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INFILTRATION D’UN POLICIER MAJOR A SHAMITUMBA

stratégie policière pour ravir le fruit du travail des creuseurs

By Docteur MIKOMBE (Likasi, 2010 03)

Le mardi 9 mars 2010 un major de la police de Lubumbashi surgit à Shamitumba avec neuf autres policiers comme gardes du corps dans un camion. Il s’est dirigé directement vers deux puits où les creuseurs sortaient leurs produits des puits à la surface. Il a donne l’ordre à ses gardes de charger tous les produits dans le camion. Pendant ce temps il a dit aux creuseurs qu’il partira avec eux pour les formalités de vente. C’est ainsi que les creuseurs lui ont dit qu’ils avaient d’autres produits dans leurs maisons. Ils ont chargé jusqu’à remplir un camion de vingt tonnes. Pendant que les creuseurs se préparaient (faire la toilette), le major hausse le ton devant deux creuseurs qui surveillaient le camion, et dit au chauffeur qui était aussi policier mais en tenue civile, de démarrer. C’est ainsi que les deux creuseurs surveillants ont crié au secours. Il était onze heures du matin. Le camion a démarré laissant les propriétaires des minerais dans le campement. Comme la route n’est pas en état, le camion devait rouler lentement avec des difficultés. Les creuseurs, propriétaires des produits, ont rattrapé le camion par vélos et moto mais ils ont été menacés par les policiers. Lorsque le camion est arrivé sur la route Kambove- Likasi, le major a arrêté le camion pour qu’il aille dans le village Kampemba boire son alcool parce qu’il devait attendre le soir lorsqu’il fera sombre pour traverser la ville de Likasi. Les creuseurs ont profité de son absence à bord du camion pour trouer deux roues arrière, puis informer par téléphone leur sponsor qui habite Likasi. Leur sponsor leur a demandé de descendre à la mairie de Likasi avec beaucoup de bruits pour réclamer leur droit auprès du Maire. C’est ainsi que les creuseurs se sont mobilisés et sont descendus à plus d’une soixantaine avec chant et bâton à la main. Ils ont été accueillis par le service de protocole à qui ils ont expliqué les faits. Quand le Maire a eu l’information, il les a aussi reçu et a instruit à la police de la place de tout faire pour que ce camion ne traverse pas Likasi et que ce major soit acheminé à la mairie. Il était dix sept heures de soir. Cette même soirée, le camion a été arrêté sur la route Kambove et ne pouvait pas bouger parce qu’ayant les roues crevées. Le lendemain matin, le camion a été acheminé à la mairie ainsi que le major. Le Maire l’a reçu et ont parlé à huit clos pendant plus de deux heures, et aucune information n’a été porté à la connaissance du public. Le camion est resté devant la mairie pendant deux jours puis l’on s’est retrouvé que le troisième jour, il n’était plus là.

Le Maire ne dit rien aux victimes mais les a seulement mis à la disposition du service des mines. L’affaire est donc à suivre.

Comments

Il nous semble que ce major était envoyé par sa hiérarchie. Le fait que le Maire a été incapable de prendre une décision, cela veut dire que l’ordre est venu d’au-delà son pouvoir. Alors que quelques jours seulement avant une scène presque similaire s’est passé toujours à Shamitumba. Il en ressort que les autorités de la police utilisent leurs statuts pour soit répondre aux caprices de leurs chefs, soit résoudre certains problèmes avec un financement sporadique et unilatéralement pris dans les carrières artisanales.