobéissance civile du village de Dangassa, refus des chasseurs de remettre aux autorités un véhicule saisi chez un voleur de bétail.

Humaniser les prisons consiste à transformer nos centres de détention en centre de socialisation de celui qui en un moment de la vie aurait enfreint les règles de la société. Il ne s’agit point d’encourager la délinquance, mais de respecter la personne humaine et surtout lui donner la chance de pouvoir s’intégrer dans la société après la prison. A cet égard DEME SO a favorisé la création, l’équipement d’atelier de formation des détenus, financé des séances de formation pour des détenus et initié ce qu’il convient d’appeler la semaine du détenu en marge de l’Espace d’Interpellation Démocratique (IED) le 10 décembre depuis 1999. Il s’agit de l’exposition des produits fabriqués par les détenus, l’organisation d’un méga concert de mobilisation sociale, organisation des séances de sinusien et de réflexion sur la détention et les activités sportives.

DEME SO pense que " aider la justice a retrouvé ses marques et joué tout son rôle, c’est garantir la paix civile, c’est faire avancer le Mali ". Elle ajoute aussi que la réforme de la justice ne saurait être l’ouvre de la seule justice et de ses auxiliaires. La société civile a un rôle a joué et le jouera.