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Bec du Perroquet (Guinée): une zone d’instabilité

Par REFMAP (30 septembre 2009)

La Zone du bec du perroquet, est une Bande qui se situe entre Nongoa (Guinée), Kailahum (Sierra Leone) et Foya (Libéria). Elle renferme une Population cosmopolite ; de nombreuses ethnies y vivent : Kissi, Bani, Malinkés, lélé, Peulh, Soussou, Mendé et Ouassolonka. Ce qui fait de cette Zone un carrefour commercial de la Sous Région du bassin du Fleuve Mano.

Les riches potentialités du sol et du sous sol, extrêmement variées sont favorables à des activités agropastorales et minières fécondes. La première exploitation industrielle du diamant dans la Zone remonte à 1935. Depuis lors, cette activité n’a cessé de prospérer sur un potentiel dépassant les 50 millions de carats, et sur des réserves disséminées à travers la région. Le bois y est aussi exploité et constitue une des ressources importantes destinées à l’exportation dans les pays industrialisés. La terre est abondamment arrosée ; la majorité des fleuves des pays de l’union du fleuve Mano y prennent leur source. Ce qui confère un réseau hydrographique exceptionnellement dense.

Les conflits partout dans le monde ont un effet néfaste sur les communautés ; mais la nature, le déroulement et la longueur des conflits dans cette Zone du Bec du Perroquet ont été particulièrement néfastes. Ils ont non seulement détruit le tissu socio-économique des sociétés mais aussi déstructurés les réseaux familiaux ou communautaires ainsi que les Services Sociaux indispensables. Lors des guerres civiles qui ont ravagé le Liberia et la Sierra Leone, le gouvernement guinéen a soutenu le camp des vainqueurs . Toutefois, son implication dans le conflit libérien a été plus profond et plus durable, ce qui a eu pour effet de faire de chacun des deux pays un allié des ennemis intérieurs de l’autre. Près de six ans après le retour de la paix, les blessures physiques et morales des attaques rebelles et des guerres civiles restent encore visibles. Les familles vivantes dans ces conditions très précaires attendent impatiemment la Réhabilitation. Par ailleurs, malgré la fin des conflits armés, à l’intérieur de la Zone un phénomène de criminalité isolée est constaté, il s’exprime par des meurtres de jeunes femmes, vols, trafics de diverses formes. Cette situation s’explique en partie par l’existence d’une jeunesse désœuvrée et désespérée habituées à la Guerre(ex combattants et jeunes volontaires démobilisés) , qui a tendance à sombrer dans un comportement belliqueux. Il est indéniable que la présence actuelle de nombreuse personnes dans la Zones sans identification certaine constitue une source sûre de conflit. Or ces personnes viennent des pays voisins de la Guinée (Liberia et Sierra Leone). Dans certains cas elles abandonné les zones de combat pour se réfugier de l’autre coté de la frontière (parmi elles, il y a celles aussi qui ont transporté une quantité importante d’armes légères, cause aujourd’hui de la grande insécurité dans la zone) ; dans d’autres cas, c’est des personnes qui sont venues pour trouver une meilleure condition de vie.

Les causes internes proviennent dans la plupart du temps de la mauvaise gestion des ressources de la communauté et des discriminations, qu’elles soient sociales, ethniques ou religieuses. Dans la Zone actuellement, les ex-volontaires et les ex- combattants constituent une véritable menace pour les communautés si les mesures urgentes ne sont pas prises par les autorités politiques et administratives et par la société civile dans son ensemble.