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La presse peut-elle joue un rôle de contre pouvoir?

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Consacrée par l’article 7 de la constitution du 25 février 1992, la liberté de presse et d’opinion ne fait plus l’objet d’aucun doute au Mali. Elle s’exerce dans le cadre de la loi n°0054 du 7 juillet 2000 portant régime de la presse et délit de presse. De nos jours, le Mali, avec une quarantaine de titres de journaux et plus de 120 stations radiophoniques émettant sur l’ensemble du territoire, est une référence en matière de liberté de presse.

L’avènement de la démocratie pluraliste au Mali a eu pour conséquence la floraison d’une presse indépendante et diversifiée. Cet résultat n’est pas le fait du hasard mais il est le fruit des efforts louables consentis par cette presse dans le combat pour l’aboutissement de cette même démocratie. En effet, la presse notamment privée a joué un rôle important dans l’avènement des événements de mars 1991. Elle a été un détonateur d’une prise de conscience du peuple en vue du combat pour l’instauration d’une société démocratique.

Plus de dix ans après le démarrage du processus de démocratisation, la presse au delà de son rôle joué en amont, continue de veiller à la préservation des acquis démocratiques. Ainsi, l’Etat qui reconnaît et garantit les libertés est et demeure une des principales cibles de la presse à travers ses parutions quotidienne. Toutes choses qui font que les rapports entre la presse et l’Etat sont souvent difficiles. La première à travers sa mission de sentinelle des droits et libertés du citoyen, reste engagée à veiller sur les acquis démocratiques alors que le second dans son fonctionnement est souvent amené à fouler au pied certaines libertés en violation des lois et règlement en la matière.

Certes, le peuple à travers sa représentation à l’Assemblée Nationale, participe à l’adoption des textes de loi mais il ne se reconnaît pas toujours dans leur exécution en raison de la méconnaissance ou d’une volonté délibérée de violation de la part de certains agents. Dans de tels cas, certaines dispositions juridiques offrent des possibilités de recours aux citoyens, mais pour bon nombre d’entre eux, la presse apparaît comme une aubaine pour dénoncer ou attirer l’attention des autorités et de l’opinion nationale et internationale sur telle ou telle violation de la loi. En plus des facilités d’accès, la presse constituent une voie sûre et rapide de se faire entendre, contrairement aux procédures administratives et judiciaires. En tout cas aujourd’hui, le constat général est que la presse constitue un premier recours pour beaucoup de citoyens, face à des cas de violation flagrante de la loi. Cette marque de confiance se justifie par le fait que personne (individu, structures publiques et privées) ne peut rester indifférent à un article de presse qui traite de façon professionnelle une violation flagrante des lois en vigueur dans un pays démocratique.

En plus des rapports Etat-citoyen, la presse s’intéresse à d’autres rapports comme ceux existant entre les acteurs de la vie politique dans l’exécution de leurs tâches respectives. Ce rôle de la presse s’est particulièrement illustré au cours des échéances électorales dernières (présidentielles et législatives). La presse a veillé sur le déroulement correcte du processus en attirant chaque fois que nécessaire, l’attention de l’Etat, des structures impliquées dans le processus et parfois de l’opinion nationale et internationale sur tout acte qui pourrait être à l’origine d’une quelconque irrégularité. Dans ce cadre, la presse s’est faite l’écho des acteurs de la vie politique qui à telle ou telle étape du processus, ont cru avoir décelé une irrégularité.

Les conférences de presse étaient le cadre le mieux impliqué pour dénoncer ces irrégularités.

Commentaires

Certes, dans tout système démocratique, les dispositions constitutionnelles sont faites de sorte que " le pouvoir arrête le pouvoir ". ce qui théoriquement devrait constituer une garantie des droits et devoirs du citoyen. Mais tel n’est toujours pas le cas. La presse, actrice à part entière du processus démocratique au Mali, demeure de par sa neutralité et son impartialité, un rempart pour le citoyen et les acteurs de la vie politique. De par ses actions de dénonciation et de révélation au grand public, elle oblige ceux qui agissent au nom de l’Etat et d’autres acteurs de la vie politique à se soumettre aux lois et règlements qui régissent leurs activités de tous les jours.

 

Il reste tout aussi vrai que la presse en l’état actuel de son professionnalisme ne s’acquitte pas sans reproches de cette mission. C’est dire que pour agir davantage en professionnel, elle a besoin d’actions de renforcement de capacités.