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Maintien de la salubrité publique dans la commune d’Aného.

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L’interdépendance des échelles de gouvernance (le local et le national).

By Idrissou B.K.Moustafa (Lomé, February 2007)

Les longues années d’incertitudes institutionnelles de la commune, l’extrême pauvreté des populations ont eu des conséquences graves sur la salubrité publique.

Le cordon littoral est la plus ancienne zone d’habitation de la ville. Cette zone s’ouvre sur la plage. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, les maisons d’habitation en bordure de la mer ne comportent pas de latrines. Les habitants ont donc pris l’habitude de faire leurs besoins naturels sur la plage à l’air libre.

Avec l’accroissement de la population, la gestion des ordures ménagère est devenue préoccupante surtout que la mairie a des ambitions en matière de tourisme. Entre la lagune et la mer, Aného est une ville à vocation touristique.

Pour la gestion des ordures ménagères, l’autorité communale conclu un partenariat avec une ONG de la place dénommée AVOTOD (Association des Volontaires Togolais pour le Développement. Cette structure a organisé les jeunes en groupements aux fins de ramassage des ordures ménagères. Cette organisation s’appelle GROCOMA (Groupements des Collecteurs d’Ordures Ménagères d’Aného).

Pour le ramassage des ordures, AVOTOD a mis des voiturettes à la disposition de GROCOMA. Chaque ménage abonné et enregistré paye une redevance de 800F à 1000F par mois. GROCAMA a la responsabilité de collecter les ordures auprès des ménages (à domicile) et de les déposer aux dépotoirs intermédiaires.

La société O.T.P (Office Togolais des Phosphates) est, en grande partie, responsable des dommages écologiques importants résultant de rejets d’effluents industriels dans la mer. La pollution maritime est perceptible sur la côte. L’eau de mer a pris une couleur verdâtre.

A défaut de dépolluer la côte, dans un pays où l’approche pollueur payeur n’est qu’un concept creux, voire un slogan, l’OTP s’est engagée auprès de la mairie à assurer l’acheminement des ordures des dépotoirs intermédiaires au dépotoir final comme sa contribution à la protection de l’environnement.

Depuis que l’OTP a été privatisé, la nouvelle société qui est International Fertilizer Group n’a pas encore, selon le maire de la ville, une assise financière pour continuer l’Ĺ“uvre de l’OTP, c’est-à-dire assurer l’acheminement des ordures ménagères des dépotoirs intermédiaires vers la décharge finale. Depuis lors, les ordures s’accumulent dans les dépotoirs intermédiaires.

Pour lutter efficacement contre l’insalubrité sur la plage due aux matières fécales des riverains, la mairie a construit des W.C publics. Malheureusement, les populations continuent de se mettre à l’aise à l’air libre. Ils ne fréquentent pas les latrines publiques.

Face à cette situation, la mairie a initié un projet de construction de latrines privées dans chaque maison en bordure de la mer. Elle a négocié le financement du projet auprès d’une ONG britannique. Arrivé à Aného pour finaliser le projet afin de passer au financement pour son exécution, le responsable de cette organisation a vu son départ précipité par les troubles consécutifs à l’élection présidentielle de 2005. Depuis lors, le projet n’à pu être financé. Il dort dans un tiroir au bureau du maire.

Comments

L’information, l’éducation et la communication en vue d’un changement de comportement constituent un préalable indispensable pour toute action de développement.

La gouvernance légitime est un ferment indispensable pour le développement local.

Aussi, toutes les échelles de gouvernance sont interdépendantes et se tiennent. La gouvernance au niveau nationale perturbée a eu des répercussions sur la gouvernance au niveau local. Le développement au niveau local a aussi besoin d’une gouvernance légitime au niveau national.

Par ailleurs, une grosse société responsable de la pollution de l’environnement notamment par la déjection dans la mer qui, au lieu de dépolluer la mer, se contente de dépenser quelques francs pour l’enlèvement des ordures en ville. Quant à la nouvelle société c’est-à-dire Fertilizer, elle ne se sent pas concernée par les questions de l’environnement. Elle se contente de maximiser le profit. On se rend compte que le Maire n’a pas pu exiger la contribution de Fertilizer à la sauvegarde de l’environnent. Il serait intéressant de se renseigner sur les mains entre lesquels la privatisation a été faite.