Vous souhaitez contribuer à ce chantier thématique, contactez M. Assane Mbaye : Assane (@) afrique-gouvernance.net
L’échec de l’Etat-Nation en Afrique se manifeste par les difficultés d’institutionnalisation de l’Etat et d’ancrage de celui-ci dans les sociétés. La principale cause de ces difficultés réside dans la volonté de décréter une organisation politique, institutionnelle, normative et sociale unifiée comme condition d’édification de l’identité nationale. Or la réalité a démontré que, d’une part, l’institutionnalisation du modèle d’Etats unitaires ne pouvait se satisfaire de l’importation d’un modèle étranger aux sociétés qu’elle est censé organiser. D’autre part, l’Etat-Nation postulant l’idée d’une unité nationale ne saurait faire disparaître les identités plurielles qui se sont sécularisées dans les sociétés africaines. La question de l’Etat se pose essentiellement sous l’angle de la légitimité des modes de gouvernance c’est-à-dire de la reconnaissance par les populations africaines et de l’ancrage dans les réalités des sociétés de l’ensemble des processus, normes, modalités d’organisation et de distribution du pouvoir ainsi que de régulation des affaires publiques.
Ce chantier s’inscrit donc dans l’ambition globale de l’Alliance de reconnecter l’État et les sociétés africaines à partir de la conciliation de l’unité et de la diversité et en promouvant les principes d’enracinement et de pluralisme. Le postulat de départ est que le pluralisme doit être le pivot de l’organisation de la vie publique et de la régulation du pouvoir en Afrique. Divers aspects du pluralisme sont ainsi concernés : pluralisme culturel, pluralisme normatif, pluralisme institutionnel. Ce principe est testé à différentes échelles de gouvernance, notamment au niveau local et au niveau national mais aussi dans différents domaines (les constitutions, la décentralisation, le service public de la justice, le foncier…).
Où en sommes-nous ?
Ce groupe mène actuellement trois initiatives :
Une initiative sur « La cohabitation des légitimités au niveau local » (en collaboration avec le groupe d’initiative sur la gouvernance locale) ; l’objectif est de traduire au niveau des institutions locales et de la production du droit la diversité des légitimités qui composent le champ local ; cette initiative a participé à la co-organisation avec l’IRG, du Colloque de Bamako du 25 au 27 janvier 2007 sur le thème : « Entre tradition et modernité, quel projet de gouvernance pour l’Afrique ?» et du colloque de Polokwane, en Afrique du sud, du 17 au 20 juin 2008; elle est dans une phase de collecte et d’échange d’expériences dans tous les pays ; cette phase sera suivie d’une analyse transversale par pays, puis d’une analyse régionale qui élaborera des propositions.
Une initiative sur les constitutions en Afrique qui interroge le constitutionnalisme en Afrique, élabore des propositions sur les valeurs, les procédés d’élaboration, de révision, de mise en œuvre et de contrôle juridictionnel et citoyen des constitutions en Afrique ; cette initiative a vu l’organisation à Lomé, du 28 au 30 mai 2008, d’un atelier régional sur le thème : « Quelles alternatives pour assurer l’effectivité des constitutions en Afrique » ; cet atelier a permis d’identifier une première série de propositions qui devront faire l’objet d’un approfondissement et d’une mise en débat.
Une initiative sur la mise en place d’un groupe interafricain de recherche sur les modes de gouvernance en Afrique ; fruit du Plan d’action du forum d’Addis-Abeba sur les enjeux de gouvernance en Afrique, ce projet vise à mettre en réseau des chercheurs, universitaires mais aussi traditionalistes, afin de faire émerger un discours intellectuellement autonome de l’Afrique dans le débat mondial sur la gouvernance et de contribuer à la construction d’un projet de gouvernance propre à l’Afrique. L’atelier régional sur les constitutions permis de lancer l’embryon d’un premier groupe sur les constitutions qui est appelé à s’élargir aux autres régions du continent.
Voir le document Fiche de projet sur la création d’un groupe interafricain de recherche sur les modes de gouvernance en Afrique
l’ARGA est membre de la Coredem