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Le riz asiatique inonde le marché malien

Pour contourner la concurrence du riz asiatique, les opération économiques malien essaient de conquérir le marché de la région Ouest Africaine

Par KEITA, Souleymane M. (2003)

Le Mali, pays agro - pastoral par excellence, dispose de plus de 60 000 hectares) de terre avec maîtrise totale d’eau dans les domaines de l’Office du Niger qui a un potentiel estimé 1 000 000 d’hectares. La production du riz paddy du pays avoisine les 800 000 tonnes pour 500 000 tonnes de riz décortiqué. Hier, entièrement usiné dans les rizeries de l’Office du Niger, ce riz est, aujourd’hui, conditionné par des opérateurs privés qui n’ont pas toujours offert aux consommateurs maliens le riz de qualité au quel ils ont légitimement droit. Comme le dit l’adage, " à défaut de sa mère, on se contente du lait de sa grand’mère ". Tout allait bien pour ce riz appelé tout Venant présenté dans des sacs de 100kgs avec forte quantité de paille et de sable fin jusqu’à l’arrivée sur nos marchés du riz asiatique ( Pakistan, Vietnam, Inde, Malaisie et Chine) riz mieux conditionné et gonflant à souhait. En un mot, c’est le riz du pauvre. Les variétés de riz produites localement, ne pouvaient soutenir la concurrence.

Alors que fallait - il faire ?

La réponse vint du Centre Agro - entreprise qui, avec l’appui de l’USAID ( organisme américain de coopération au développement) , entreprit d’améliorer la qualité de notre riz local. Les complices furent trouvés, de nouvelles machines installées. Désormais la qualité de production de deux types de riz décortiqué, le 25 % brisure et le long entier. Un vrai riz de haute gamme. Le vendre sur le marché malien, compte tenu du niveau du revenu du malien moyen, s’avérait difficile tant le prix était élevé du fait des coûts de production mal maîtrisé vendu à trois cent francs (300F CFA ) le kg contre cent soixante quinze (175F CFA) ou tout au plus deux cent F CFA (200F CFA) pour le riz importé. Le choix des consommateurs ne fut pas difficile à s’opérer. Le moins disant l’emportant naturellement . Par une politique de promotion au niveau national, la qualntité de riz local mise sur le marché se vendait tant bien que mal et il fut apprécié par les consommateurs. Mais son coût élevé et les bas revnus des maliens furent un véritable handicap.

 

Poursuivant la réflexion avec ses partenaires et s’appuyant sur le Réseau des Opérateurs Economiques du Secteur Agro Alimentaire de l’Afrique de l’Ouest (ROESAO), le Centre Agro - entreprise initia durant le mois d’Août dernier un voyage de promotion de ce riz de haute gamme dans trois pays tests : la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, et le Sénégal ce dernier réputé être un pays de grande consommation de TIEB (le riz au gras).

 

En Côte d’Ivoire, le riz long entier a reçu bon accueil. Malgré le niveau du prix jugé déjà élevé sur le marché malien, la partie ivoirienne a manifesté son intention par rapport à 10 000 tonnes qui ne dépasse la capacité de production de l’entreprise.

Le problème du renforcement des capacités de décorticage et de conditionnement du riz ainsi les difficultés qu’éprouvent les opérateurs maliens pour accéder au crédit bancaire sont de réelles entraves pour la réalisation de ce marché. La réussite de l’intégration régionale passe par la réponse à ces deux questions. Pour ce qui concerne le Burkina Faso, pays intérieur comme le Mali, cette céréale ne connaît pas un niveau important de consommation. Cependant la taille des importations dépassent les 300 000 tonnes par an en provenance du Sud - Est Asiatique et est offert à 180 000 F CFA la tonne alors que celui du Mali avoisinne 350 000 F CFA la tonne. Le choix est vite fait.

 

La dernière étape, celle du Sénégal, ne répondit pas à l’attente de la mission. Le riz de haute gamme malien n’a pas trouvé preneur puisque l’opérateur économique sénégalais trouve son bon compte avec le riz pakistanais, indien et autres chinois. Il lui est offert 150 000 F CFA la tonne au niveau du port.

Commentaire

Dans le cadre de l’intégration régionale les initiatives de conquête de marché par les opérateurs économiques doivent être soutenues. Les dispositions législatives et réglementaires concernent la circulation des biens à l’intérieur de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest et de la CEDEAO, offrent un cadre favorable aux échanges.

Cependant, il se pose un réel problème de compétitivité des productions nationales par rapport aux produits importés : c’est le cas du riz malien en est une illustration éloquentes.

Ainsi, au niveau des différentes filières, il serait utile que des appuis consistants soient faits pour améliorer la qualité des produits et en minimiser les coûts de production. Il va du développement du commerce et des échanges au niveau de la sous - région .

Entre l ’ambition du mali de devenir le " grenier " de l’Afrique de l’Ouest et les conditions à réunir pour faire de cela une réalité, il y a de gros efforts à accomplir.